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Rue Saint-Jacques

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Entrée de ville majeure au Moyen Âge, la rue Saint-Jacques permettait aux voyageurs de gagner le Poitou depuis la rive nord de la Loire. Nombreux étaient les pèlerins à emprunter cette voie pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle, ville dont elle tiendrait son nom.

Bastion avancé de Nantes sur la rive sud, seule porte de sortie en direction du Poitou et seule porte d’entrée reliée aux murailles de la rive nord par une suite quasi ininterrompue de ponts prenant appui sur les îles successives, le quartier Nantes sud est né à la confluence de la Loire et de la Sèvre et devient la porte d’entrée de la ville lors de la construction du pont de Pirmil.

Sur la route de Saint-Jacques de Compostelle

Dès le Moyen Âge, le faubourg de Saint-Jacques (ou hameau de Pirmil) apparaît sur la rive sud avec les premières habitations s’étirant le long des routes de Poitiers et de la Rochelle. Véritable nœud  d’échanges, la rue Saint-Jacques brasse hommes et marchandises. Les marchands poitevins et vendéens empruntent ce point de passage sur la Loire pour venir commercer à Nantes.

Plan du faubourg de Saint-Jacques  jusqu'à la route de Clisson par Groleau

Plan du faubourg de Saint-Jacques jusqu'à la route de Clisson par Groleau

Date du document : 1802

Au 18e siècle, cette voie était également dénommée chemin du Haut-Poitou ou rue de Pirmil. Le vocable de Saint-Jacques a par la suite prévalu et semble dériver du temps des pèlerinages médiévaux à Saint-Jacques-de-Compostelle puisque par Pirmil passait le chemin permettant d’aller de la Bretagne vers le sud. Ce chemin était jalonné de nombreuses aumôneries et de léproseries. À la traversée de la Loire, les voyageurs et pèlerins trouvaient sur leur chemin la chapelle Sainte-Madeleine, l’aumônerie de Toussaint et le prieuré Saint-Jacques. Ce dernier fut édifié entre les 11e et 12e siècles. L’église Saint-Jacques en constituait la chapelle. En 1664, la congrégation de Saint-Maur s’y établit, rejointe au milieu du 18e siècle par les bénédictins de l’abbaye de Blanche Couronne. À la Révolution, la communauté est dispersée et le prieuré abrita à partir de 1831, l’hospice pour vieillards, aliénés, orphelins et sourds-muets.

Un quartier de tisserands

À l’époque moderne, le faubourg Saint-Jacques était le siège de quatre confréries importantes : celle des Cordonniers, des Tisserands, de la Sainte-Trinité et de Notre-Dame de Vie. Les moines avaient attiré autour d’eux un nombre considérable d’ouvriers par suite des avantages qu’ils leur conféraient et la rue actuelle de Saint-Jacques était au 18e siècle presque uniquement habitée par des tisserands.

Au cours de la première moitié du 19e siècle, la rue Saint-Jacques est élargie et de nombreuses habitations sont frappées d’alignement. Ces travaux révèlent une rue bordée de nombreuses maisons vétustes. Entrée de ville, la vocation commerciale de la rue s’affirme progressivement au cours de ce siècle, favorisée par l’implantation des bureaux d’octroi.

Rue Saint-Jacques au début du 20e siècle

Rue Saint-Jacques au début du 20e siècle

Date du document : début du 20e siècle

L’octroi

L’octroi était une taxe perçue sur certaines marchandises avant leur entrée en ville. Cet impôt institué dès le 13e siècle en France avait été supprimé dès le début de la Révolution comme symbole de la féodalité mais il fut rapidement rétabli pour faire face aux dépenses municipales. L’octroi constituait en effet une des principales ressources des budgets municipaux et son produit servait à alimenter les hôpitaux et les bureaux de bienfaisance. Assez impopulaire malgré sa finalité sociale, l’octroi est abandonné, dans son principe, en 1897 mais cet abandon se fait très lentement faute de trouver des ressources de remplacement. Ce n’est qu’en 1948 qu’il est totalement abandonné puisque après la Seconde Guerre mondiale, les systèmes de protection sociale sont complètement réorganisés avec la création de la Sécurité sociale.

Les taxes étaient perçues à l’entrée des villes par des factionnaires de garde dans les maisonnettes de l’octroi ou « barrières » situées sur chaque grande route. En 1812, deux bureaux destinés aux déclarations et recettes sont établis dans le quartier sud de Nantes : un à Pont-Rousseau et l’autre dans le faubourg Saint-Jacques. En 1938, les marchandises doivent être déclarées dans l’un des quatre bureaux situés place de la Rochelle, route de Vertou, route de Clisson et place Pirmil.

Nathalie Barré et le Groupe mémoire Nantes Sud
Archives de Nantes
2012


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En savoir plus

Bibliographie

Nantes Sud, entre mémoire et histoire, Bulletin n°6, janvier 2012, p. 3-5

Webographie

Nantes Sud, entre mémoire et histoire, Bulletin n°6, janvier 2012, bulletin en ligne disponible ici

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Rédaction d'article :

Nathalie Barré et le Groupe Mémoire Nantes Sud

Témoignage :

Yves, Lucien, Jacques

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