Entrepôts de la Chambre de commerce quai Saint-Louis
Basilique Saint-Donatien et Saint-Rogatien

Situé à proximité de l’arrêt de bus et de tramway Pirmil, le pont de Pont-Rousseau permet le franchissement de la Sèvre. Cet ouvrage, dont les premières mentions apparaissent dans des textes médiévaux, a été modernisé dans les années 1990 pour accueillir les tramways.

Les premiers ponts

Il semble que la première mention d’une passerelle sur la Sèvre remonte à 1132. Il s’agissait alors d’un ouvrage sur pilotis de bois nommé pont Roussel dont l’entretient incombe au seigneur de Rezé qui y prélève des péages. En 1230, le seigneur de Rezé cède une partie des revenus du péage au prieuré Saint-Jacques de Pirmil : ce partage des revenus est assorti d’un partage des travaux, chaque propriétaire étant responsable d’une moitié du pont.

Les premières mentions solides concernant le pont Rousseau apparaissent au début du 17e siècle. À cette époque, les droits de passage du pont sont encore partagés entre le vicomte de Rezé et le prieur de Pirmil ; Jacques Barrin, seigneur de la Gallissonnière, vicomte de Rezé, conseiller du Roi, premier président en sa chambre des Comptes, d'autre part, lequel « à raison de sa dicte terre et seigneurie de Rezay est tenu et obligé à la réparation, reffection et entretement d'une moitié́ du pont de Pont-Rousseau, et l'aultre moitié, tirant vers la dicte ville doibt estre entretenue par le prieur du prieuré́ de Pirmil, sur le temporel de son bénéfice. 

L’état de ce pont qui contrôle alors l’entrée dans Nantes depuis la Rochelle demande vraisemblablement des entretiens plus réguliers et volontaires que ceux fournis par deux gestionnaires privés qui sont rarement d’accord sur les travaux qui leur incombent.

La Ville propose donc de décharger chacun de ses devoirs pour récupérer la maîtrise du pont. En 1624, le seigneur de Rezé lui transfère tous ses droits de taxes sur les denrées traversant le pont ainsi que la responsabilité de l’entretien du pont Rousseau. Quarante années plus tard, en 1663, le prieur de Saint-Jacques de Pirmil, fait de même.

Le laps de temps écoulé entre la récupération des droits et devoirs d’entretien du pont peut expliquer la curieuse description fait par le chevalier Dubuisson-Aubenay en 1646 : « un pont de bois de 60 à 80 pas de long, soustenu de pilotis et de quelques piles de pierre, appellé le pont Rousseau ». La moitié rezéenne de ce pont pouvait avoir été refaite sur pile de pierre par la Ville tandis que la partie nantaise du pont avait été maintenue dans son état originel sur pilotis de bois par le prieur de Pirmil.

Le pont et la Ville de Nantes

En 1664, nouvellement propriétaire de l’ensemble du pont, la Ville de Nantes le reconstruit sur des « pilliers de massone » protégées par des risbermes, talus de protection à la base des piliers, tout en conservant un tablier en bois. Celui-ci est emporté en 1698 par une inondation mais les piliers résistent aux flots. 

En 1711, à la suite d’une nouvelle inondation, l’ingénieur Thévenon propose de reconstruire des pontons passants entre chacune de piles du pont afin les désolidariser et de réduire les frais de reconstruction du tablier. En 1720, deux risbermes doivent être réparées. En 1724, le pont est à nouveau utilisable et sur la seconde pile au sortir de Dodane une pyramide surmontée d’un globe en tuffeau et d’une croix de fer a été érigée.

Plan d'élévation du projet de Pont-Rousseau

Plan d'élévation du projet de Pont-Rousseau

Date du document : 1711

En juillet 1771, une crue « aussi considérable qu'inattendue » emporte le pont : « le Procureur-syndic, sur l'avis qui lui fut donné hier, que dans la nuit, le pont établi sur la rivière de Sèvres, à son embouchure avec la Loire, dans le quartier de Pont-Rousseau, avoit été entièrement renversé et détruit […], il se transporta sur le champ sur les lieux. Mais l'inondation qui occupoit alors tout le quartier de Dosdane, l'ayant empesché d'approcher assez près du lieu du désastre pour en approfondir l'étenduc et les circonstances, il y est retourné ce matin, avec le charpentier ordinaire de la ville, et a remarqué que le pont nommé Pont-Rousseau, est totalement détruit, et qu'il n'en reste pas même de vestiges, si l'on en excepte les piles pour lesquelles il y a aussi lieu d'appréhender que les unes soient renversées, et les autres considérablement dégradées. »

Plan des piles de Pont-Rousseau

Plan des piles de Pont-Rousseau

Date du document : 1775

À la Révolution, la propriété du pont et la gestion de la route de la Rochelle justifient la demande de la Ville de Nantes d’inclure dans ses limite le hameau de Pont-Rousseau dont elle gère la voirie et l’alignement depuis le 17e siècle. Malgré ces justifications, la rive rezéenne de la Sèvre passe dans le giron de Rezé tandis que la gestion de la rivière et du pont échoue à l’administration des Ponts et Chausées.

Plan de la rue du Dos d'Ane du pont Rousseau

Plan de la rue du Dos d'Ane du pont Rousseau

Date du document : 11-05-1797

Les ponts contemporains

Le pont de bois construit par Ceineray est ébranlé par la crue en 1790 puis détruit par lors des combats de la guerre de Vendée. Un nouveau pont de bois dessiné par l’ingénieur Rapatel le remplace peut-être en 1806. Mais, dès 1821, la Ville émet des arrêtés d’interdiction de circulation à cause de différents désordres constatés.

En 1839, l’administration des Ponts et Chaussées entreprend de reconstruire en pierre le pont Rousseau. Le nouveau pont n’a que deux piles au milieu du fleuve et ses trois arches de 21 mètres d’ouverture soutiennent un tablier de pierre. Il remplit sa mission pendant presque un siècle.

Pont Rousseau

Pont Rousseau

Date du document : fin du 19e siècle

Un nouvel ouvrage est entrepris en 1926 ; trop étroit pour répondre aux besoins de circulation, il est élargi en 1935 puis remplacé en 1979 par l’actuel pont en béton. Ce pont moderne sera doublé en 1992 pour accueillir les voies de tramway.

Direction du patrimoine et de l'archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole ; Service du Patrimoine, Inventaire général, Région Pays de la Loire
Inventaire du patrimoine des Rives de Loire
2021

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Rédaction d'article :

Julie Aycard

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