Vétille
Grand Blottereau

Bateaux du patrimoine

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Le long de la Loire, de l’Erdre ou de la Sèvre, les bateaux du patrimoine nantais illustrent par leur diversité les nombreuses activités pratiquées sur l’eau : le commerce, la pêche, la plaisance… Une variété de navires exceptionnelle et reconnue, puisque beaucoup d’entre eux sont classés Monuments Historiques ou possèdent le label Bateau d’Intérêt Patrimonial.

Les bateaux de travail, de véritables outils pour la pêche, le transport, le commerce…

Les bateaux de pêche

Du 17e au 19e siècle, Nantes a construit de nombreux bateaux de pêche hauturiers (pour la pêche en haute mer), grands voiliers appelés morutiers ou baleiniers en raison de la nature de leur cargaison. Certains armateurs, dont la famille Dobrée, en ont fait leur spécialité et leur fortune. Au milieu du 19e siècle, Nantes est d'ailleurs surnommée "capitale de la Sardine" faisant référence bien sûr aux activités du port mais aussi au développement de l'industrie de la conserverie.

La pêche en Loire était également très active et alimentait les nombreux marchés et criées du centre de la ville en civelles (larves d’anguilles), brochets, lamproies... Les bateaux fluviaux étaient plus modestes et « taillés » pour le fleuve (fond plat, évitant l’enlisement dans les sables).
Différents types de bateaux sont encore visibles dans la région, comme les toues (cf. La Juste), bateaux en bois à fond plat souvent surmontés d’une cabane, ou encore les canots « basse-indrais » d’une longueur de cinq à sept mètres, équipés d’un hunier (voile basse de forme carrée) et qui, les jours de relâche, participaient souvent à des courses sur l’eau, les régates.

<i>La Juste</i>

La Juste

Date du document : 10-06-2010

Les bateaux de charge

Nantes s’est construite une belle réputation pour les bateaux de transports fluviaux, comme les chalands (ou péniches) métalliques, principaux acteurs de l’histoire de la batellerie de l’Ouest. Ces bateaux se sont imposés sur les voies navigables intérieures dans les dernières décennies du 19e siècle, avant que les frets routiers et ferrés ne les concurrencent définitivement après les années 1960.
Les formes et les dimensions de ces bateaux se standardisent avec une longueur de 26 mètres pour 4,6 m de largeur : critères de construction dictés par le gabarit des écluses du canal de Nantes à Brest. Ces bateaux puissants transportaient graviers, sables, pierres, mais aussi céréales et pouvaient également servir à aider au dragage du sable de Loire. Il subsiste encore de nos jours des chalands à coque métallique, réarmés en plaisance et souvent habités à l’année, notamment amarrés sur l’Erdre.

Le <i>Cap Vert</i>

Le Cap Vert

Date du document : 27-04-2015

Les bateaux de commerce

Grand port de commerce, Nantes depuis le 17e siècle fait armer de grands navires pour assurer des liaisons commerciales entre la France, les Antilles, l’Amérique du Sud, l’océan Indien.

Au milieu du 19e siècle et pendant plus de 50 ans, les chantiers de construction navale nantais se spécialisent dans la construction de long-courriers dont les plus connus sont appelés des cap-horniers. Ce sont de grands voiliers à trois, quatre ou cinq mâts à coque métallique construits pour faire le tour du monde. Leur grande dimension, certains pouvaient atteindre 100 mètres de long, et leur surface de voilure permettaient à ces géants de mers de traverser, malgré les dangers, le fameux Cap Horn, reliant l’océan Atlantique et Pacifique. Ces bateaux symbolisaient la puissance commerciale européenne. En 1902, Nantes comptait 21 compagnies de navigation avec une flotte de 121 voiliers Cap-Horniers.

Le <i>Belem</i> à Nantes

Le Belem à Nantes

Date du document : 12-09-1985

Les bateaux de service

Les bateaux à passagers : des steamers aux roquios

Pour assurer les transports de la population mais aussi des touristes, une flotte importante de bateaux à passagers se constitue au cours des années 1830-1840, sillonnant fleuve et rivières et, avant l’arrivée du chemin de fer, assure les liaisons régulières entre Orléans-Nantes et Saint-Nazaire. Les steamers de Loire, bateaux à aubes à vapeur au très faible tirant d’eau, assurent ces liaisons. Aujourd’hui, ces bateaux ont presque tous disparu, hormis sur le lac franco-suisse Léman.

