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1973

Sculptures figuratives extérieures de l'église Saint-Similien


90 sculptures d’êtres vivants ornent tout le pourtour de l’extérieur de l’église Saint-Similien, principalement au niveau des chenaux des toitures.

Plan des 90 sculptures extérieures de l'église Saint-Similien

Plan des 90 sculptures extérieures de l'église Saint-Similien

Date du document : 2020

Elles datent de la construction de la première partie de l’église, entre 1872 et 1880, de l’abside à la 1ère travée de la nef. Le reste de la nef avec ses deux chapelles date de 1894 à 1897. Mais seules 68 sculptures des nefs et des pignons du transept sont visibles depuis l’espace public.
Les deux clochers prévus n’ont pas été construits, conséquence de la séparation des Églises et de l’État en 1905. Le projet de la façade prévoyait en plus de grandes statues sur les montants des trois portes donnant sur la place, des tympans avec bas-reliefs et quelques sculptures.

Les trois statues

Les plus visibles sont les deux grandes statues surmontant les pignons du transept : l’évêque saint Similien côté rue de Bel Air et Marie, la Mère de Dieu portant l’enfant Jésus côté rue Sarrazin.

Statues de l'église Saint-Similien vue de la rue Sarrazin

Statues de l'église Saint-Similien vue de la rue Sarrazin

Date du document : 10-01-2020

Une petite statue de Marie couronnée, vers l’abside,  n’est pas visible depuis le domaine public.

Des gargouilles ?

La fonction d’une gargouille est de rejeter l’eau de pluie loin des murs. C’est généralement par la bouche ouverte d’une créature que sort le jet d’eau en cas de pluie. Or à Saint-Similien, les têtes et les visages ont la bouche ouverte mais ce ne sont pas des gargouilles. Par contre, elles sont souvent à cheval sur la naissance des descentes de l’eau collectée par les chenaux : ces descentes, visibles sous les sculptures, sont en cuivre et de section carrée.

Comment les observer ?

Les sculptures du niveau le plus bas, le long des déambulatoires, sont facilement visibles (surtout en hiver) depuis les rues Sarrazin et Bel Air. Pour les autres, il faut lever les yeux et se déplacer pour certaines qui sont cachées par des pilastres ou des arcs-boutants. Les 22 visages du chœur et de l’abside ne sont pas visibles depuis le domaine public (mais certains figurent dans l’album ci-dessous).
Quatre visages plus discrets sont perchés sur les pilastres coiffant les escaliers situés aux quatre coins du transept, le regard tourné vers les toits de la grande nef et du chœur.
Les chimères sont situées entre les fenêtres des deux chapelles à l’entrée de la nef : quatre sur le square Marion-Cahour et deux surplombant le  trottoir du bas de la rue Sarrazin.

Les 73 visages humains

Il y a beaucoup plus de têtes féminines que masculines. Si on suppose que les têtes voilées sont des femmes, on dénombre 71 femmes et 2 hommes qui sont sans couvre-chef. Mais pour les têtes portant une capuche pointue, pourrait-t-il s’agir de moines ?
Les visages situés au niveau des déambulatoires révèlent une sculpture est plus élaborée, que ceux en hauteur. Ils sont mieux conservés car moins agressés depuis plus de 120 ans par la pluie, le vent, le gel et le soleil.
Ces visages sont tous différents par :

>    l’expression des visages : la plupart la bouche ouverte, avec les coins relevés vers le haut ou le bas, les lèvres plus ou moins marquées, les yeux ouverts ou mi-clos, et parfois la langue apparente,
>    l’orientation et l’inclinaison des têtes,
>   la position des mains : autour de la tête, bras croisés, les paumes tournées vers l’extérieur ou pas, les doigts levés… Les visages sur les nefs latérales n’ont pas de mains, remplacées par de motifs floraux,
>    les variantes des couvre-chefs, certains laissant entrevoir des cheveux.

Gargouilles de l'église Saint-Similien

Gargouilles de l'église Saint-Similien

Date du document : 03-11-2017

La combinaison de ces éléments exprime aux passants attentifs des attitudes allant de la louange à la souffrance, en passant par l’indifférence, l’étonnement, le dégoût, la colère ou l’effroi.
Par contre les quatre visages perchés sur les pilastres du transept,  regard tourné vers les toitures et bouche fermée, sont impassibles et ignorent les passants.
Vers 2005 une tête placée sur la face Nord du transept est s’est détachée pour rebondir dans le chœur. L’attache est visible depuis la cour du cloître, et la tête avec une main a été mise en réserve.

Les six chimères

Les chimères, ou grotesques, sont des sculptures composées à partir de différentes créatures. Celles de Saint-Similien ont toutes une tête de singe, des oreilles pointues comme celle d’un chat et des mains humaines, elles se ressemblent.

Gargouilles de l'église Saint-Similien

Gargouilles de l'église Saint-Similien

Date du document : 14-01-2000

Avec leur tête éloignée du mur, elles ont l’aspect de gargouilles, mais ce sont de fausses gargouilles. On en trouve beaucoup sur les églises gothiques du 13e siècle.

Les huit têtes de lion

Il y a quatre grosses têtes de lion, à la liaison d’une descente d’eau et d’une rigole sur un petit arc boutant, et quatre petites en périphérie des rosaces du transept. Elles sont très semblables dans chaque type.

Gargouilles de l'église Saint-Similien

Gargouilles de l'église Saint-Similien

Date du document : 18-02-2000

Fonction de ces sculptures

Au Moyen Âge, dans l’art roman ou gothique, on représentait des figures de créatures souvent effrayantes, ayant le rôle d’épouvantail, pour faire fuir les démons attirés par toutes les âmes réunies à l’intérieur de l’édifice. Pour cette église Saint-Similien de style néo-gothique, seules les chimères emplissent ce rôle.
Le lion de son côté, en raison de sa force, peut représenter soit l’ennemi brutal, soit la parole puissante de Dieu, la victoire du héros ou du croyant combattant le péché, les références bibliques au lion de Juda…

Tous ces sculptures de l’église Saint-Similien, si variées et qui semblent interpeller les passants, sont discrètes, à part les deux grandes statues.
La pauvreté architecturale de la façade (des parpaings montés provisoirement entre l’amorce des piliers des clochers, bouchant ce qui devait être les trois entrées du narthex) contraste avec l’expression et la finesse de ces visages à découvrir entre les arcs-boutants, arrimés aux contreforts de cette grande église néogothique.

Yves-Marie Rozé
2020

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