Pirmil
Jules Grandjouan (Nantes, 1875 – Nantes, 1968)

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Société nouvelle des bois contreplaqués et comprimés (SNBCC)


À partir des années 1880, la production de panneaux de bois contreplaqués entre dans l’ère de la fabrication industrielle. En France, l’industrie connaît un premier développement au tout début du 20e siècle, mais son véritable essor survient durant la Première Guerre mondiale : le matériau, léger et remarquablement stable, intéresse grandement l’industrie aéronautique, le contreplaqué offrant d’excellentes performances mécaniques sans alourdir les avions.

Un bâtiment monumental

En 1918, la Société française des bois déroulés et contreplaqués, établie à Paris, ouvre une succursale à Nantes entre le 22, rue La-Tour-d’Auvergne et le quai André-Rhuys. Deux ans plus tard, la fusion avec la société W. Mallison, installée dans le quartier Lamoricière, donne naissance à la Société nouvelle des bois contreplaqués et comprimés dont l’objet est : « La fabrication et vente des bois contreplaqués et comprimés en tout genre et généralement toutes opérations relatives à l’industrie au travail et au commerce des bois. »

Dès 1926, la SNBCC cherche à s’agrandir et acquiert le terrain de 26 000 m² que les Forges et ateliers de Nantes occupaient sur la Prairie de Biesse. Un permis de construire est déposé en 1927 en vue d’édifier un vaste atelier. La destruction par incendie des locaux du quai André-Rhuys, en 1928, précipite le déménagement sur le boulevard Vincent-Gâche, comme le souligne un journaliste du Populaire dans un article du 19 août : « Ces établissements qui ont pris une très grande importance ont dû chercher asile ailleurs. C’est pour abriter leur activité qu’ils avaient fait construire rue Michel-Rocher cet immense bâtiment en briques rouges qui semble vouloir écraser tout le quartier de sa masse imposante et où ils devaient prochainement transférer les services et le matériel restés quai André-Rhuys. »

Façades du bâtiment de la Société nouvelle des bois contreplaqués et comprimés

Façades du bâtiment de la Société nouvelle des bois contreplaqués et comprimés

Date du document : vers 1948

Une cohabitation difficile

Jusqu’en 1967, des ateliers et équipements sont régulièrement construits ou agrandis sur le site afin de répondre à la forte demande en bois de fuselage pour l’aviation, ainsi qu’à celle de l’industrie des transports collectifs, tramways et chemins de fer. Au cours des années 1960, les rejets continus de la SNBCC font l’objet de plaintes régulières, tandis que la ZUP Beaulieu est décrétée… La cohabitation avec les futurs immeubles dévolus aux bureaux et aux logements paraît difficile. En 1964, l’entreprise prévoit un déménagement dans la zone industrielle de Montaigu. Ce dernier est à nouveau précipité par l’incendie de l’usine du boulevard Vincent-Gâche en 1968. Les restes sont démolis l’année suivante. Le terrain ainsi libéré reste en friche jusqu’en 1981, année où le ministère du Budget fait construire son bâtiment des Pensions.

Archives de Nantes
2020

En savoir plus

Bibliographie

Archives de Nantes, Le quartier des Ponts, coll. Quartiers, à vos mémoires, Nantes, 2021

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Île Beaulieu

Quartier industriel de la prairie de Biesse

Vincent Gâche

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Rédaction d'article :

Nathalie Barré

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