La Loire, l’Erdre, ainsi que des puits publics et privés ont été très longtemps les uniques pourvoyeurs d’eau potable des Nantais. Les porteurs d’eau remplissant leurs seaux aux abords de l’île Feydeau pour aller livrer les particuliers faisaient partie d’un paysage familier dont on conserve des témoignages iconographiques.
Quasi-absence d’égouts et de latrines, implantation de cimetières autour des nombreuses églises, tas de fumier disposés en pleine ville… tout cela contribuait à une pollution chronique de l’eau, responsable de nombreuses épidémies de dysenterie, de choléra, de typhoïde, et cela jusqu’au 20e siècle.

Filtre à charbon

En 1806, en même temps que Paris, Nantes se dote d’un premier établissement de filtration au charbon de bois. Il est installé en bord de Loire, à proximité du château. Au milieu du siècle, la production quotidienne de l’eau filtrée s’élève à 130 mètres cubes livrés à domicile par une soixantaine de porteurs. Boire une eau à peu près saine demeure un luxe. 
L’extension de la ville, l’expérience britannique et une terrible épidémie de choléra qui, en 1832, fait 1 065 morts à Nantes incitent les pouvoirs publics à envisager un approvisionnement collectif.

Non-Autoris�

Privé ou public ?

Le projet le plus achevé est celui d’Auguste Jégou, ingénieur des Ponts et Chaussées, affecté en Loire-Inférieure. Il prévoit la fourniture quotidienne de 4 000 mètres cubes puisés en Loire, stockés et partiellement filtrés dans un réservoir situé sur les hauteurs de Gigant puis distribués grâce à un réseau d’une quarantaine de kilomètres. Les tuyaux aboutissent à des bornes-fontaines délivrant une eau gratuite ou bien chez les particuliers en échange d’une redevance.

Approuvé en 1838, le projet ne voit le jour qu’en 1857 et dans un tout autre esprit que celui de son promoteur. Auguste Jégou avait toujours milité en faveur d’un service public des eaux, mais c’est la toute jeune Compagnie générale des eaux, une entreprise privée, née en même temps que le Second Empire, qui obtient la concession avec l’objectif d’en faire une affaire rentable. Un prix trop élevé, une pression insuffisante, une qualité peu satisfaisante mise en évidence par une nouvelle épidémie de choléra qui fait 120 morts en 1884 : les griefs de la Ville contre la Compagnie générale des eaux ne manquent pas et aboutissent à la rupture, au terme de la concession. En 1895, un service municipal voit le jour, doté d’une nouvelle usine à la Roche, en amont de la ville.

Non-Autoris�

Prix unique de l'eau dans l'agglomération

Tout au long du 20e siècle sont menés des travaux qui accompagnent l’augmentation de la population et la montée de ses exigences : le vaste réservoir de la Contrie mis en service en 1904 dans l’actuel quartier des Dervallières ; le traitement de l’eau à partir de 1930 grâce à une solution d’hypochlorite de soude ; une nouvelle prise d’eau, à Mauves, en 1990…

Non-Autoris�

Aujourd’hui, la production et la distribution d’eau potable sont une mission remplie à l’échelle de Nantes Métropole par un opérateur public, la régie communautaire, héritière du service municipal des eaux, qui dessert 420 000 habitants. S’y ajoutent deux opérateurs privés : la Générale des eaux (120 000 habitants) et la Saur (30 000 habitants). Tous trois travaillent à une charte de qualité commune et à une harmonisation des services. De trente zones tarifaires différentes en 2000, on est passé, en 2006, à un prix unique de l’eau pour tous les habitants de l’agglomération, quels que soient leur commune et leur opérateur.

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

Non-Autoris�

Non-Autoris�

Non-Autoris�

En savoir plus

Bibliographie

Richomme, Claude, Nantes et sa conquête de l’eau, Opéra, Nantes, 1997

Pages liées

Loire

Réservoirs de la Contrie

Tags

Contributeurs

Rédaction d'article :

Thierry Guidet