Dossier : Le Front populaire à Nantes

Date de publication : 01/07/2026

Le 3 mai 1936, le Front populaire remporte une victoire et éclatante lors des élections législatives. Pour la première fois dans l’histoire de la Troisième République, un gouvernement socialiste est placé à la tête du pays. Mais dans une révolution, rien ne se passe jamais comme prévu… Des centaines, puis des milliers d’usines et d’entreprises entrent en grève, faisant accélérer l’histoire sociale française à grande vitesse.


On ne peut pas comprendre les événements qui vont bouleverser la France à partir du printemps 1936 sans mesurer l’impact de la crise économique qui s’abat sur le pays depuis 1931 et de la situation internationale profondément inquiétante avec la montée des régimes fascistes en Europe.

Avec la violente crise économique qui s’installe, les ouvriers connaissent une diminution brutale de leurs conditions de travail. Certains industriels, afin de combler le manque à gagner, décident d’augmenter les cadences tout en diminuant de façon arbitraire les salaires de 30 %. La situation devient bientôt explosive avec près de 500 000 emplois ouvriers détruits. L’atmosphère du pays, déjà lourde, s’aggrave au début de l’année 1933 à la suite de l’arrivée au pouvoir en Allemagne d’Adolf Hitler. Après le fascisme en Italie avec Mussolini, l’Allemagne bascule dans le nazisme. Confronté à la montée des fascismes en Europe, la classe politique française semble impuissante tant elle est divisée.

C’est dans un contexte économique, social et politique particulièrement tendu qu’en février 1934 tout bascule lorsqu’une affaire de corruption touche le Parti radical au pouvoir. Des manifestations se déclenchent et se transforment rapidement à l’émeute et à l’insurrection le 6 février. Les ligues d’extrême droite se déchaînent et le gouvernement doit démissionner. La réaction des partis de gauche est immédiate. Le 12 février 1934, ils décident de manifester.

Manifestation de la SFIO du 12 février 1934 à Paris

Manifestation de la SFIO du 12 février 1934 à Paris

Date du document : 12/02/1934

Cette volonté d’unité et la nécessité de se mobiliser pour défendre la démocratie vont alors être porté par de nombreux Français à travers tout le pays. Si l’évolution vers l’unité n’est pas évidente au niveau national, Nantes est en avance et les sections locales des partis de gauche s’unissent rapidement dans la lutte. Il faut attendre le mois de juin 1934 pour que la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) et le Parti communiste unissent leur action sur le plan national. Puis, le 24 octobre 1934, Maurice Thorez, dirigeant emblématique du Parti communiste, suggère à Nantes, dans la Salle du Tourbillon, une alliance avec le Parti radical.

Le 14 juillet 1935, pour la première fois, militants et chefs radicaux (notamment Daladier), socialistes et communistes défilent ensemble aux côtés d'autres petits partis, syndicats et associations (CGT, CGTU, Ligue des droits de l’homme…). Près de 500 000 personnes se réunissent dans l’euphorie d’une unité retrouvée. Tous adoptent un seul mot d’ordre, inventé par Maurice Thorez : Front populaire.

Le 3 mai 1936, le désistement prévu par le pacte du Front populaire en vu du second tour va fonctionner au-delà même des espérances de la gauche. Pour la première fois dans l’histoire de la Troisième République, un gouvernement socialiste est placé à la tête du pays et Léon Blum est élu président du Conseil des ministres. Aussitôt, une importante mobilisation ouvrière se déclenche et va transformer la société française en profondeur. Léon Blum et son gouvernement du Front populaire prennent position en faveur des grévistes et de nombreuses réformes sociales sont mises en place : réduction du temps de travail de 48 à 40 heures par semaine, augmentation des salaires, liberté syndicale, contrats collectifs ou encore congés payés.

Groupe d’ouvriers pendant l’occupation de l'usine des Batignolles, 10 juin 1936

Groupe d’ouvriers pendant l’occupation de l'usine des Batignolles, 10 juin 1936

Date du document : 10/06/1936

Dans ce dossier, l’équipe de Nantes Patrimonia a réuni des articles, parcours et ressources externes évoquant cette période.

Articles thématiques : 
> Front populaire à Nantes
> Loisirs et sports à Nantes sous le Front populaire

Événements et personnalités ayant marqué cette période :
> Auguste Pageot (1884-1962), maire de Nantes
> 1936 : grèves sous le Front populaire à Nantes
> 21 février 1937 : visite de Léon Blum à Nantes

L’histoire et les mémoires du Front populaire se découvrent également en explorant la ville à travers notre carte interactive sur l’histoire des noms de rues

Du 4 juillet au 27 août 2026, retrouvez une exposition de photographies intitulée « 1936 : Une joie pure » à la Maison des Hommes et des Techniques.

Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter les articles suivant sur le site du Centre d’histoire du travail dans la collection « Fragments d’histoire sociale » :
- Nantes, le 16 avril 1934 : démocratie contre fascisme
- Nantes, 1934 : la riposte ouvrière
- Une jeunesse bouleversée par le printemps 1936
- Manufacture des tabacs, décembre 1936 : l’ombre des grèves de juin
- Nantes, 1936 : se méfier des agitateurs
- Nantes, avril 1937 : « Si le sang coule, le gouvernement est par terre... »

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