Savonneries
En 2006, la savonnerie Bernard, située à Rezé et née en 1941, est rachetée par trois salariés de l’entreprise qui fondent la Savonnerie de l’Atlantique. Avec 44 salariés et une production annuelle de 7000 tonnes, elle est le dernier témoin d’une industrie qui, avec une trentaine d’établissements, a connu un essor important aux 19e et 20e siècles.
En 1832, une dépêche ministérielle invite les négociants et les industriels à contacter un ancien officier initié à la fabrication du savon à l’huile de palme. Soucieux de renouveler les échanges avec la côte d’Afrique affectés par l’interdiction de la traite, l’auteur d’une Notice sur la fabrication du savon jaune suggère la mise en place d’un nouveau commerce : l’huile de palme importée de la côte de Guinée serait transformée en savon dans les fabriques françaises, savon écoulé en Amérique. Les fondateurs de la Savonnerie de la Morinière, créée en 1837 à Rezé, s’associent à la maison de commerce de Thomas Dobrée qui, dès 1838, affrète deux navires. Mais cette tentative est un échec et la savonnerie est vendue en 1842.
Deux ans plus tard, Henri Serpette, originaire de la Somme, associé au négociant nantais Henri Lourmand, fonde une savonnerie, quartier Lamoricière. À proximité de celle-ci, ils établissent une fabrique de soude (1850), puis une huilerie (1854). Deux ans plus tard, Henri Serpette, originaire de la Somme, associé au négociant nantais Henri Lourmand, fonde une savonnerie, quartier Lamoricière. Face au peu d’empressement des négociants nantais pour acheminer les graines oléagineuses, les deux associés arment leur premier navire en 1860. En l’espace de 20 ans, ils s’engagent dans une triple activité, le négoce, l’huilerie et la savonnerie, et parviennent à contrôler l’ensemble de la filière. Si le recours au négoce suggère un développement comparable aux savonneries marseillaises, ici ce n’est pas le négoce qui commandite la fabrique, mais la fabrique qui induit la mise en place de circuits marchands. En 1878, la compagnie compte 250 salariés et produit plus 4000 tonnes de savons.
Boîte en carton de la savonnerie Biette
Date du document : 1910
Lorsque la savonnerie Biette débute son activité à la fin du 19e siècle, l’activité savonnière locale aborde une phase de transition. La production, jusqu’ici fondée sur les corps gras d’origine végétale, recourt désormais aux graisses animales. L’utilisation du suif favorise la fabrication de savons de toilette plus élaborés. Alexis Biette (1850-1915), d’abord fondeur de suif, devient fabricant de bougies, savonnier puis parfumeur. Il concentre dans son établissement la production de quatre produits : peu d’industriels, à Nantes ou à Marseille, mènent aussi loin l’intégration horizontale.
Fabrication de   Savon des Bébés   des parfumeries Sarradin
Date du document : années 1910
La savonnerie nantaise poursuit son essor jusque dans les années 1930, avec 450 ouvriers et une production mensuelle de 2000 tonnes de savons. Elle compte une dizaine de savonneries dont les établissements Biette, et la savonnerie Talvande. Les plus importantes sont rachetées par Unilever, qui ferme la dernière unité de production locale en 1961.
Emmanuelle Dutertre
Extrait du Dictionnaire de Nantes
(droits d'auteur réservés)
2018
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Webographie
Nantes au quotidien n°160 – décembre 2005 – Histoire de quartier « Au XIXe siècle, Nantes damait le pion au savon de Marseille » Archives de Nantes
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Emmanuelle Dutertre
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