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Septembre 1815 : occupation militaire insolite de Nantes par l’armée de Prusse Contre-révolutionnaires à Belle-Isle

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Chambre des comptes


Fondée au 14e siècle et implantée d’abord à Vannes, la Chambre des comptes est transférée à Nantes après l’union personnelle de la Bretagne à la France en 1491.

Elle y demeure jusqu’à sa suppression en 1791, à l’exception d’une courte période en 1780 au cours de laquelle, en raison d’un conflit avec la municipalité nantaise sur la question des octrois, elle est exilée à Redon. Installée d’abord au couvent des cordeliers, elle bénéficie sous les règnes de François Ier et d’Henri II de la construction d’un palais particulier dont la belle grille en fer forgé a constitué pendant longtemps l’une des singularités nantaises. Peint par Lambert Doomer, ce premier palais est détruit au 18e siècle et remplacé par un bâtiment plus moderne dû à l’architecte Jean-Baptiste Ceineray et qui héberge aujourd’hui la préfecture.

La Chambre des comptes a trois missions principales : exercer un contrôle a posteriori sur la gestion des percepteurs d’impôts, veiller sur le domaine royal, enregistrer tous les actes qui comportent une dimension financière. Malgré la concurrence du Parlement, qui est devenu permanent en 1554 et qui s’est établi définitivement à Rennes en 1560, elle permet à Nantes, par son statut de cour souveraine, de préserver du 16e siècle au 18e une fonction administrative prestigieuse et d’affirmer son rang dans la hiérarchie urbaine du royaume de France.

Son personnel est divisé entre les présidents et les maîtres qui sont des juges, et les auditeurs qui ont pour simple tâche d’examiner les comptes. Il est recruté majoritairement dans le comté nantais et, à un moindre degré, dans le reste de la Bretagne et dans les provinces voisines de l’Anjou et du Poitou. Il est doté de privilèges importants dont celui de l’anoblissement graduel (sur deux générations) : de ce fait, la Chambre, à la différence du Parlement, demeure une institution ouverte qui attire des individus issus du monde des officiers moyens de justice et, à un moindre degré, de celui du négoce.

Elle fournit à Nantes plusieurs maires, particulièrement aux 16e et 17e siècles comme le maître Yves Le Lou (1603-1605), le président Pierre Bernard (1615-1617), et joue un rôle important sur le plan social, en participant notamment à la gestion de l’hôpital. Plusieurs de ses membres marquent le paysage urbain par les hôtels qu’ils possèdent. Ainsi l’hôtel de la Papotière entre-t-il en 1677 dans le patrimoine de la famille Becdelièvre qui le conserve jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, en en faisant ainsi la demeure emblématique des premiers présidents de la Chambre des comptes.

Dominique Le Page
Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018 (mis à jour en 2022 par Noémie Boulay)
(droits d'auteur réservés)

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Ancien Régime Hôtel particulier Lieu institutionnel Maire

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Rédaction d'article :

Dominique Le Page, Noémie Boulay

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