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Inondations Nantes la bien chantée : Le salut de la maîtresse

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Plan disparu de Jouvin de Rochefort


Au 17e siècle, le cartographe français Albert Jouvin de Rochefort est de passage à Nantes, ville dont il fait une description. Tandis qu’il effectue plusieurs plans de grandes villes françaises dont Angers, Tours, Blois, Toulouse ou Paris, il réalise une carte de Nantes qui a malheureusement disparu.

Le cartographe à Nantes

Le passage d’Albert Jouvin de Rochefort à Nantes est attesté sans doute vers 1670 tandis qu’il décrit la ville en 1672 dans son ouvrage Le voyageur d’Europe, où sont les voyages de France, d’Italie et de Malthe, d’Espagne et de Portugal, des Pays-Bas, d’Allemagne et de Pologne, d’Angleterre, de Danemark et de Suède. Le cartographe rappelle que Nantes est « non seulement la ville capitale de toute la Bretagne, mais encore l’une des plus belles de la rivière de Loire » et décrit ensuite le relief de l’ancienne cité des ducs de Bretagne en évoquant les « quelques collines » que sépare « une petite rivière » : l’Erdre. Après une évocation du château et des grosses tours des fortifications, il décrit les abords du faubourg Saint-Clément et la place de l’Oratoire : « une grande place, qui sert de promenade à l’ombrage de quelques allées d’arbres, en laquelle les PP. de l’Oratoire ont leur Collège » ainsi que les nombreux couvents qui s’y trouvent. Quelques lignes plus loin, il évoque la cathédrale, ainsi que la collégiale Notre-Dame et le Palais de la Chambre des Comptes.

Vue de Nantes vers 1661

Vue de Nantes vers 1661

Date du document : Vers 1661

Une autre description qu’il fait de la ville de Nantes concerne la ligne des ponts traversant la Loire et les îles : « Ce qu’il y a de plus divertissant à Nantes, sont ses ponts de pierres qui traversent plusieurs isles qui les rendent longs d’un demy quart de lieu sur lesquels il était beau de se promener pour voir la vue sur cette belle rivière d’un costé couverte de bateaux qui y descendent des villes qu’elles arrosent & de l’autre des navires & des barques qui viennent de toutes les parties de l’Europe chargées de diverses et riches marchandises qui de Nantes par la commodité des rivières se transportent dans tout le royaume. »

Albert Jouvin de Rochefort semble avoir passé son séjour à « l’hôtellerie de l’Aigle » dans un des faubourgs de Nantes qu’il nomme « celuy du Marché » mais qui est sans aucun doute le faubourg du Marchix. Il repart de la ville avec un bon souvenir de Nantes (qu’il décrit comme « charmant ») et des Nantais qui « sont en réputation d’être civils aux étrangers et d’avoir bon esprit, en quoi ils surpassent ceux des autres villes de la Province ».

Portrait d’Albert Jouvin de Rochefort

Portrait d’Albert Jouvin de Rochefort

Date du document : 1680

Une copie d’un plan présenté en 1882

Lors d’une séance à la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure en 1882, Henri Le Meignen, alors vice-président de la société archéologique, présente aux sociétaires un plan manuscrit dédié à « MM. les présidens et maistres des comptes de Nantes ». Une analyse est faite : « le lever d’un plan de cette importance ne se fait pas en quelques jours ; ce sont des mois que réclament un tel travail » et que le trait du plan « n’est pas d’une main sûre », il ne s’agirait pas d’un original, mais d’un calque. Sur ce plan on y voit les moulins de la chaussée Constant (au Port-Communeau) ou bien encore des puits disparus au 18e siècle. Bien qu’il soit sans date et sans légende, ce plan aurait été effectué entre 1670 et 1675.

Portrait d’Henri Le Meignen

Portrait d’Henri Le Meignen

Date du document : Fin du 19e siècle

Introuvable en 1886 mais évoqué en 1899

Dans « l’intermédiaire des chercheurs et curieux » publié en 1886, Dugast-Matifeux rédige un article sur les anciens plans de Nantes. Il mentionne celui de Jouvin de Rochefort qui aurait été vu « autrefois à Paris, chez Lefèvre, libraire sous l’arcade Colbert, un beau plan manuscrit in-folio » il précise ensuite « Nous ne savons ce qu’il est devenu depuis ». Cependant, dans un article du Phare de la Loire du 20 octobre 1899, une petite chronique locale sur la rue d’Allonville évoque le « plan de Nantes dressé par Jouvin de Rochefort » où apparaissait « le Monty » ancien jardin de la famille de Monti (aujourd’hui avenue de Montys).

Détail du fac-similé du plan de Paris par Jouvin de Rochefort

Détail du fac-similé du plan de Paris par Jouvin de Rochefort

Date du document : 1672

Quand on connaît la précision avec laquelle Albert Jouvin de Rochefort dressait ses plans, il est bien décevant de constater la disparition du plan original et de ce calque qui ferait sans aucun doute le bonheur des « chercheurs et des curieux ».

Kevin Morice
Archives de Nantes
2025

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En savoir plus

Bibliographie

Jouvin de Rochefort Albert, Le voyageur d'Europe, où sont les voyages de France, d'Italie et de Malthe, d'Espagne et de Portugal, des Pays Bas, d'Allemagne et de Pologne, d'Angleterre, de Danemark et de Suède, Denys II Thierry, Paris, 1672, à consulter en ligne en cliquant ici

L’intermédiaire des chercheurs et curieux, B. Duprat, Paris, 1886

Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, Nantes, n°28, 1882, à consulter en ligne en cliquant ici

Pages liées

Ligne des ponts

Chapelle de l'Oratoire

Marchix

Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul

Chambre des comptes

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Urbanisme Visiteur illustre Géographie

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Rédaction d'article :

Kevin Morice

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