Réservoirs d'eau de la Contrie

A


L’histoire de l’implantation des réservoirs d’eau dans le quartier de la Contrie est celle de l’avènement et du développement de ce luxe fabuleux : l’eau potable au robinet, synonyme de confort et de salubrité. 

Depuis le milieu du 19e siècle, le réseau de distribution d’eau est de plus en plus insatisfaisant : fuite, qualité médiocre, peu de pression pour alimenter les quartiers hauts de la ville. En 1895, le maire de Nantes, Alfred Riom, prend à bras-le-corps le problème récurrent de l’eau, principale cause de l’épidémie de choléra qui avait frappé la ville l’année précédente. En 1896, le service des eaux est créé. Edifiée sur la prairie de Mauves, l’usine de pompage et de traitement des eaux entre en service en 1899. 

1904 : le premier réservoir, un temple de l'eau potable

L’édification d’un réservoir d’eau au Champ Lucet sur la commune de Chantenay est à l’étude à partir de 1893. Dirigé par l’ingénieur des ponts et chaussées Gaston Michel et l’architecte Edouard Nizan, le projet est l’objet de longues tractations entre Nantes et Chantenay. Il faut attendre 1895 pour que le maire Paul Griveaud accepte de recevoir les installations nantaises de l’eau sur son territoire. 

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Les travaux sont votés en 1900 sous le mandat d’Emile Sarradin et se déroulent entre 1902 et 1904. La réalisation est confiée à un entrepreneur de Chantenay, Jean Joly, qui ouvre et exploite une carrière de granit à proximité du chantier. L’intérieur est constitué de piliers et de voûtes en berceau à plein cintre, faisant penser à un vaste cloître du Moyen-Âge. 

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Le 22 avril 1904, le réservoir d’une contenance de 20 000 m³ est inauguré et mis en service. Cette édification n’est pas une banale citerne mais un véritable temple de l’eau potable dont l’effet est accentué par l’emmarchement et le médaillon central reproduisant le plan de la salle hypostyle.

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Trente ans après l’ouverture du premier réservoir, la ville s’est étendue et la pression de l’eau est insuffisante dans les hauts quartiers de la nouvelle périphérie. En 1935, un second réservoir de 500 m³ en forme de château d’eau est édifié et l’année suivante débutent les travaux d’une nouvelle réserve d’une capacité de 40 000 m3.

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Achevée en 1938, cette dernière est isolée par un talus engazonné pour ses deux compartiments inférieurs tandis que le premier est entouré d’un mur de briques. 

1979 : trois nouveaux réservoirs

L’urbanisation de Nantes pendant les « Trente Glorieuses » nécessite, à nouveau, une extension du site. Ainsi, en 1974, le maire, André Morice, expose ce projet devant son conseil municipal : « En raison de l’augmentation croissante des besoins en eau potable dans l’agglomération nantaise, il est apparu indispensable de procéder au renforcement des réserves d’eau de la Contrie. La réalisation de ce projet prévoit la construction de trois nouvelles réserves de 20 000 m3. »

Édifiés entre 1979 et 1980, ces trois nouveaux réservoirs sont implantés sur les anciennes tenues maraîchères des familles Turpin et Paud. La capacité de stockage du site est alors de 120 000 m3 d’eau potable. 

Archives de Nantes
2011

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En bref...

Localisation :

Champ Lucet (Chemin du) 1, NANTES

Date de construction :

1904

Auteur de l'oeuvre :

Michel (ingénieur de la Ville) ; Le Marec ( D.T. des établissements Limousin) ; Coutan (architecte)

Typologie :

architecture civile publique et génie civil

En savoir plus

Bibliographie

Archives municipales de Nantes, De la Contrie à la Durantière, Ville de Nantes, Nantes, 2011 (coll. Quartiers à vos mémoires)

Richomme, Claude, Nantes et sa conquête de l’eau, Opéra, Nantes, 1997

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Rédaction d'article :

Nathalie Barré