Chapelle de la Chantrerie
Marqueurs de la recherche scientifique : Spectromètre RMN Cryospec WM250 BRUKER

Créée en 1812 par Michel Delaroche, Armand Delessert et Louis Say, la raffinerie des Ponts prospère tout au long du 19e siècle. Cette usine moderne est l’une des premières à utiliser la vapeur pour fondre les sucres, ce qui lui permet de raffiner jusqu’à 25 000 tonnes de matière première dans les années 1870.

Le succès de l’alliance Say-Étienne

La Raffinerie des Ponts est créée en mars 1812 par Michel Delaroche, Armand Delessert et Louis Say. Ils installent leur industrie dans l’ancienne usine d’impression sur étoffe Auguste Simon et Henri Roques, créée en 1786 par la société Bourcard, Pelloutier et Cie. Les raffineurs louent aux héritiers Pelloutier un terrain de 6 300 m², cerné par les boires de Toussaint et de Biesse et occupé par deux grandes maisons à étage avec jardin, magasins et dépendances.

Ancien filateur à Abbeville, Louis Say est le premier raffineur à utiliser la vapeur pour fondre les sucres à partir de 1814. En 1815, il s’associe à Jean-Baptiste Étienne, après le départ de ses deux premiers associés. Les deux familles vont consolider leur alliance par le mariage de leurs enfants. En 1827, les héritiers Pelloutier vendent leurs bâtiments, encore exploités par la raffinerie Say et Étienne, au brasseur Kern. Les deux raffineurs traversent la Loire et poursuivent leur activité rue de Luzançay près de la carrière Misery.

En 1835, Louis Say cède ses droits dans la raffinerie à ses deux fils : Achille et Gustave. L’année suivante, la société Étienne et Say Frères demande l’autorisation de transférer sa raffinerie dans le quartier des Ponts après avoir acquis l’usine Kern en faillite. Elle réintègre ainsi son site d’origine au 1, rue de la Raffinerie, voie qui permet de relier la rue Grande-Biesse à la boire de Biesse. Les associés modernisent immédiatement l’ancienne raffinerie et l’agrandissent. En 1840, l’usine produit 2 500 tonnes de sucre raffiné par an, un peu plus du double dix ans plus tard. Jusque dans les années 1870, la raffinerie ne cesse de s’étendre pour augmenter sa production : la généralisation des machines à vapeur et des nouveaux procédés entraînant des réaménagements, extensions et constructions de bâtiments de plus en plus grands.

 <i>Vue à vol d'oiseau de l'usine d'Émile Étienne</i> 

 Vue à vol d'oiseau de l'usine d'Émile Étienne 

Date du document : 1881

De l’apogée au déclin

Au cours des années 1850, la direction de la raffinerie évolue. Jean-Baptiste Étienne se retire en 1856 et Achille Say décède deux ans plus tard. Les rênes sont reprises par les deux fils de Jean-Baptiste, Émile et Gustave, qui poursuivent l’expansion et le développement de l’entreprise familiale. En 1868, les deux frères s’associent à Eugène Bourcard et Théodore Glatigny jeune pour exploiter une candiserie sous la raison sociale Glatigny jeune, Eugène Bourcard et Cie. En 1873, la mort de Gustave Étienne laisse Émile seul aux commandes d’une usine comptant 700 ouvriers qui produisent 25 000 tonnes de sucre raffiné par an. En 1877, l’emprise de l’usine couvre 17 000 m², quasiment le triple du site d’origine. Le terrain est alors saturé de bâtiments et la raffinerie atteint son apogée, avant la chute des années 1880.

Concurrencées par le sucre de betterave, les raffineries nantaises connaissent une crise qui n’épargne pas la raffinerie Étienne. En avril 1880, la Raffinerie des Ponts et la candiserie Bourcard et Cie, fusionnent avec la raffinerie du Cordon Bleu à Chantenay dans la société anonyme des anciennes raffineries Émile Étienne et Cézard. Ce rapprochement n’arrête pas les pertes et en 1883, la société fait faillite. Vendue aux enchères en 1884, l’usine est achetée par les raffineries parisiennes Say, Lebaudy et Sommier qui forment au printemps 1885 la société anonyme La Raffinerie des Ponts et transfèrent son siège social à Paris. La société est liquidée en 1889 par Paul Lebaudy et les bâtiments sont vendus en 1890 avec interdiction à tout acquéreur de rétablir à l’avenir une raffinerie ou tout autre établissement du même genre. Jusqu’au milieu du 20e siècle, le site connaît diverses occupations industrielles. L’église paroissiale Sainte-Madeleine, son presbytère et une partie de l’école Gustave-Roch s’élèvent aujourd’hui à son emplacement.

Archives de Nantes
2021

En savoir plus

Bibliographie

Archives de Nantes, Le quartier des Ponts, coll. Quartiers, à vos mémoires, Nantes, 2021

Robineau, Evelyne, Raffinage et raffineries de sucre à Nantes 17e-20e siècles, éd. MeMo, coll. Carnets d’usines, 2011

Rochcongar, Yves, Capitaines d'industrie à Nantes au XIXe siècle, éd. MeMo, coll. Carnets d’usines, 2003

Pages liées

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Rédaction d'article :

Nathalie Barré

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