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Chimie

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L’industrie chimique à Nantes s’est organisée autour de la transformation des matières brutes importées par le port : traiter les toiles écrues pour fabriquer les indiennes, raffiner le sucre en provenance des Antilles puis de La Réunion, fabriquer les engrais pour amender les terres acides de l’Ouest, transformer en savons les huiles tropicales et beaucoup plus récemment cracker le pétrole arrivant des pays d’Orient.

Affiche proposant un cours public et gratuit de chimie élémentaire par la mairie de Nantes

Affiche proposant un cours public et gratuit de chimie élémentaire par la mairie de Nantes

Date du document : 10-10-1853

Pour cela, il est nécessaire de disposer de grandes quantités de produits de base, comme la soude (ou alcali) ou l’acide vitriolique (acide sulfurique). Pour la fabrication de la soude à partir du sel, Nantes bénéficie de la proximité des marais salants de Guérande ; à la fin du 18e siècle, l’industriel Athénas, installé au Croisic puis à Bouguenais, est ainsi le promoteur inventif d’innovations scientifiques et économiques. Cette filière décline avec la fin du commerce triangulaire et de l’industrie textile locale.Nantes est aussi à partir du milieu du 19e siècle, un centre de production d’acide sulfurique pour la fabrication des engrais, à partir de la pyrite de fer importée.

D’abord groupées autour du port et de la voie ferrée pour des raisons évidentes de logistique, ces activités ont migré vers l’estuaire (les engrais à Montoir, la pétrochimie à Donges), pour bénéficier de l’accès à des navires à fort tirant d’eau. Une partie de ces industries a disparu ou a été délocalisée ; Nantes en effet n’a pas pris le tournant des ports comme Marseille ou Dunkerque autour desquels se sont développées des filières industrielles complètes, allant de la synthèse des produits de base (ammoniac, acide sulfurique, produits pétroliers) aux produits très sophistiqués (insecticides, médicaments, peintures…).

La chimie est cependant présente par la recherche, puisque, à partir des années 1960, dans la nouvelle université de Nantes, sous l’impulsion de personnalités comme Jean Rouxel, des laboratoires de chimie se sont développés et ont acquis une visibilité internationale (chimie des matériaux, chimie fine…). On peut voir dans ces innovations une manière de renouer avec une ancienne tradition, celle d’Ange Guépin, au 19e siècle : sa chaire de chimie à la faculté de médecine et son cours gratuit de chimie appliqué aux arts industriels.

Comme par le passé, la recherche peut être source d’innovation et de nouvelles aventures industrielles : par exemple, la résonance magnétique nucléaire appliquée par un laboratoire nantais à la recherche d’indices de chaptalisation dans les vins, a conduit à la création d’Eurofins, sur le site de la Géraudière. Cette entreprise est devenue l’un des leaders mondiaux dans la bioanalyse des produits alimentaires ou des médicaments. Le sucre a souvent été lié à la richesse de Nantes : dans le passé pour le produire, et aujourd’hui pour le traquer dans un de ses fleurons, le muscadet.

Bernard Remaud
Extrait du Dictionnaire de Nantes
(droits d'auteur réservés)
2018

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Bernard Remaud

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