Le dessous des sols : rue des Vieilles Douves
Résistants

Enseigne réputée, dont les nombreuses succursales, disséminées dans toute la ville, ont marqué le quotidien des Nantais, la société Docks de l’Ouest a choisi, dès sa création, le quartier des Ponts pour installer son siège social et une partie de ses entrepôts.

Magasin des Docks de l'Ouest, rue Amiral Duchaffault

Magasin des Docks de l'Ouest, rue Amiral Duchaffault

Date du document : années 1930

Une nouvelle chaîne de distribution alimentaire

Affaire typiquement nantaise et première chaîne de distribution alimentaire de Bretagne, les Docks de l’Ouest ont été fondés en 1906 par François Boya, un négociant nantais. L’entreprise a pour objet : « L’achat, la fabrication, la vente en gros ou au détail à Nantes et dans les localités de Loire-Inférieure et des départements voisins de tous les articles courants, de consommation et fournitures indispensables et journalières du ménage, c’est-à-dire épicerie, droguerie, vins, liqueurs, mercerie, bonneterie, chaussures et de tous les autres produits dont l’addition aux premiers serait décidée par le conseil d’administration. »

Son siège social est fixé rue Michel-Rocher (dans sa partie prolongée sur la Prairie de Biesse). Un entrepôt est ouvert à Nantes et à Brest, ainsi qu’une biscuiterie, rue Dorgère. En 1919, l’enseigne agrandit ses locaux, situés entre le quai Dumont-d’Urville (actuel boulevard Gaston-Doumergue) et le boulevard Vincent-Gâche, en confiant aux architectes Francis Leray et André Chauvet la conception des bâtiments destinés aux bureaux de l’entreprise, ainsi qu’aux locaux pour les actions sociales en faveur du personnel. En 1923, près de 400 personnes travaillent sur le site.

Biscuiterie des Docks de l’Ouest, boulevard Babin Chevaye

Biscuiterie des Docks de l’Ouest, boulevard Babin Chevaye

Date du document : 28-05-1947

Les années de croissance et la fermeture

En 1933, à la faveur d’une fusion avec la Société vinicole de Bretagne, l’entreprise change de nom et devient : Docks de l’Ouest, société nouvelle d’alimentation et d’approvisionnement. À cette date, les locaux s’étendent sur une superficie de près de 24 000 m² et comprennent : « Un grand bâtiment à usage de bureaux, un hall de départ avec quai bordant une voie ferrée, aboutissement d’un embranchement particulier, magasins d’entrepôt de marchandises, d’épicerie, de mercerie, et articles de ménage divers, magasin d’entrepôt de liquides, de vaisselle et d’essence, hangars d’emballage, sacherie, ateliers de peinture, menuiserie, forge, garages, écuries. » Le réseau des succursales s’étend progressivement sur dix départements de l’Ouest de la France : 58 magasins en 1907, 252 en 1914, 365 en 1921 et 545 en 1939.

Bâtiment du siège des Docks de l'Ouest, quai Durmont-d'Urville

Bâtiment du siège des Docks de l'Ouest, quai Durmont-d'Urville

Date du document : 1981


Les entrepôts de Nantes sont reconstruits en 1957, deux ans après le rachat du réseau Les Bons produits. Mais l’heure est à la grande distribution et au libre-service dans les rayons. Les Docks de l’Ouest s’adaptent en créant des magasins de grande dimension et fusionnent en 1966 avec les Docks Rémois qui imposent les enseignes Familistère, Famy et Famiprix. La société est intégrée au groupe Radar en 1974, mais le virage de la grande distribution est manqué face à l’avancée des autres chaînes de distribution nationales. En 1985, les Docks de l’Ouest ne comptent plus que 174 magasins composés de 128 succursales, 29 supérettes et 17 supermarchés. Les déficits s’accumulent et le 15 octobre 1985, le comité central de l’entreprise entérine la fermeture du siège social et de l’entrepôt nantais où travaillent 150 personnes.

Un site dévolu au activités tertiaires

Jusqu’en 1989, l’imposant bâtiment Radar-Docks de l’Ouest bordant la Loire le long du boulevard Gaston-Doumergue, respire la puissance d’un entre-deux-guerres glorieux. Mais derrière la façade se cache un entrepôt vétuste avec trois niveaux qui ne sont plus adaptés aux contingences de la distribution moderne. En 1987, la société OCODIM, propriétaire des lieux, est autorisée à lotir l’ensemble du site.

La volonté de réaliser un programme mixte associant logements, activités tertiaires et commerciales, afin de créer un véritable quartier, est affichée. Le site voisin, occupé par le fabricant de pneus Kléber-Colombes, est acheté afin de prolonger le lotissement jusqu’au boulevard des Martyrs-Nantais-de-la-Résistance.

Boulevard Gaston-Doumergue

Boulevard Gaston-Doumergue

Date du document : 04-04-2021

L’aménagement est finalement entièrement dévolu au tertiaire. Ainsi, en 1989, les entrepôts de Radar-Docks de l’Ouest et de Kléber-Colombes sont rasés, ce qui ne manque pas d’attirer la convoitise des promoteurs… Le terrain Klébler est dévolu au Colombia, un immeuble de bureau, ainsi qu’à un hôtel de standing. Le terrain Radar est, quant à lui, entièrement investi par le promoteur rennais Claude Giboire. Scindé en deux par l’ouverture d’une nouvelle voie, l’aménagement de la partie orientale prévoit un ensemble de cinq bâtiments, baptisé « Bretagne Atlantique ».

Archives de Nantes
2020

En savoir plus

Bibliographie

Archives de Nantes, Le quartier des Ponts, coll. Quartiers, à vos mémoires, Nantes, 2021

Rochcongar, Yves, Capitaines d'industrie au XXe siècle, éd. Coiffard, Nantes, 2018

Bellet, Yvette, Les Docks de l'Ouest, Le Cartophile du Pays Nantais, 2019

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Vincent Gâche

Quartier industriel de la prairie de Biesse

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Rédaction d'article :

Nathalie Barré

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