ASPTT Salle Georges-Ovinet
Dubigeon

Le 17 août 1851 se déroule la première régate officielle, organisée par la municipalité à l’occasion de l’inauguration de la gare. Devant Notre-Dame-de-Bon-Port, 34 embarcations à voile et 19 à l’aviron, dont trois venues de Paris par le train, régatent devant un public imposant. La venue des Parisiens, qui remportent les premiers prix, donne au yachting nantais une impulsion sans précédent.

19e siècle : le premier centre de yachting après Paris

Le Cercle nautique de Nantes rassemble des constructeurs, industriels et négociants, tous plaisanciers acharnés. C’est dans ce contexte qu’est construit en 1859 au chantier Dubigeon un yacht de course de 8 mètres, en tôle mince galvanisée : Rigolboche, aujourd’hui conservé au Musée du bateau à Douarnenez. C’est le plus ancien yacht de course français existant. 

Eau-forte,  <i>Régates sur la Loire</i>

Eau-forte, Régates sur la Loire

Date du document : 1861

1882 : fondation du Sport Nautique de l'Ouest

En 1882 est fondé le Sport Nautique de l’Ouest, SNO, qui donne en 1883 sa première régate en Loire rassemblant cinquante voiliers. Nantes est alors le premier centre de yachting en France après Paris tant par le nombre de ses yachts que pour ses succès en régate et la qualité de ses chantiers. La plaisance n’est d’ailleurs pas réservée aux yachts : sur l’Erdre et la Loire naviguent aussi une multitude de canots, souvent utilisés en semaine pour la pêche, mais qui viennent régater les jours de fête. À la belle saison les Nantais écument les régates des ports de Bretagne-sud où ils ont développé le goût du yachting en même temps qu’ils installaient des conserveries. 

Cette époque, celle de la « belle plaisance », est l’occasion de nombreux succès sportifs : en 1903 le Suzette, battant pavillon du SNO, remporte la Coupe de France ; en 1912 le 6 mètres Mac-Miche, mené par les frères Thubé, également du SNO, triomphe aux Jeux olympiques à Stockholm. 

Affiche, <i>Régates sur la Loire</i>, à Chantenay

Affiche, Régates sur la Loire, à Chantenay

Date du document : 1884

Huile sur toile, <i>Les régates de Trentemoult</i>

Huile sur toile, Les régates de Trentemoult

Date du document : sans date

Caneton, Moth, Vaurien, 470 et Muscadet

L’entre-deux-guerres est marqué par un repli général de la plaisance mais, à Nantes, se développe une flotte de 6,50 mètres et de 8,50 mètres de série internationale, moins coûteux que les racers de la jauge internationale. On cherche à intéresser un nouveau public à la plaisance : ainsi apparaît en 1932 le Caneton, qui s’impose comme le dériveur à deux équipiers. Durant l’Occupation, de jeunes amateurs construisent une cinquantaine de Moth, un petit voilier très simple d’origine américaine. 

Après la guerre apparaissent de nouveaux procédés de construction, contre-plaqué, colles, résines et fibres de verre qui permettent un fantastique développement de la plaisance, d’autant que les congés payés démocratisent les vacances au bord de la mer. Le chantier Aubin construit en 1951 le prototype du Vaurien, immédiatement adopté par les nombreuses écoles de voile qui apparaissent alors. En 1962 le 470, dessiné par André Cornu, du SNO, s’impose. Le Muscadet, construit à partir de 1963 par Aubin à près de 600 exemplaires, suscite de nombreuses vocations de croisière et de course en mer. 

Aujourd’hui, l’initiation et la pratique de la voile sont offertes à un large public de tout âge dans les bases nautiques municipales sur l’Erdre, tandis que les très appréciés Rendez-vous de l’Erdre présentent dans une ambiance festive, une étonnante flotte de bateaux d’un patrimoine maritime toujours vivant. Le port de plaisance de Trentemoult (où le Centre nautique Sèvre et Loire organise ses régates) offre une escale aux yachts qui découvrent la Loire maritime.

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

Anecdote : La Belle Plaisance, des bateaux de course parfois...

Les premiers yachts aux surfaces de voile surdimensionnées, étaient réputés instables et capricieux. Ces bateaux de course nécessitaient donc une grande maîtrise dans les manœuvres. Ce qui n’a pas toujours permis d’éviter le chavirage ! Parfois c’est...


Puget, François, Yachting, Histoire des yachts en fer, Nantes (1850-1902), Locus Solus, Châteaulin, 2017

Anecdote : Les premiers régatiers, messieurs ou patrons ?

Les premiers yachts de la Belle Plaisance étaient la propriété de grands bourgeois, seuls à pouvoir accéder aux clubs et cercles nautiques. Passionnés de voile, ces capitaines d’industrie n’hésitaient pas à barrer leur bateau. Cependant, certains en confiaient...


Puget, François, Yachting, Histoire des yachts en fer, Nantes (1850-1902), Locus Solus, Châteaulin, 2017



En savoir plus

Bibliographie

Barreau, Franck, « Le nautisme sur le fleuve : il est urgent de recréer les conditions d'accès à la Loire », Place publique Nantes Saint-Nazaire, n°57, mai-juin 2016, p. 142-147

« Le nautisme dans l’estuaire de la Loire : état des lieux et perspectives », Cahiers nantais, n° 2010-1/2, p. 27-34

Padioleau, Hervé, Nantes, cité sportive des origines à 1918, CMD, Montreuil-Bellay, 1998

Puget, François, Yachting : histoire des yachts en fer : Nantes 1850-1902, Locus Solus, Châteaulin, 2017

Secco, Guy, « Chantiers nantais et belle plaisance », 303, arts, recherches, créations, n°49, 1996, p. 98-105

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Rédaction d'article :

François Puget

Anecdote :

François Puget

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