Le Goëland
Pont de la Jonelière

Ancienne vedette de la puissante administration des Ponts et Chaussées, le Léchalas est l’unique bateau à vapeur à naviguer sur les eaux françaises.

Au service des Ponts et Chaussées

En 1912, le service maritime des Ponts et Chaussées décide de se doter d’une vedette à vapeur pour permettre à ses ingénieurs d’aller visiter les chantiers des travaux entrepris sur la Loire. Elle confie la réalisation du bateau au chantier Blasse et fils installé à Chantenay. Le prix est de 57185 francs.

En 1913, la vedette nommée Léchalas, en mémoire de Médéric-Clément Léchalas, ancien ingénieur du port de Nantes mort en 1905, est lancée.

Dès sa mise en service, elle sillonne l’estuaire de Nantes à Saint-Nazaire ainsi que l’Erdre pour surveiller les opérations de dragage et l’entretien des ouvrages portuaires. À bord du Léchalas, les ingénieurs viennent également apporter la paie du personnel employé sur ces chantiers.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le navire est caché dans les roselières de la plaine de Mazerolles, près de Sucé-sur-Erdre.

D’une époque à l’autre…

Au début des années 60, le Léchalas est modernisé : son moteur à vapeur est remplacé par un moteur diesel. La machinerie est tout d’abord entreposée dans le locaux du port autonome avant de rejoindre les réserves du musée des Salorges. Elle est aujourd’hui visible dans le hall de la Maison des Hommes et Techniques.

En 1967, le bateau est déclassé et vendu par les Domaines à un particulier. Conduit en Vilaine pour devenir un bateau de tourisme fluvial, le Léchalas reste désarmé dans le port de la Roche-Ferrand pendant plus de dix ans.

Le <i>Lechalas</i> à quai après restauration

Le Lechalas à quai après restauration

Date du document : 29-06-2013

De la patrimonialisation à la restauration

En 1982, le Léchalas est sauvé par l'association SOS Léchalas devenue depuis l'Association Bateaux du Port de Nantes (APBN). Celle-ci découvre que la structure du bâtiment est si endommagée qu’elle ne pourra pas réaliser seule la restauration.

Elle s’engage donc pour la reconnaissance de l’État sur la valeur patrimoniale du bateau. Celui-ci est classé Monument Historique en 1986.

En 1990, la restauration du bateau commence. La coque du navire est restaurée par les chantiers Arno de Saint-Nazaire. Le salon, la timonerie, les capots de descente, les planchers et caillebotis sont remontés ou refaits par le chantier Chaussivert de Laval. Enfin, les cuivres sont remontés.

Le 23 juin 1992, le Léchalas retrouve l’eau du fleuve dans le canal Saint-Félix.

Un joyau sous surveillance constante

En 2015, la partie arrière en bois (toilettes, salon et pont dunette) nécessite d’importants travaux de restauration. Le chantier naval Fouchard à Couëron, expert en rénovation bois, est chargé de ce travail. La restauration est effectuée en teck et acajou, matériaux d’origine.

Le <i>Lechalas</i> sur l'Erdre après restauration

Le Lechalas sur l'Erdre après restauration

Date du document : 03-09-2011

Quelques données techniques

Le bateau mesure 16,50 m de long sur 3,88 m de large. Sa coque est en acier riveté et peinte en blanc. Sa cheminée peinte en jaune donne un tirant d’air de 4,65 m. Un système de contrepoids permet de la rabattre pour passer les ponts.

Sa timonerie en bois vernis est équipée d’un compas et d’une grande roue dans le plus pur style vieille marine. Le guindeau à vapeur en acier et bronze est surmonté de la cloche du bord.
Le Léchalas déplace 35 tonnes en charge et peut embarquer 17 personnes dont un équipage constitué du patron, du mécanicien-chauffeur et d’un matelot.

Un luxe rare sur un bateau de travail

Le rouf, réalisé en teck sur une armature en acier zingué, est équipé d’un canapé recouvert de cuir et moleskine. Il offre un salon panoramique grâce aux baies fixes et ouvrantes sur la périphérie de la structure. La pièce est équipée de radiateurs alimentés par l’eau de la chaudière et d’un éclairage électrique dispensé par un groupe électrogène actionnant une dynamo. Le bois vernis, la moquette rouge donnent une ambiance de yacht à ce bateau de travail.
Le dessus du rouf est aménagé en dunette dont le plancher est latté en teck. Elle est entourée d’un garde-corps à chandeliers de bronze et lisses en cuivre.

L’aménagement luxueux de cette vedette reflète le statut social des ingénieurs des Ponts et Chaussées. Il permettra au Léchalas de transporter plusieurs présidents en visite à Nantes : Vincent Auriol, René Coty et Charles de Gaulle.
 

2019

Anecdote : La toue sablière

Les sabliers pouvaient draguer plusieurs tonnes de sable par jour au début du 20e siècle grâce à leur toue sablière. Ce type de « pêche au sable » à la drague à main ne se faisait que sur les rivières à faible courant et sur la Loire à partir d’Ancenis.

Direction du Patrimoine et de l'Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole



En savoir plus

Bibliographie

Delaval, Alain, Gros, Philippe, « Chronique des bateaux Monuments historiques », 303 arts, recherches, et créations, n°49, 1996, p. 112-121

Webographie

Le Léchalas sur le site de l'APBN

Le Léchalas sur le site de la conservation régionales des Monuments historiques

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Chantiers navals

Bateaux du patrimoine

Médéric-Clément Lechalas

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Rédaction d'article :

Julie Aycard

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