Dockers
Fanny de Bégon dite Mme de Stolz (Nantes, 1820 – Pontault-Combault, 1898)

Julienne David (Saint-Mars-du-Désert, 1774 – Nantes, 1843)

A

106


Connue à Nantes sous le nom de « Jacquot » ou encore « le roulier Jacquot », Julienne David se  distingue très tôt lors de la guerre de Vendée et à bord de navires, tout en étant habillée en homme.

Une participation précoce à la guerre de Vendée

Née à Saint-Mars-du-Désert en 1774, non loin de Chateaubriand, ses parents nommés Pierre David et Anne Bidet sont des laboureurs qui lui fournissent une éducation très incomplète. Très jeune,  elle participe à la guerre de Vendée et sert la cause des royalistes en se mêlant aux combats. Elle est vite fait prisonnière et est condamnée à Nantes à une peine d’exportation par le tribunal criminel qui se tient à l’hôtel  Rosmadec. Elle réussit à s’évader et travaille pendant quelques années chez des fermiers, avec l’aide de sa famille.

Une vie mouvementée de corsaire

A l’âge de 19 ans et déguisée en homme, elle revient à Nantes et s’enrôle comme novice sur un corsaire nommé « La jeune Agathe », qui ne tarde pas à faire des captures plutôt fructueuses. Après la rupture du traité d’Amiens en 1803 et la reprise du conflit entre la France et l’Angleterre, Julienne David embarque ensuite sur un navire corsaire à Paimboeuf, mais ce dernier et l’ensemble de son équipage est bientôt capturé par les Anglais. Détenue dans des conditions très difficiles, Julienne David tente de s’empoisonner pour échapper aux tortures physiques et morales. Elle reste prisonnière pendant huit années, et est employée à terre en tant « qu’infirmier » à l’hôpital de la prison, lorsqu’un homme la reconnaît et lui permet enfin, en tant que femme, de retrouver sa liberté loin des pontons. Elle débarque au Havre et rejoint ensuite la ville de Nantes.

Liberté et indépendance à Nantes

Pendant deux ans, Julienne David se met au service d’un négociant à Nantes et effectue des travaux d’homme à la campagne sous le nom de « Jacquot », avant de travailler durant une quinzaine d’années dans une communauté religieuse en se faisant appeler « Frère Arsène ». Occupant tour à tour des fonctions de jardinier, et de roulier, on la retrouve à la fin de sa vie au service du voiturier Dardare, un loueur de fiacres. En 1843, elle décède d’une maladie pulmonaire, à l’âge de soixante-dix ans.


Bibliothèque municipale
2020

En savoir plus

Bibliographie

Nicollière-Teijeiro (de la), Stéphane, « La Course et les corsaires du port de Nantes », Revue de Bretagne et de Vendée, Veuve Vier, Nantes, H. Champion, Paris, 1896, p. 280-284

Jaeger, Gérard, Les femmes d’abordage : chroniques historiques et légendaires des aventurières de la mer, Clancier-Guénaud, Paris, 1984

Le Leuch, Morgan, « Julienne David (1774-1843) : la difficile histoire de la jeune corsaire en archives », Neptuna, mars 2017, n°316, p. 22-27

Prenaud, René, Petite histoire des dames du passé en pays nantais, [Nantes] : [s.n.?], [1972]

Webographie

Julienne David à la Bibliothèque municipale

Pages liées

Ports

Interview imaginaire de Julienne David

Tags

Contributeurs

Rédaction d'article :

Chloé Voirin

Aucune proposition d'enrichissement pour l'article n'a été validée pour l'instant.