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Stade Nantais Université Club


Le Stade Nantais Université Club est souvent associé aux heures de gloire du rugby nantais. Sa longévité exceptionnelle l’ont fait accéder au statut de club emblématique.

La création du SNUC, au début du 20e siècle

La pratique du rugby fait son apparition à Nantes à la fin du 19e siècle. Rapidement, le sport séduit un grand nombre de personnes et devient l’un des plus pratiqués de la ville. Les clubs, qui sont alors tous omnisports, ouvrent des sections de rugby mettant l’ovalie à l’honneur. Au début du 20e siècle, le rugby est le sport le plus pratiqué à Nantes. Une vingtaine d’équipes est répartie dans plusieurs clubs.

À la fin de l’année 1903, un groupe de lycéens, d’étudiants et d’ouvriers quittent le Racing Club Nantais, l’un des premiers clubs de sports athlétiques de la ville. Ils fondent ensemble le Sporting Club Universitaire Nantais (SCUN) en 1904. Le nouveau club est présidé par Marcel Pionneau, sportif dévoué qui participe à la fondation du SCUN puis qui s’engage par la suite dans l’administration du Stade nantais Université Club (SNUC). Marcel Pionneau se distingue également du milieu nantais sportif en signant de nombreuses chroniques sportives pour le journal L’Ouest-Éclair. Au SCUN, une commission de rugby est nommée dès le mois de février de la même année. Le club est omnisports et il compte également des commissions d’athlétisme, de tennis ou encore de football association, un terme ancien désignant le football. Le rugby tient néanmoins une place de choix au SCUN et le club remporte peu après sa création le Championnat de l’Atlantique de rugby réunissant les équipes de la région.

En 1907, Pascal Laporte, un Bordelais capitaine du Stade Bordelais Université Club (SBUC) qui a mené à plusieurs reprises son équipe au titre de Champion de France de rugby, s’installe à Nantes pour raisons professionnelles. Dès son arrivée, il rejoint le SCUN. La même année, il convainc le Racing Club Basse-Indre Couëron – présidé par Charles Bernard, un ancien du club parisien le Stade Français plusieurs fois champion de France – et le SCUN de fusionner. Le Stade Nantais Université Club (SNUC) naît de cette unification en 1907. Les couleurs rouge, vert et blanc sont choisies pour représenter le club, selon le blason de la ville de Nantes. Le SNUC est alors présidé par Charles Bernard tandis que Pascal Laporte est président de la commission rugby et capitaine de l’équipe première. Au SNUC, l’athlétisme, le tennis et même le football sont importants. Le rugby reste le sport phare du club. Ce dernier compte plusieurs équipes, pour chaque sport. Ainsi, jusqu’à sept équipes de rugby évoluent simultanément. Elles sont classées de la meilleure à la moins bonne, l’équipe première étant la meilleure. Les lycéens les plus talentueux, qui pratiquent au sein d’une association scolaire et du SNUC, évoluent souvent dans la troisième équipe. L’équipe des vétérans, créée par Pascal Laporte et parmi les plus anciennes de France, s’ajoute également à ce chiffre et accueille les joueurs âgés de plus d’une trentaine d’années.

La premier quart du 20e siècle : l’âge d’or du rugby au SNUC

À la présidence de la section de rugby puis du club dès 1912, Pascal Laporte va considérablement développer la pratique du ballon ovale. Il attire au SNUC d’anciens collègues bordelais et de grands joueurs internationaux. Parmi eux, Percy Bush, joueur international gallois, contribue à la renommée nationale du SNUC. Il est également le témoin de l’amitié grandissante entre Nantes et Cardiff, qui disputent de nombreux matchs de rugby dès les années 1940, actant à chaque fois la supériorité des Gallois sur le terrain. Lors de la venue du Cardiff RFC le 31 décembre 1945, deux de ses joueurs, Bleddyn Williams et Danny Davies, sont d’ailleurs faits membres à vie du SNUC. Cette rare distinction montre l’importance des relations entre les deux villes, par ailleurs jumelées en 1964.

Dans le premier quart du 20e siècle, la section rugby du SNUC est en plein essor. Ses joueurs d’exception hissent l’équipe première dans l’élite nationale. La Première Guerre mondiale vient freiner cet élan. La majorité des membres du SNUC est au front et une partie de ses jeunes joueurs, âgés de 17 ans, s’engage volontairement. La pratique continue grâce à des équipes constituées de jeunes lycéens, entraînées par l’international Jean Hélier Tilh. Leur engagement permet de maintenir la pratique et la renommée du club. En 1917, le SNUC remporte la Coupe de l’Espérance, l’équivalent du championnat de France en temps de guerre. Les Nantais gagnent le match 8 à 0 face au Stade Toulousain. Depuis, le nom du club est gravé sur le bouclier de Brennus, le trophée récompensant le vainqueur. La Première Guerre mondiale touche durement le SNUC. Une quarantaine de ses membres y périt.

