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Tour de France


Les liens de Nantes avec le Tour de France sont historiques, puisque le fondateur de la course, le marquis de Dion, est un temps député de Loire-Inférieure, et que la ville accueille une étape de l’épreuve dès sa création, en 1903. Le choix de la ville tient aussi à des raisons plus profondes : grande ville de garnison, elle se prête bien aux manifestations de ferveur patriotique chères à Dion, et l’activité cycliste y est importante, avec deux vélodromes, des clubs très actifs, et l’arrivée d’une importante course, Paris-Nantes.

L’engouement de la population pour le Tour de France explique le grand nombre des étapes du Tour à Nantes (31), et également la diversité des lieux choisis pour les départs et les arrivées, signe que l’intérêt du public est assuré quel que soit le lieu : vélodrome, sud de la Loire (Pont-Rousseau, ou route de Bordeaux), Île de Nantes (en 2000), grandes lignes droites (boulevard des Américains par exemple), côtes (celle des Dervallières à deux reprises), lieux symboliques et centraux (château, ou place Royale, lieu de départ en 1903)…

La ferveur tient pour partie à la popularité des coureurs, bien au-delà de ceux originaires de la ville (Pierre Barbotin, Paul Lemétayer, Pierre Matignon, Yvon Bertin notamment), mais aussi à des moments forts : l’arrivée de 1903 est saluée à coups de clairon, le vainqueur Maurice Garin et ses concurrents séjournent quatre jours à l’hôtel des Voyageurs, accessibles au public, une tradition dont le dernier avatar est sans doute le lancer de photos dédicacées par Louison Bobet, en 1953, depuis sa fenêtre du Central Hôtel.

La ville réussit même à faire siens des champions venus des campagnes du Pays nantais, à l’exemple de Lucien Mazan, dit Petit-Breton, dont le nom est attribué à l’un des vélodromes. Nantes est en outre lieu d’innovation, en particulier avec l’apparition en 1934 des épreuves contre la montre (entre La Roche-sur-Yon et Nantes). Et, à deux reprises, en 1957 et 1988, Nantes est le lieu de départ général de l’épreuve, avec l’animation de plusieurs jours que cela entraîne, et l’effet d’image pour la ville.

La « saga du Tour de France » n’est cependant pas aussi univoque. Entre 1910 et 1932 ainsi, le Tour ne fait plus étape à Nantes, en partie au moins parce que, en juillet, l’épreuve dérange les clients aisés des stations balnéaires : le cyclisme de compétition est un sport presque exclusivement populaire. Et les « lieux » du Tour à Nantes sont de plus en plus périphériques : parc de la Beaujoire, Petit-Port, Beaulieu, de manière à réduire les nuisances de circulation… et à éviter les innombrables ronds-points du centre-ville, de même que le Conseil général devient pour les organisateurs un partenaire aussi important que la Ville : le Tour de France est peut-être devenu une compétition rurale plus que citadine, et l’accueil des étapes intéresse peut-être plus les petites villes en quête de notoriété que les métropoles.

Jean-Noël Février
Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

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