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Nantes la bien chantée : Partant pour l'Amérique Fédération des amicales de Boule Nantaise

2005

Fabricants de cycles


La Cité des ducs a joué un rôle important dans le développement de l’industrie des cycles français avec des marques emblématiques depuis la fin du 19e siècle. Après un passage à vide dans les années 1970, un certain renouveau surfe sur le retour en forme de ce moyen de déplacement plus moderne que jamais.

Historique d’un moyen de transport révolutionnaire

L’ancêtre du vélo est le célérifère, imaginé par un Français en 1791. En 1817 est créée la draisienne, une version perfectionnée du célérifère dotée d’un guidon et d’une roue avant indépendante. Tout au long du 19e siècle, les fabricants cherchent constamment à améliorer le confort, la sécurité et la vitesse des cycles. En 1861, Michaux fixe des pédales sur la roue avant et met au point un système de freinage dénommée la Michaudine. En conséquence, la roue avant prend de l’ampleur pour augmenter la vitesse de déplacement. Dans les années 1869-1870, deux nouvelles innovations accroissent le confort des cycles : la selle sur ressort est créée et le cercle de fer entourant les roues est remplacé par un bandage en caoutchouc plein. C’est à cette époque qu’un négociant nantais,  Émile Viarengo de Forville, élabore le premier vélo pour dame.

La chaîne de transmission arrive en 1868. La conception du premier changement de vitesse en 1885 par Peugeot, suivi du pneumatique en 1891, marquent des étapes importantes. Par la suite, les frères Michelin imaginent la chambre à air démontable, puis le dérailleur apparaît en 1895. En 1928 est commercialisé le premier vélo pliant. Il existe alors à Nantes à cette période une quarantaine de marques de vélo différentes, parmi lesquelles figurent Ninon, Syphax, Émeraude, La Levrette, Celtic, Sole Mio ou encore Denjean. Au début des années 1960, les BMX et le VTT renouvellent les usages à partir des États-Unis. Dans les années 1970, les équipementiers français Simplex et Huret dominent le marché du dérailleur, ce qui permet aux trois principales entreprises françaises Motobécane, Gitane et Peugeot de se placer parmi les leaders mondiaux avec les Italiens. Très tôt, le bi est décliné en différentes versions, soit en tri, soit motorisé ce qui nous amène au succès actuel du vélo électrique. La bicyclette devient autant un moyen de liaison pour l’armée ou La Poste, utilisé par la plupart des livreurs, qu’un loisir populaire et un sport mondialisé. Une fiscalité appliquée aux vélos voit le jour dès 1893 et perdure jusqu’à 1958 avec comme objectif d’améliorer les routes.

Les Cycles Phébus, le pionnier (1889-1907)

Eugène Underberg (1854-1931) et Auguste Lucas dirigent une entreprise de camionnage à Angers depuis 1868 qui couvre le grand ouest. Ils décident d’investir dans les nouveaux moyens de transport comme les cycles avec et sans moteur et dans l’industrie automobile. Ils déposent la marque Phébus le 11 juin 1889 et s’installent au 6 rue de Coulmier à Nantes. Ils aménagent une piste de course (vélodrome) pour les essais des nouveaux modèles. En 1895, ils ont déjà 82 ouvriers, un dépôt place Royale et des bureaux au 3 rue Copernic à Nantes ainsi qu’un magasin de vente au 30 avenue de la Grande Armée à Paris.

En 1897, ils déposent des brevets perfectionnant les caoutchoucs pneumatiques « Nivet » et les jantes, puis, l’année suivante, apparaît un tricycle motorisé. Entre temps, ils s’associent avec le fabricant parisien de la marque Gladiator qui prend les rênes à partir de 1907 de l’activité cycle afin que les fondateurs précurseurs se concentrent sur le marché automobile très prometteur.

La saga Briest

À partir d’un atelier de serrurerie tenu par Pierre Briest dans le quartier du Marchix, ses trois fils écrivent une belle page d’innovation en lançant un vélocipède en 1890, puis en déposant un brevet sur une nouvelle chaîne trois ans plus tard. La société Eugène Briest et frères commence à motoriser un bicycle à pétrole, puis passe au tricycle et au quadricycle, ancêtre de nos voitures actuelles. En 1898, ils lancent un omnibus qui est remarqué à l’occasion des premiers salons automobiles. Plusieurs brevets sont déposés jusqu’à la reprise par la société Defontaine en 1930.

Les Cycles Petit-Breton, la légende (1920-1971)

Lucien Mazan (1882-1917), originaire de Plessé, prend le nom de Petit-Breton pour ses courses cyclistes. Il remporte le Tour de France en 1907 et 1908 et devient très populaire mais décède pendant la guerre en 1917. Sa veuve dépose la marque Petit-Breton en 1920 pour se lancer dans la fabrication de vélos au 2 rue des Olivettes. Un autre atelier ouvre au 7 rue Sevigné. Pierre Lodénos, marchand de cycles à Cholet, reprend la marque en 1924 et déménage les ateliers au 2 et 3 rue de Bitche et au 13 rue de Fleurus en 1927 dans les ateliers de la confiture « La Charmeuse ». L’entreprise emploie jusqu’à 150 ouvriers et produit plus de 20 000 vélos par an. 

Son fis Pierre reprend les rênes de l’affaire en 1964 jusqu’à la fermeture en 1971. Le vélodrome de Nantes-Durantière est baptisé Petit-Breton en 1924, en hommage à l’une des premières légendes de l’histoire du vélo.

La renaissance de l’industrie du cycle à Nantes

Depuis plusieurs années, le retour de la pratique du vélo suscite la création de plusieurs entreprises qui ont comme point commun d’être innovantes tout en prenant des chemins différents. Ainsi, Robin Cojean ressuscite la marque « Petit-Breton » en 2020 en s’associant à la famille des anciens dirigeants de la société. À partir d’un savoir-faire issu de l’aviation, il fabrique des cadres sur mesure en fibre de carbone. 

Reine Bike a aussi été fondée à Nantes en 2020 par Stéphane Grégoire. Son concept est de renouveler l’usage du vélo en surfant sur l’assistance électrique ainsi que sur les nouvelles technologies. Il apporte une sécurité, un confort et une connectivité alliés à un design néo-rétro. Ils ont été labellisés « French tech » et font assembler leurs montures par Arcades cycles en Vendée.

Arnaud Biette
Conservatoire de l’Industrie de l’Estuaire et de la Loire
2021

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En savoir plus

Webographie

L'histoire de l'invention du vélo par le service Archives de l'Institut national de la propriété industrielle 

Catalogue de l’exposition « Dans la roue de la petite reine » par le Conservatoire de l’Industrie de l’Estuaire et de la Loire

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Tags

Activité industrielle Industriel Mode de transport Sport

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Rédaction d'article :

Arnaud Biette

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