En 1919, le SNUC cherche à se développer. Sous la présidence de Pascal Laporte, le club souhaite faire construire un équipement d’ampleur, dont il serait le propriétaire. Une société civile immobilière est créée, rassemblant tous les membres du club. Elle achète les terrains d’une ferme à Malville, en lisière de la ville, sur l’actuel boulevard des Anglais. En 1920, le stade de Maville est achevé. Il comprend un terrain de football, un de rugby,  une piste d’athlétisme, de grandes tribunes, plusieurs courts de tennis, ainsi qu’un fronton de pelote basque, le seul au nord de la Loire, aujourd’hui disparu. Ce nouvel équipement aide au développement des les sports pratiqués au SNUC. Le stade de Malville est gravement endommagé par les bombardements alliés des 16 et 23 septembre 1943. En 1950, le stade est renommé stade Pascal-Laporte, en l’honneur de son fondateur décédé peu de temps auparavant.

L’après Première Guerre mondiale : entre victoires et contestations

Dès les années 1920, le rugby nantais est en perte de vitesse. Pour autant, les équipes du SNUC connaissent encore de belles victoires. En 1933, face à Toulouse, les Nantais remportent le Championnat de France d’Honneur, un ancien championnat régional amateur.

Les années 1930 sont par ailleurs particulièrement difficiles pour le rugby à XV en France. Sur le terrain, les actes violents sont de plus en plus nombreux. Les accusations d’amateurisme marron, soit de professionnalisme caché à une époque où il est strictement interdit, sont importantes. Plusieurs clubs français dénoncent ces pratiques. En 1930 et 1931, quatorze clubs, dont le SNUC, font sécession de la Fédération française de rugby (FFR, fondée en 1919). Ils affirment rester fidèles à l’amateurisme et au fair play du rugby. Ensemble, ils fondent l’Union française de rugby amateur (UFRA). Dans ce contexte de remise en question du rugby français, le challenge Yves du Manoir, qui regroupe les meilleures équipes de rugby françaises, est fondé en 1931 par le journal L’Auto (aujourd’hui L’Équipe). Le challenge, portant le nom d’un regretté jeune rugbyman, est créé avec des clubs fidèles à la FFR pour promouvoir « correction et loyauté ». Le SNUC participe au challenge Yves du Manoir à plusieurs reprises et pour la première fois durant la saison 1937/1938, lors de l’inauguration du stade de Malakoff, actuel stade Marcel-Saupin à Nantes.

Le club conserve son importance. En 1939, le SNUC est le 16e meilleur club de rugby de France. Il joue en première division à plusieurs reprises dans les années 1950 et 1960. Le rugby nantais doit tout de même faire face à la concurrence du football, qui attire de plus en plus. La domination de l’ovalie est contestée.

Les autres sports du SNUC connaissent également de belles années, notamment la section tennis. L’équipe féminine est championne de France de 3e division en 1969, puis de 1ère division en 1980. L’équipe masculine est également champion de France de 3e division en 1984 et constitue l’élite nationale jusque dans les années 1990. Les autres sports pratiqués au SNUC semblent avoir moins marqué l’histoire du club et ont laissé peu de traces derrière eux.

En 2008, la section rugby du SNUC prend le nom de Stade Nantais. Depuis 2013, un éléphant apparaît sur son logo. La section de tennis existe toujours également. Les deux clubs évoluent toujours au stade Pascal-Laporte, devenu municipal en 2004.

Léa Grieu
Direction du patrimoine et de l’archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2023

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En savoir plus

Bibliographie

Bossy-Guerin Sylvie, « Le rugby au lycée », Le Tigre déconfiné, le magazine du Comité d’Histoire du lycée Clemenceau de Nantes, n°6, septembre 2020

Bossy-Guerin Sylvie, « Nantes, terre de rugby ? », Bécédia [En ligne], mis en ligne janvier 2019, [Consulté le 23 août 2023], article en ligne disponible ici

Pinson Jean-Claude, « Rugby : l’estuaire est ovale », Place publique, septembre-octobre 2007

Webographie

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Léa Grieu

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