Mosaïstes
La céramique blanche habille les immeubles les plus caractéristiques des années 1980 comme, à Nantes, la Médiathèque Jacques Demy ou l’immeuble de la Banque populaire atlantique à Bellevue. Elle est choisie, non pour constituer « un ciel de faïence » façon métro parisien, mais parce que son caractère autonettoyant l’exempte de ravalement et que son uniformité met en valeur les lignes des avancées vitrées et métalliques alors à la mode.
Elle retrouve alors la visibilité que lui avaient apportée les années 1930. Si Nantes n’a pas édifié l’équivalent de la Maison bleue d’Angers ou de la piscine Saint-Georges de Rennes, elle a permis aux mosaïstes de s’afficher discrètement sur les façades d’immeubles et de maisons, de donner plus d’éclat aux devantures des magasins, de ponctuer les espaces intérieurs d’édifices publics, d’immeubles et d’habitations particulières tout en continuant de diffuser leur travail dans les lieux de culte.
L’Art déco, qui connaît son apogée à partir de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui se tient à Paris en 1925, se caractérise par son goût pour les matériaux froids, les lignes épurées, les motifs géométriques et les couleurs vives.
Mosaïque de l'entreprise Cortina
Date du document : 08-12-2006
Mosaïque de l'entreprise Cortina
Date du document : 08-12-2006
Nantes conserve quelques boutiques en activité ou transformées en logement parmi la centaine qui furent réalisées en quelques années. Leur devanture témoigne toujours du talent d’artisans créateurs, généralement des Italiens originaires du Frioul venus s’installer en France avec leurs ouvriers, tels que le Rennais Isidore Odorico, Graziana et Zannier (Mosaïcart), Rougier et Martini, Zavagno, Milani, Ambroset ou Cortina. Charcuteries, boucheries, poissonneries, épiceries, drogueries et surtout cafés égaient les rues en se signalant vigoureusement à l’attention des passants par l’impact visuel de motifs décoratifs combinant usuellement vermillon, violet, citron, orange, émeraude, outremer, généralement rehaussés d’éclats d’or.
En témoignent encore actuellement le café du Cinéma rue des Carmélites, un bar rue de Strasbourg, des cafés rue Saint-Léonard et rue Paul Bellamy, une poissonnerie rue de la Ville-en-Bois, un commerce rue Léon Blum, un restaurant rue Kléber tous moins connus cependant que l’ancienne confiserie Bohu, Aux rigolettes nantaises, rue de la Marne.
Mosaïque de la façade d'une boucherie rue des Dervallières
Date du document : 15-09-2012
Sinon, il faut pousser la lourde porte de ferronnerie et de verre de l’immeuble de l’ex-CGA, rue Racine, pour entrer dans le déploiement des mosaïques du hall, rêver de prendre son bain hebdomadaire aux bains-douches de la rue du Rocher ou de la rue Noire pour se glisser dans l’univers intérieur en mosaïque, ou être
convié dans la rotonde de l’hôtel Rosmadec au sein de l’Hôtel de ville pour contempler un grand tapis décoratif en mosaïque. Ces trois dernières réalisations résultent d’une collaboration entre Étienne Coutan, architecte de Ville, et Isidore Odorico.
Si quelques habitations préservent des salles de bains où le bleu et l’or de ce dernier composent un décor évocateur des délices maritimes, c’est surtout dans les édifices religieux que la mosaïque est employée pour donner de l’éclat aux scènes saintes.
Dominique Amouroux
Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
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Dominique Amouroux
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