Végétation de l'Erdre
Julien Lanoë (Nantes, 1904 – Nantes, 1983)

Pendant l’essentiel de l’Ancien Régime, à Nantes comme ailleurs, ce sont les habitants directement menacés qui sont le principal rempart contre le feu, notamment par la pratique du guet. En 1682, la responsabilité de la lutte contre l’incendie est sous la direction d’un chanoine, désigné comme « capitaine du feu », et le parc matériel, composé de paniers goudronnés et de crocs, est à la charge de trois couvents mendiants intra-muros. La milice bourgeoise de la ville coordonne également et assure les actions de police autour des sinistres. La méthode la plus usitée est celle de « la part du feu », qui consiste à abattre des ouvrages avec des crocs et des cordages au-devant de l’incendie pour le priver d’aliment.

C’est immédiatement après l’incendie désastreux de la voisine rennaise en 1720 que paraît à Nantes un premier règlement d’incendie prévoyant la mise en service de quatre pompes mobiles actionnées par des équipes de huit bénévoles chacune, mais cette prise de conscience est en fait liée à l’incendie des halles du Bouffay en 1718, et à l’efficacité de pompes privées pour l’éteindre. Obligation est faite à chaque propriétaire de la ville et des faubourgs de se munir à ses frais d’un seau de cuir et de l’apporter sur le lieu de l’incendie au son du tocsin. En 1846, l’effectif des volontaires s’établit à 411 hommes, état-major compris.

Le 7 mars 1888 constitue un moment important du corps des pompiers à Nantes, puisque sont casernés et équipés 31 pompiers professionnels, 146 volontaires et 60 musiciens d’un nouveau corps municipal dans la caserne de la Visitation (ancien collège des oratoriens, rue Gambetta), qui sont placés sous le commandement du capitaine Gouzé. Ce dernier apporte des améliorations sensibles à l’équipement de ses effectifs, comme l’extincteur à l’acide carbonique ou l’achat de nouveaux véhicules d’intervention motorisés. Il est aussi à l’origine de la création d’une nouvelle « caserne centrale ». Dessinée par l’architecte Leray dans l’ancien couvent des ursulines, elle porte depuis 1928 le nom de son premier commandant. Depuis 1972, le signal de l’incendie, après avoir été successivement incarné par le tocsin, les trompettes de la ville, des tambours et même des clochettes de 1852 à 1855, ne retentit plus que dans l’enceinte de la caserne.

En 1988, le corps des sapeurs-pompiers de Nantes est rattaché au Syndicat intercommunal de l’agglomération nantaise, puis en 1992 au District, avant d’être intégré à une structure départementale depuis 2001.

Incendie du théâtre de la Renaissance

Incendie du théâtre de la Renaissance

Date du document : 19-12-1912

Parmi les incendies et les sinistres qui ont marqué la mémoire de la ville et que les pompiers ont combattus, on peut citer, outre les périodes des bombardements des 16 et 23 septembre 1943, l’incendie du grand théâtre de la République (Graslin) le 24 août 1796, l’explosion de la tour des Espagnols le 25 mai 1800, l’incendie du théâtre de la Renaissance le 19 décembre 1912, l’incendie de la toiture de la cathédrale le 28 janvier 1972, la pluie de grêlons le 18 juillet 1983 ou encore le nuage toxique de Nantes le 29 octobre 1987.


Extrait du Dictionnaire de Nantes
(droits d'auteur réservés)
2018

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Rédaction d'article :

Pierre Chotard

Anecdote :

Yves Herbert

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