Paul Bellamy (Nantes, 1866 - Cambo, 1930)
Place de la Croix-Bonneau

Avenue, promotoire et escalier de Lusançay

A

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L'avenue, le promontoire et l'escalier de Lusançay tiennent leur nom de l'ancienne propriété de Pierre Carré de Lusançay (1766-1853), navigateur, militaire et maire-adjoint de Nantes.

Le manoir et le domaine de Lusançay

Un premier manoir est mentionné dans les années 1450. Domaine de moyenne justice, il est rattaché à la grande justice du Château de la Musse. Il sert de prison pendant la Terreur.
Au sud de cette propriété, des remises, des écuries, une terrasse et une chapelle dédiée à la Vierge sont construites. Les navires arrivant à Nantes saluent Sainte Marie d'un coup de canon. Une tour d'observation, dite tour Lusançay, est située à flanc de coteau. Un souterrain construit dans les années 1770 aurait permis relier le manoir de Lusançay à celui de la Hautière. Au nord de la propriété, un étang sert de réservoir.
Au cours de la première moitié du 19e siècle, le manoir et la chapelle du domaine de Lusançay sont en partie détruits à la suite d'un incendie. Les dernières traces du manoir (tour et chapelle) seront rasées en 1910.

La création du lotissement de Lusançay

La création du lotissement de Lusançay

Date du document : 1853

La création du lotissement de Lusançay

À la mort de Pierre Carré de Lusançay en 1853, les terres sont partagées et les biens dispersés.
La Ville de Nantes achète une partie des carrières de Misery et le manoir de la Hautière.
Sur les terres de la propriété, un promoteur réalise un lotissement privé. L'artère principale, future avenue de Lusançay, est délimitée au nord par une grille et au sud par l'ancienne terrasse du château, offrant une vue sur la Loire ; les cinq autres entrées au lotissement sont fermées par des portes. L'étang est commun à tous les acquéreurs.
La maison située au n°11 pourrait dater de cette époque.

 

L'avenue de Lusançay

L'avenue de Lusançay

Date du document :

L'avenue de Lusançay

Réputée pour ses plantations de magnolias, l'avenue prend le nom de Lusançay en 1856.
Les voies de communication du lotissement, bien que privées, sont utilisées quotidiennement par les habitants du quartier Sainte-Anne pour descendre sur les quais, là où se situent les usines. Entre 1894 et 1904, devant la multiplication des actes de vandalisme pour accéder aux voies, les propriétaires demandent l'annexion de l'avenue à la voirie municipale. Leur demande est satisfaite en mai 1905.

Avenue de Lusançay vue depuis le promontoire

Avenue de Lusançay vue depuis le promontoire

Date du document :

Le promontoire de Lusançay

Au sud de l'avenue, le promontoire de Lusançay est situé à l'emplacement de l'ancienne terrasse du château, transformée par la suite en rond-point paysagé. Cette esplanade offre une vue panoramique exceptionnelle sur la carrière Misery, les quais, Nantes, la Loire et la rive sud.

Escalier de Lusançay

Escalier de Lusançay

Date du document : 24-04-2013

Les escaliers de Lusançay

Pour rejoindre les usines et les quais depuis l'avenue de Lusançay ou la rue de la Poignée, un escalier était nécessaire. Il se compose de deux parties, reflet de deux phases de construction distinctes.
Dans les années 1850, un premier escalier est construit entre la rue de la Poignée et la rue Joseph-Cholet. Peu praticable, il est reconstruit au cours des années 1860-1870 et entre en service en 1872.
Cet escalier est façonné dans une maçonnerie appareillée de granit avec une alternance de paliers et d'emmarchements d'une dizaine de degrés. Des portes murées sont présentes dans le mur côté est (mur qui présente des traces de rehaussement). Ces ouvertures correspondaient à des accès aux remises et hangars du 18e siècle.
Le côté ouest de cet escalier est bordé d'un muret qui permet la vision du paysage alentour. La maçonnerie qui les supporte est constituée d'un opus incertum (assemblage de moellons de forme et de dimension irrégulières) de granit et forme une arcade. Ce type de maçonnerie (opus incertum, tête de mur avec pierres sur chant) est observé aussi sur les murets qui bordent les anciennes voies ferrées à proximité. On peut émettre l'hypothèse que le mur ouest de l'escalier et l'arcade inférieure qui soutient les dernières volées ont été remaniés au milieu du 19e siècle lors des travaux réalisés pour l'implantation de la ligne de chemin de fer.

Il faut attendre 1920 pour que l'avenue de Lusançay et la rue de la Poignée soient raccordées entre elles. Car à cette date, le directeur des Brasseries de la Meuse fait construire des maisons ouvrières ainsi qu'une crèche rue de la Poignée. Ce court escalier d'une dizaine de marches en granit facilite le trajet quotidien des ouvriers entre leur domicile et l'usine située en contrebas, dans la carrière Misery.

 

Un nouveau lotissement sur l'ancien domaine de Lusançay

La dernière phase d'aménagement de l'ancien domaine de Lusancay a lieu au début des années 1930. Le square Maurice-Schwob est créé sur une partie du parc et ouvre au public le 27 septembre 1933. Un an plus tôt, Monsieur Beaulieu, propriétaire d'une partie du domaine de Lusançay, demandait la possibilité de créer un nouveau lotissement sur les terrains vacants. Cette parcelle est partagée en sept lots. L'absence de cahier des charges entraîne une diversité dans la construction des maisons : la maison située au n°10 avenue de Lusançay est le témoin de ce lotissement.

 

Région Pays de la Loire, Inventaire général ; Direction du Patrimoine et de l'Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole

2012

En bref...

Localisation :

Lusançay (avenue de) ; Poignée (rue de la) ; Joseph-Cholet (rue), NANTES

Date de construction :

1847

Typologie :

architecture civile publique et génie civil

En savoir plus

Bibliographie

Pinson, Daniel, Chantenay : l'indépendance confisquée d'une ville ouvrière, Éditions arts – cultures – loisirs, Nantes, 1982

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Carrière Misery

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Frédérique Le Bec

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