Jean Rigollet (Saint-Lumine-de-Coutais 1931 - Nantes 1955)
École Ampère

L'ancienne chocolaterie Amieux située dans le haut de Chantenay a été en activité jusqu'en 1955. Devenue un temps centre de formation de l'AFPA, elle a été démolie en 1988. Retour sur son histoire.

Vue aérienne de la chocolaterie Amieux, entre les rues des Renardières, Paul-Bert et actuelle Docteur Maryvonne-Pouzin-Malègue

Vue aérienne de la chocolaterie Amieux, entre les rues des Renardières, Paul-Bert et actuelle Docteur Maryvonne-Pouzin-Malègue

Date du document : 1923

Avant de venir s’installer à Nantes en 1856, la Maison Amieux et Carraud est créée à Rennes en 1851 par Maurice Amieux, fils d’un aubergiste des Alpes, et son gendre. L’entreprise se spécialise dans les conserves de petits pois puis dans les sardines en créant à Etel une « fricasserie ». En 1866, deux des fils de Maurice Amieux fondent la société Amieux Frères dont le développement est rapide puisqu’en 1878, l’entreprise possède cinq usines implantées en Bretagne et en Vendée.

Etablie dans un premier temps rue Haudaudine, la maison Amieux ouvre une usine, en 1880, au 25 de la rue Chevreul. Cette implantation dans le bas de Chantenay est liée à la proximité des lieux de cultures maraîchères alors en nombre important dans l’ouest de Nantes. 

Une grande entreprise nantaise de l'agroalimentaire

En 1908, malgré la grande crise sardinière qui sévit depuis six ans, Amieux poursuit son expansion et produit dix-huit millions de boîtes de conserves dans onze usines qui emploient quatre mille ouvriers. En 1924, parmi les seize sites de l’entreprise, quatre sont localisés à Nantes : une conserverie et moutarderie à Chantenay, une conserverie à Roche Maurice, une confiturerie construite rue Chevreul en 1914 et enfin, une chocolaterie ouverte en 1921 dans les locaux de leur fabrique de boîtes métalliques rue Paul-Bert, en face de l’hôpital Laënnec.

Dessin publicitaire de la chocolaterie Amieux

Dessin publicitaire de la chocolaterie Amieux

Date du document : 1923

La fin de la Maison Amieux

L’entreprise familiale poursuit la diversification de ses productions alimentaires jusqu’aux années 1960 avant de disparaître en 1967 quand la CANA, la coopérative agricole d’Ancenis, rachète 85 % du capital Amieux. En 1973, la CANA cède à son tour Amieux à Buitoni qui ferme les usines mais conserve la marque.

Locaux de l’Association pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA), rue Paul-Bert

Locaux de l’Association pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA), rue Paul-Bert

Date du document : 22-11-2010

La chocolaterie après 1955 : nouveaux usages, friche et démolition

Dès 1955, le site de la chocolaterie est cédé à l’Association pour la Formation Professionnelle des Adultes qui ouvre un internat et un atelier de formation pour les métiers du bâtiment et des métaux. En 1973, l’association délaisse la rue Paul-Bert et s’installe à la Rivaudière dans la commune de Saint-Herblain. Le site, vétuste, est alors squatté et il faut attendre 1988 pour que l’AFPA, toujours propriétaire des lieux, entame un programme de démolition et de réhabilitation en vue d’y installer ses bureaux. Ce programme est confié au cabinet d’architecte « 3A », concepteur de l’Hôtel de Région à Nantes. Au mois d’août 1988, les bulldozers effacent définitivement du paysage les traces de l’ancienne chocolaterie Amieux.

Archives de Nantes
2011


Témoignage : Au service de la paye

« En 1948, ma mère travaillait aux conserves Amieux, rue Chevreul depuis huit ans. Elle avait entendu dire que pour les fêtes de Noël la chocolaterie Amieux embauchait pour faire les bonbons de chocolat. Je me suis donc présentée et j’ai été embauchée....

Témoignage : ...puis des relations publiques

Quand j’ai pris un petit peu d’âge, j’ai fait visiter l’usine à des groupes. C’était plutôt amusant. Quand les fèves de chocolat étaient torréfiées et broyées, on laissait les personnes goûter l’espèce de pâte très épaisse qui sortait du broyeur. Ce n’était...

Témoignage : Un savoir-faire artisanal

C’était une chocolaterie très artisanale, presque tout était fait à la main à partir de matières premières de très bonne qualité. Il y avait quand même des machines : des broyeuses pour broyer les fèves de cacao et des machines pour faire les pâtes. Une...

Témoignage : Le plein boom de Noël

L’hiver, il y avait à peu près soixante-dix personnes qui travaillaient dans l’usine. La pleine saison durait trois mois au moment des fêtes de Noël. C’était surtout des femmes pour la manutention, pour mettre les chocolats en boîtes. Par contre pour...

Témoignage : Connue dans toute la France

On vendait dans toute la France. Des représentants allaient chez les pâtissiers–confiseurs pour prendre les commandes et ils nous envoyaient les bons. Un monsieur préparait les colis et un autre les portait à la poste avec une vieille camionnette. On...

Témoignage : Comme les cailloux du Petit-Poucet

« L’entrée principale de la chocolaterie était rue Paul Bert et l’entrepôt donnait sur le chemin des Renardières. Quand on allait à l’école, on passait par-là et il y avait toujours des camions qui livraient des gros sacs de fèves de cacao. Comme il y...


En savoir plus

Bibliographie

Archives municipales de Nantes, De la Contrie à la Durantière, Ville de Nantes, Nantes, 2011 (coll. Quartiers à vos mémoires)

Origine et développement de la Maison Amieux – Frères, Nantes – Chantenay, brochure publicitaire, A. Draeger impr., Nantes, vers 1930

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Amieux

Chocolat

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Nathalie Barré

Témoignage :

Gisèle Braban, Lucie Lanoë

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