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Rizerie


La consommation de riz, attestée dès le 16e siècle à Nantes, reste totalement marginale jusqu’au 19e siècle, même si elle entre dans la ration des prisonniers de l’an 2, nécessité oblige. À l’inverse, elle se banalise au début du 20e siècle, suffisamment pour entrer dans la publicité des Docks de l’Ouest et pour faire l’objet de contrôles pendant la Première Guerre mondiale.

Entre-temps est intervenue, en 1860, la création de la première rizerie industrielle, que Louis Levesque installe dans le bas de Chantenay, sur le bord du canal de Chantenay, bras artificiel de la Loire, en reconvertissant en partie l’activité paternelle de conserverie. Cette grosse entreprise – sa production annuelle atteint à son apogée 25 000 tonnes – est en outre concurrencée par plusieurs autres importateurs de produits exotiques, de la Rizerie de la Loire appartenant à Adolphe Moitié aux Rizeries indochinoises de la Madeleine, ou au Riz Caroline de la maison Carrère puis Bonnefon, au bord de la Sèvre. Le décortiquage du riz est souvent associé à la production du tapioca, un épaississant fabriqué à partir de racines de manioc, qui trouve un marché suffisant pour intéresser aussi, par exemple, la puissante maison Amieux.

Même si cette dernière production survit dans l’agglomération avec, depuis 1967, la société Tipiak, la production nantaise de riz décortiqué semble cesser après 1939, la rizerie Levesque se tournant après la guerre vers les aliments du bétail. L’activité serait donc presque anecdotique si elle n’illustrait parfaitement la notion de « port industriel et colonial ». Et elle survit aujourd’hui, très discrètement certes, à travers de nouveaux usages : les Rizeries indochinoises ont été réhabilitées en logements (et en une agence de communication) en 2004, et les locaux de la rizerie Levesque abritent les ateliers de Royal de Luxe.

Alain Croix
Extrait du Dictionnaire de Nantes
(droits d'auteur réservés)
2018

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