Décrottoirs et gratte-pieds autour du cimetière Miséricorde
Pratiques agricoles à Doulon au 18e et 19e siècles

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Place du Vieux Doulon

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Peu marquée dans l’espace urbain, la place du Vieux Doulon – plus proche du carrefour routier que de l’espace urbain construit – est le résultat d’une importante transformation urbaine.

L’ancien bourg de Doulon

Sous l’Ancien Régime, aucune place n’existe au bourg de Doulon. Ce petit hameau se compose seulement d’un manoir et de quelques bâtisses éparses mais, comme il bénéficie de la présence de l’église, du presbytère et du cimetière, il est considéré depuis toujours comme le centre du village de Doulon. Cette commune à l’ouest de Nantes s’étend alors sur plus 900 hectares, et son territoire surface n’est peuplé que de petits écarts généralement composés d’une ou plusieurs fermes.

En 1891, les bâtiments du bourg de Doulon s’échelonnent le long du chemin vers Nantes. L’ancien manoir de Saint-Lô ou Saint-Laud, quelques fermes, et surtout une buvette forment le front urbain en arrière duquel l’église et le presbytère sont érigés. Cet ensemble qui ne rassemble pas plus de quelques dizaines d’habitants ne peut concurrencer la montée démographique du quartier de Toutes-Aides, limitrophe de Nantes, et son besoin d‘aménagements modernes que lui apporte la grande ville (prolongation du tramway et des réseaux de gaz). De fait, la structure de Doulon porte en elle-même les causes de son annexion par Nantes en 1908.

Plan cadastral parcellaire de la commune de Doulon

Plan cadastral parcellaire de la commune de Doulon

Date du document : 1834

Les bouleversements urbains après l’annexion

L’annexion de la commune par la Ville de Nantes va apporter de nombreuses transformations. Dans un premier temps, les habitants cherchent à améliorer les équipements de l’ancien hameau. En 1909, ils demandent l’établissement d’un pont-bascule – balance utilisée pour peser les charrettes et établir le paiement des taxes – au bourg de Doulon car ses habitants sont obligés de se rendre aux ponts de la Colinière ou de Sainte-Luce et que « l’éloignement de ces deux points cause à la population du Vieux-Doulon une perte de temps qui est très préjudiciable ». La Ville accède à cette demande et place la bascule devant la buvette Dupas, à l’embranchement des deux chemins vicinaux qui forment « une place assez vaste et accessible aux véhicules ». Elle confie au tenancier de la buvette la gérance du pont.

À cette exception près, aucun aménagement urbain n’est réalisé dans le centre : la priorité de la Ville de Nantes envers son nouveau quartier est l’aménagement de la voirie. En 1913, le service vicinal projette la modification du chemin de petite communication n°101, futur boulevard Auguste-Peneau. Le projet d’alignement permet de rectifier le chemin qui devient droit au lieu d’onduler entre les différents lieux-dits et double la largeur de la voie.

La création de ce boulevard marque l’intérêt de la Ville de Nantes à offrir une liaison facilitée et rapide entre l’ancien bourg de Doulon et le quartier de Toutes-Aides ainsi que la halte ferroviaire de Doulon pour soutenir le développement du maraîchage.

Les travaux du boulevard commencent par la partie comprise entre le carrefour des Perrines et le parc du Grand-Blottereau. Cette première tranche est achevée vers 1920. Puis, une seconde tranche est lancée en 1929 entre le bourg de Doulon et l’actuelle rue de la Croix-Rouge.

La place du Vieux Doulon

Le lancement de cette seconde tranche de travaux engendre la création de la place du Vieux-Doulon. Pour autant, ce projet n’est pas abordé du point de vue de l’espace urbain, de la circulation et de l’utilisation de la future place. Il est étudié du point de vue de la voirie : la future place est un espace entre trois voies à agrandir – le chemin de la Papotière, la rue de la Rivière et le boulevard Peneau - en grignotant des terrains agricoles. Autour de cet emplacement, aucun bâtiment édilitaire n’est bâti, aucun aménagement marquant fermement la qualité urbaine du futur espace n’est décidé : la nouvelle place du Vieux Doulon conserve juste ses quelques bâtiments longeant l’ancienne voie.

Cet état perdure jusqu’aux années 1960 lorsqu’il est décidé de faire une liaison entre la place du Vieux Doulon et la Basse-Chênaie. Le manoir Saint-Lô, élément majeur du patrimoine de Doulon, est détruit pour créer la nouvelle rue et le carrefour qui forme la place se complexifie. À la suite de ce nouveau percement, la qualité de carrefour de la place du Vieux Doulon est de plus en plus marquée.

Vue aérienne de la place du Vieux Doulon

Vue aérienne de la place du Vieux Doulon

Date du document : 1969

Ce n’est qu’au début des années 2000 que le carrefour est requalifié et qu’un espace piéton est aménagé. Il permet la tenue d’un marché hebdomadaire.

Julie Aycard
Dans le cadre de l’inventaire du patrimoine du quartier de Doulon
2021

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