Quartier Général-Mellinet
Doulon

Carrières de la Contrie

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Situé sur les contreforts du sillon de Bretagne, le sol du quartier de la Contrie a permis le développement des carrières de pierres. Au milieu du 19e siècle, l’extraction du granit est la première activité industrielle de Chantenay. Le granit du quartier est exploité jusqu'au milieu des années 1950.

Au 18e siècle, la Contrie est un village rural dans lequel vivent une centaine d’habitants. Un siècle plus tard, l’activité rurale perd progressivement de son importance au profit des perreyeurs. 

Une activité ancienne

Si l’exploitation industrielle du granit a débuté au milieu du 19e siècle, cette activité dans le quartier est néanmoins bien plus ancienne puisque dès 1679, l’aveu des Dervallières mentionne une carrière de pierre. 

Au 18e siècle, une carrière est exploitée rue de la Prière dont le nom serait la corruption de perrière autrement dit de carrière.

En 1826, une lettre de Michel de la Brosse, propriétaire du domaine des Dervallières, adressée au maire de Nantes, témoigne du développement de cette activité dans le quartier : « Les dégradations du chemin pavé dit de la Contrie (…) vont toujours croissantes depuis trois ans, surtout par les nombreux transports qui se font par ce chemin, des granits et pierres pour bâtir. (…) Les entrepreneurs Ferraudeau, Joguet et autres perreyeurs qui exploitent des perrières doivent également participer aux frais (…). » Deux semaines plus tard, le même pétitionnaire signale que « trente et jusqu’à quarante charretées de pierres entrent tous les jours à Nantes par ces endroits.»

Plan de la ville de Chantenay-sur-Loire

Plan de la ville de Chantenay-sur-Loire

Date du document : 1905

L'extraction du granit : première activité industrielle de Chantenay 

En 1885, huit maîtres carriers sont implantés dans la commune : Pierre Graton, Ernest Mouette, Octave Fétiveau, Jean Charrière à la Contrie, René Barré à la Grande-Lande, Pierre Debec et Emile Simon aux Renardières, Alain Guillaume au Taillis-de-la-Roche et Jacques Joquet au Petit Saint-Joseph. 

En 1891, les quatre carrières de la Contrie qui se situent de part et d’autre du chemin de grande communication de Saint-Etienne-de-Montluc à Nantes employent cent-trente-deux ouvriers.

Bâtiments d’exploitation de la carrière

Bâtiments d’exploitation de la carrière

Date du document : 1938

Les carriers, réunis à partir de 1920 au sein de la Société anonyme des carriers de Nantes à la Contrie, ont développé leur activité pendant la première moitié du 20e siècle. 

Un lotissement comble la dernière carrière de la Contrie

A partir des années 1950, l’extraction cesse progressivement et laisse la place à de vastes trous d’eau qu’il a fallu combler afin de permettre le développement urbain de l’ouest de Nantes. L’entreprise Barré est la dernière à extraire le granit du quartier.

Dernières carrières exploitées à la Contrie

Dernières carrières exploitées à la Contrie

Date du document : 1956

En 1956, le tracé du boulevard Jean-Ingres contourne les anciennes carrières et une partie de l’espace, compris entre cette nouvelle voie et la rue de la Contrie, est lotie dans les années 1970. Ainsi, le projet de lotissement de l’avenue des Palombes et de l’avenue des Tourterelles, approuvé en 1975, intégre la particularité du site puisque « cette propriété étant une ancienne carrière de granit comblée par divers matériaux (troncs d’arbres, matelas, carcasses de voitures…), il serait très hasardeux d’y construire des collectifs en raison des tassements qu’il y a encore à craindre si une charge importante repose dessus. Le lotissement proposé tient compte de la forme de l’ancienne carrière et c’est ainsi que toutes les maisons seront construites sur l’assise de granit ceinturant la partie remblayée, les jardins et l’espace vert de 5 000 m² occupant cette dernière. » 

Archives de Nantes
2011

Site de l’ancienne carrière Barré entre les avenues des Palombes et des Tourterelles

Site de l’ancienne carrière Barré entre les avenues des Palombes et des Tourterelles

Date du document : 25-11-2010

En savoir plus

Bibliographie

Archives municipales de Nantes, De la Contrie à la Durantière, Ville de Nantes, Nantes, 2011 (coll. Quartiers à vos mémoires)

« Le quartier de Grillaud : Canclaux, Zola, la Ville en Bois », Annales de Nantes et du pays nantais, n°276, 2000

Orceau, Robert, « Grillaud, le parc de Procé, les Dervallières, la Contrie », Bulletin de la société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, 1937, p. 243-250

Pages liées

Carrière Misery

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Nathalie Barré

Témoignage :

Marie-Béatrice Gilard Morrisson ,  Yvonne Baudriller ,  René Paud ,  Georgette Lucas

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