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Julienne David (Saint-Mars-du-Désert, 1777 – Nantes, 1843)

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Connue à Nantes sous le nom de « Jacquot » ou encore « le roulier Jacquot », Julienne David se  distingue très tôt lors de la guerre de Vendée et à bord de navires, tout en étant habillée en homme.

Une participation précoce à la guerre de Vendée

Née à Saint-Mars-du-Désert en 1777, non loin de Chateaubriand, ses parents nommés Pierre David et Anne Bidet sont des laboureurs qui lui fournissent une éducation très incomplète. Très jeune,  elle participe à la guerre de Vendée et sert la cause des royalistes en se mêlant aux combats. Elle est vite fait prisonnière et est condamnée à Nantes à une peine d’exportation par le tribunal criminel qui se tient à l’hôtel  Rosmadec. Elle réussit à s’évader et travaille pendant quelques années chez des fermiers, avec l’aide de sa famille. (voir Propositions d'enrichissement 1)

Une vie mouvementée de corsaire

A l’âge de 19 ans et déguisée en homme, elle revient à Nantes et s’enrôle comme novice sur un corsaire nommé « La jeune Agathe », qui ne tarde pas à faire des captures plutôt fructueuses. (voir Propositions d'enrichissement 2) Après la rupture du traité d’Amiens en 1803 et la reprise du conflit entre la France et l’Angleterre, Julienne David embarque ensuite sur un navire corsaire à Paimboeuf, mais ce dernier et l’ensemble de son équipage est bientôt capturé par les Anglais. Détenue dans des conditions très difficiles, Julienne David tente de s’empoisonner pour échapper aux tortures physiques et morales. Elle reste prisonnière pendant huit années, et est employée à terre en tant « qu’infirmier » à l’hôpital de la prison, lorsqu’un homme la reconnaît et lui permet enfin, en tant que femme, de retrouver sa liberté loin des pontons. Elle débarque au Havre et rejoint ensuite la ville de Nantes.

Liberté et indépendance à Nantes

Pendant deux ans, Julienne David se met au service d’un négociant à Nantes et effectue des travaux d’homme à la campagne sous le nom de « Jacquot », avant de travailler durant une quinzaine d’années dans une communauté religieuse en se faisant appeler « Frère Arsène ». Occupant tour à tour des fonctions de jardinier, et de roulier, on la retrouve à la fin de sa vie au service du voiturier Dardare, un loueur de fiacres. En 1843, elle décède d’une maladie pulmonaire, à l’âge de soixante-dix ans. (voir Propositions d'enrichissement 3)


Bibliothèque municipale
2020


Dessin de Jean Bruneau

Anecdote : Julienne David donne son nom à une rue de la Butte...

Située au cœur des cités de l'Hermitage, la rue Julienne David se termine par un escalier côté Loire. Les dates inscrites sur la plaque émaillée sont fausses. Le premier acte administratif concernant Julienne David fut son acte de baptême le 21 mars 1777.

Groupe "Mémoire" de l'Association de la Butte-Sainte-Anne



En savoir plus

Bibliographie

Nicollière-Teijeiro (de la), Stéphane, « La Course et les corsaires du port de Nantes », Revue de Bretagne et de Vendée, Veuve Vier, Nantes, H. Champion, Paris, 1896, p. 280-284

Jaeger, Gérard, Les femmes d’abordage : chroniques historiques et légendaires des aventurières de la mer, Clancier-Guénaud, Paris, 1984

Le Leuch, Morgan, « Julienne David (1774-1843) : la difficile histoire de la jeune corsaire en archives », Neptuna, mars 2017, n°316, p. 22-27

Prenaud, René, Petite histoire des dames du passé en pays nantais, [Nantes] : [s.n.?], [1972]

Webographie

Julienne David à la Bibliothèque municipale

Compléments biographiques par le Groupe mémoire de l’ABSA

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Interview imaginaire de Julienne David

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Jean Bruneau

Claude Cahun et Marcel Moore

Pauline-Isabelle Lefèvre-Utile

Marguerite Joubert-Lermite

Geneviève Vix

Victoire Durand-Gasselin-Friésé

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Chloé Voirin

1 - Complément premier paragraphe

Cependant, un document d'archive datant de 1794, tiré du Livre des jugements de la Commission Militaire Extraordinaire et Révolutionnaire, donne une autre issue à ce verdict. Il affirme que Julienne David aurait été remise en liberté, considérant « qu’elle ne s’est travestie en homme que par sentiment de dévouement à la patrie, pour se livrer à l’agriculture et encourager les jeunes gens de la première réquisition à voler à la défense de la République. » Cela signifie t-il qu'en dépit de ses opinions royalistes Julienne David aurait menti sur ses idées pour échapper à la justice révolutionnaire et rester libre ? Ou que la jeune femme était bel et bien une révolutionnaire, ce qui expliquerait pourquoi elle embarqua deux ans plus tard sur un navire corsaire au service de la République ?

Proposé par Anonyme

2 - Complément second paragraphe

Un document d'archive mentionne la présence de Julienne David sur le navire : « Jacques David, de Saint-Marc près Nantes, 19 ans. Passé le 22 Thermidor sur la prise La Main de Dieu. Débarqué à Nantes, de gré à gré le 6 pluviose an VI, son nom est Julienne David, Fille ».

Proposé par Anonyme

3 - Complément troisième paragraphe

Alors que l’état civil lui donnait 70 ans, le dernier acte administratif mentionnant Julienne David montre qu’elle n’était âgée que de 65 ans.

Proposé par Anonyme