Couvent des Cordeliers
Le dessous des sols : 12 rue Russeil

Le dessous des sols : 12 rue Russeil

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Le diagnostic archéologique mené par la Direction du Patrimoine et de l’Archéologie (DPARC) au 12 rue Russeil, au cours du mois de mars 2013, a été entrepris suite au dépôt du projet de construction d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et de logements à l’emplacement de l’actuelle maison de retraite « Ma Maison » gérée par les Petites Sœurs des Pauvres.

Commentaire historique


    Cette opération était surtout destinée à documenter du point de vue archéologique un secteur de la ville jusqu’ici largement méconnu, puisque seul le tracé de l’enceinte urbaine d’époque moderne est recensé à proximité immédiate ; un tronçon en est d’ailleurs conservé au 29, rue Paul Bellamy, sur plusieurs mètres de longueur. Cette enceinte, dite du Marchix, est envisagée par François II à la fin du 15e siècle, mais concrétisée seulement par le duc de Mercœur dans la seconde moitié du 16e siècle, dans le contexte des guerres de Religion. Elle prend l’allure d’une fortification étoilée qui enserre la hauteur de Saint-Similien, alors nommée faubourg du Marchix.

Plan du projet de fortification de la Villeneuve du Marchix

Plan du projet de fortification de la Villeneuve du Marchix

Date du document : 1800

La rue de Savenay, située quelques dizaines de mètres au sud de l’emprise du diagnostic, occupe d’ailleurs l’emplacement d’une partie de l’ancien fossé creusé en avant de ces remparts.
    Précisons aussi que certaines rues du quartier sont vraisemblablement assez anciennes, en particulier la rue des Hauts-Pavés, qui figure au rang des voies de sortie possibles du chef-lieu antique de Condevicnum. Dénommée rue des Pavés au début du 18e siècle, cette artère est déjà désignée « rue des Hauts-Pavés » sur le plan Cacault de 1756 et mène, comme aujourd’hui, au « chemin de Vannes ». Un bâti dense se concentre le long de cet axe viaire au 18e siècle, et deux édifices d’importance se démarquent : le logis de la Cour-Catuit, un logis de chasse datant du règne de François II et la léproserie de Saint-Lazare, située à l’entrée de la route de Vannes et abandonnée en 1569.
Enfin, il convient de noter que la maison de retraite « Ma Maison », anciennement asile Sainte-Anne, fut fondée en 1856 à l’initiative d’Urvoy de Saint-Bedan (1780-1858). Maire de Casson et conseiller municipal à Nantes, il légua en 1854 ses peintures et collections au musée des Beaux-Arts de Nantes à la condition que soit fondé un asile pour personnes âgées. C’est l’architecte Joseph Fleury-Chenantais qui fut chargé de la construction des bâtiments destinés à accueillir les Petites Sœurs des Pauvres.

 

Commentaire archéologique


Les six sondages, réalisés jusqu’au rocher, n’ont finalement révélé aucun vestige archéologique antérieur à la fondation des bâtiments contemporains des Petites Sœurs des Pauvres. En effet, seuls quelques fossés et fondations de murs ont été mis au jour, ainsi qu’un dépotoir, associés à du mobilier très récent (céramique, faune, terres cuites architecturales).

Fossé contemporain découvert dans une tranchée de diagnostic

Fossé contemporain découvert dans une tranchée de diagnostic

Date du document : 25-03-2013

Vue en coupe d’un fossé contemporain, dont le creusement a été réalisé dans le substrat de micaschiste

Vue en coupe d’un fossé contemporain, dont le creusement a été réalisé dans le substrat de micaschiste

Date du document : 25-03-2013

Tranchée de diagnostic, au sein de laquelle sont apparues des maçonneries contemporaines

Tranchée de diagnostic, au sein de laquelle sont apparues des maçonneries contemporaines

Date du document : 25-03-2013

Ces éléments, attribuables aux 19e et 20e siècles, sont donc contemporains de la création et de l’occupation des ancienne et actuelle maisons de retraite.
Par ailleurs, les observations effectuées ont permis de mettre en évidence d’importants travaux de terrassement au moment de la création de l’asile Sainte-Anne, dont l’actuelle maison de retraite reprend l’emplacement, oblitérant de fait d’éventuels vestiges plus anciens. Ce remaniement du terrain intervient dans un contexte chronologique où ce phénomène est habituel. En effet, entre le milieu du 18e siècle, qui voit l’arasement de l’enceinte médiévale et des mottes Saint-Pierre et Saint-André, et la fin du 19e siècle, la ville de Nantes fait l’objet de nombreux travaux de terrassement, destinés à atténuer les pentes et à exhausser les quais. Ainsi, la création de nouvelles rues s’accompagne presque systématiquement de leur abaissement et le secteur d’intervention de ce diagnostic, pourtant excentré, s’insère parfaitement dans ce schéma général.

Direction du Patrimoine et de l’Archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole
2013

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Rédaction d'article :

Christian Le Boulaire ,  Karine Prêtre

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