A la fin du 19e siècle à Nantes, un service omnibus sur l’eau se met en place afin de relier les différentes rives. Il s’agit de pallier aux difficultés de trafic des ponts et bien avant l’usage généralisé de la voiture. Plusieurs pontons sont aménagés à Trentemoult, Chantenay et le centre ville de Nantes. Un steamer neuf de la Compagnie de la Basse Loire, baptisé Roquio, donnera son nom par extension à l’ensemble de la flottille. Pendant plus de 90 ans, ces bateaux ont assuré ces liaisons qui, la semaine, permettent surtout aux ouvriers du sud de rejoindre les industries au nord et, le dimanche, aux familles nantaises de venir se distraire dans les guinguettes de bord de Loire.

Roquio <i>Le Chantenay</i>, bras de la Madeleine

Roquio Le Chantenay, bras de la Madeleine

Date du document : 31-01-2010

Les remorqueurs : au travail !

Ces petits bateaux puissants sont représentatifs des activités du port aidant à la manœuvre des navires plus grands. Les remorqueurs à vapeur, puis à moteurs diesel, sont très actifs dans le port au 19e et 20e siècle.

Le remorqueur <i>L'Entêté</i>

Le remorqueur L'Entêté

Date du document : 04-06-2016

Les bateaux lavoirs

Ces embarcations, non navigantes, ont fait partie de l’histoire de Nantes à partir du milieu du 19e siècle, comme dans beaucoup d’autres villes d’eau. Installées sur les bras de Loire mais plus fréquemment sur l’Erdre, les bateaux lavoirs étaient tenus par les « lavandières » ou blanchisseuses, qui lavaient, frappaient, faisaient bouillir les linges de leurs clients.

Avec les installations d’eau courante et des machines à laver domestiques, ces bateaux disparaissent à partir de la deuxième moitié du 20e siècle. Aujourd’hui, certains de ces bateaux sont reconvertis en habitation et à Nantes, sur le quai Ceineray, est installée une réplique d’un bateau lavoir, servant de guinguette.

Bateau-lavoir au pied du pont de Pirmil

Bateau-lavoir au pied du pont de Pirmil

Date du document : 31-01-1939

Les bateaux au rapport !

Les chantiers navals nantais, en particulier les Anciens Chantiers Dubigeon, ont construit à Nantes quelques bâtiments militaires et principalement des sous-marins après la Seconde Guerre mondiale et jusque dans les années 1960.

Maillé Brézé

Maillé Brézé

Date du document : 08-06-2018

La Belle Plaisance, la navigation de loisir des marins d'eaux douce ou salée

Vétille

Vétille

Date du document : 31-08-2012

Nantes voit naître en 1858 un des premiers cercles nautiques français et en 1882 le Sport Nautique de l’Ouest (SNO), encore en activité sur les bords de l’Erdre. Rivière et bras du fleuve deviennent le théâtre d’importantes courses de voiliers où rivalisent de superbes yachts.

 

<i>Vezon</i> après sa restauration

Vezon après sa restauration

Date du document : 10-05-2018

Au début du 20e siècle, les chantiers de construction se développent, en complémentarité des grands chantiers de Loire, sur les bords de l’Erdre notamment entre l’île de Versailles et le pont de la Tortière. L’association d’architectes navals et de constructeurs donne naissance à de magnifiques voiliers, conçus pour les plaisirs de l’eau douce ou salée. De plus petites embarcations de trois à quatre mètres, comme les Moth Nantais, démocratisent l’accès à ce loisir.

Le <i>Saint-Michel II</i> sous voiles

Le Saint-Michel II sous voiles

Date du document : 04-06-2011

La plaisance nantaise se distingue particulièrement par la construction d’unités à coque métallique dont il subsiste encore deux exemples classés Monuments historiques : le voilier Vezon (1887), construit par les chantiers Blasse, et le voilier Vétille (1893), construit par les chantiers Dubigeon de Chantenay.


Direction du patrimoine et de l'archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole
2017 actualisé en 2019

Anecdote : Un bateau Monument Historique ?

Un monument historique est un immeuble ou un objet mobilier recevant un statut juridique particulier destiné à le protéger, du fait de son intérêt historique, artistique, architectural mais aussi technique ou scientifique. Devenir monument historique...

Olivier Absalon, Direction du Patrimoine et de l'Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole, 2017



En savoir plus

Bibliographie

Millot, Gilles, « Nantes : le patrimoine d’un grand port français », Chasse-Marée, n°94, décembre 1995, p. 2-8

Delaval, Alain, Gros, Philippe, « Chronique des bateaux Monuments historiques », 303 arts, recherches, et créations, n°49, 1996, p. 112-121

 

Webographie

Enquête de Nantes sur les bateaux du patrimoine

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Olivier Absalon ,  Aurélie Mathias

Anecdote :

Olivier Absalon

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