Le dessous des sols : ZAC du Pré Gauchet – Îlot 6
Ligne des ponts : histoire et architecture (1/4)

Ancien pont de Belle-Croix

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Le pont de la Belle-Croix tient son nom de la croix ouvragée qui se trouvait sur son parapet. Il fut brièvement renommé pont d’Orient pendant la période révolutionnaire.  Ce pont permettait de relier l’île Feydeau à l’île Gloriette. Il faisait partie de la première ligne de pont qui fut longtemps la seule voie pour traverser la Loire à Nantes.

Il est impossible de dater la construction du premier pont de la Belle-Croix. On sait qu’à l’origine c’était un ouvrage en bois. Renversé par les glaces en 1475, il semble être ensuite reconstruit au moins partiellement en pierre, comme en témoigne les comptes des miseurs des années 1495 à 1497 qui évoquent l’achat de « deux chalandées de pierre de masonnage pour les voutes du pont de la Belle-Crouez et pour les banchaulx ». Cependant l’état des lieux des ponts de Nantes réalisé suite à la grande crue de 1711 mentionne « les poutres » et « les madriers » du « pont de bois de la Belle-Croix ».

Ce pont était constitué de 8 arches. Il fut par plusieurs fois réparé ou modifié mais ne s’écroula jamais. Le pont était probablement constitué d’un tablier en bois pavé qui reposait sur des piles en pierre de grison protégées par des risbermes et des avant-becs.

Vue prise du quai de l'Hôpital

Vue prise du quai de l'Hôpital

Date du document : 1842

En 1799 l’administration centrale de la Loire-Inférieure fait le constat que le pont est très dégradé, que de grosses réparations sont à prévoir et qu’il faudrait l’élargir pour faire face à l’augmentation de la circulation. La question de sa démolition s’est alors posée. Le citoyen Fourmy proposa en mars 1801 un projet de reconstruction du pont de la Belle-Croix. Il projeta l’édification d’un pont à deux arches et une pile centrale qui devait faciliter la navigation dans le bras de l’Hôpital. C’est dans cet objectif que le préfet ordonna par l’arrêté du 8 fructidor an X (26 août 1802) l’évacuation des maisons construites sur le pont par la ville autour des années 1620. Un moulin, nommé moulin Groignard, ou Grognard, était également installé sur le pont et en marquait l’entrée nord.

Faute de moyen le pont n’est finalement pas démoli et en 1840 lors de travaux de réfection il fut élargi. Mais les marins et les négociants de la ville continuaient de se plaindre de la gêne occasionnée à la navigation par les piles massives du pont de la Belle-Croix. Un projet de nouveau pont fut alors mis à l’étude. Le 22 novembre 1858 une enquête d’utilité publique sur le projet de reconstruction du pont de la Belle-Croix et de Pirmil dans la traversée de Nantes par la route impériale n°123 est lancée. Au cours de l’année 1859 la nécessité de faire des travaux se fait de plus en plus pressante. Le projet de reconstruction finit par recevoir l’avis favorable de la municipalité. Le nouveau pont est achevé en 1864.

Pont de Belle-Croix

Pont de Belle-Croix

Date du document : 1878

Ce pont en maçonnerie était composé de cinq arches et quatre piles. Il disposait d’un garde-corps en fonte. Le pont était éclairé grâce à 4 candélabres, également en fonte, qui portaient les insignes du 2nd Empire. La ville fera supprimer les initiales de Napoléon III au plus vite après la proclamation de la IIIe République en 1870.

Ce pont est finalement condamné par les comblements du canal St-Félix qui débutèrent en 1938. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata le pont de la Belle-Croix n’était pas encore totalement enfoui. Lors des bombardements de septembre 1943 et de juillet 1944 des Nantais pensèrent trouver refuge sous les arches du pont à moitié enfouies. Malheureusement l’édifice fut touché à plusieurs reprises par les bombes, tuant ceux qui pensaient y être à l’abri. Une cinquantaine de personnes périrent ainsi sous le pont de la Belle-Croix pendant les bombardements du 16 juillet 1944.

Archives de  Nantes
2014

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