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Pilotes auto-moto nantais


Que ce soit en rallye ou lors de courses d’endurance sur circuit, plusieurs pilotes nantais se sont illustrés en France et à l’étranger durant leur carrière sportive. Parmi eux figure Patrice Roussel, Marcel Grué et Gérard Jolivet.

Patrice Roussel

Né le 13 janvier 1963 à Nantes, Patrice Roussel débute sa carrière de pilote professionnel dans le karting. En 1984, il devient vice-champion d’Europe et membre de l’équipe de France de karting. En 1986, il est sacré champion de France de Formule Renault turbo B. Par la suite, il poursuit sa carrière dans une autre catégorie de compétition automobile, la Formule 3. À partir des années 1990, Patrice Roussel devient un spécialiste de l’endurance. Il participe à six reprises aux 24 Heures du Mans, atteignant la victoire en LMP2 en 1995 ainsi qu’une seconde place dans cette même catégorie en 2004.

Leader de l’équipe Sezio-Florida, Patrice Roussel prend part également aux compétitions automobiles américaines. Au volant d’une Norma LMP900 sous-motorisée pour les circuits américains qu’il découvre alors, il dispute les courses du Grand-Am, un ancien championnat automobile d’endurance réputé en Amérique du Nord. Entre 1999 et 2002, il participe à quatre reprises aux 24 Heures de Daytona, autre célèbre course américaine créée dans les années 1960. En 2003, l’équipe Sezio-Florida prend part aux 24 Heures du Mans.

En 1994, Patrice Roussel crée sa propre école de pilotage, Extrême Limite. Elle propose des événements et des stages de pilotage sur le circuit de Fay-de-Bretagne. Elle partage également son expertise en matière d’entretien et de rénovation de voitures de sports et de prestige, notamment lors des compétitions sur les circuits européens. Le Team Extrême Limite a ainsi participé aux 24 Heures du Mans en 2011 et en 2012.

Marcel Grué

Marcel Grué voit le jour à Nantes le 23 août 1935 à Nantes. Sa carrière de pilote débute en rallye avec une Peugeot 203, puis d’une Dauphine 1093.

En 1965, le pilote prend le volant de sa première R8 Gordini, une 1100. Cette année-là, il termine à la troisième place du Trophée des Aspirants, une course réservée au pilote débutant, derrière Jean-Claude Andruet. De la R8 1100, Marcel Grué passe à la R8 1300 et participe à la Coupe Gordini en 1967, un ancien championnat de compétition automobile qui voyait s’affronter des voitures de la marque Renault. Il y est classé trentième avec pour meilleurs résultats deux sixièmes places aux courses de Pau et à Rouen, et deux neuvièmes places à Nogaro et à Albi. Il enchaîne à la suite rallyes et courses de côte, engrangeant de nombreuses victoires de groupe et de classe. Il reste au volant de la R8 Gordini jusqu’en 1970. Dans les années 1970, Marcel Grué conduit plusieurs modèles de voiture qui lui font remporter de nombreux prix en côte et en rallye dans l’Ouest, dont une Opel Kadett en rallye ou encore la Ford Capri sur des courses internationales. Ces premiers contacts avec cette voiture le voient remporter avec Joël Bonnemaison la victoire en catégorie Tourisme aux 4 Heures du Mans 1972.

Le début des années 1980 marque un véritable âge d'or des compétitions de voiture de Tourisme. À bord d’une Ford Capri, Marcel Grué enchaîne les succès en championnat de France ou d'Europe (le Mont Dore), montrant toute la puissance de ce véhicule en course de côte.

Un nouveau pilote pour Renault

De retour en rallye, il devient le pilote de la R5 Turbo officielle Renault Ancenis. Jusqu'en 1991, Marcel Grué ne pilotera plus sa propre auto, mais celle de concessions ou de succursales en Loire-Atlantique. Mais les voitures concurrentes devenant plus puissantes, il est de plus en plus difficile pour le Nantais de s’imposer face aux autres pilotes, même avec le soutien d’un concessionnaire.

En 1985, nouveau défi ! Renault sort sa propre GTI, la R5 GT Turbo. Marcel Grué participe alors à des rallyes avec une formule monotype, c’est-à-dire qui rassemble des véhicules identiques. Il doit faire face à une concurrence féroce, constituée de rallymen expérimentés et de « petits jeunes qui montent », comme par exemple Jean-Louis Fraquet, Jacky Deborde ou un peu plus tard Philippe Bugalski. Malgré quelques prestations honorables, Marcel Grué ne parvient pas à s’imposer. Et pour cause : dans l'objectif de faire « au mieux », sa R5 GT Turbo a été confiée à un préparateur, censé être spécialiste de ce genre d'auto. Mais la préparation est un désastre, à la limite du sabotage. Le bolide est à peine conduisible, et la saison se termine sur une cabriole à Saint-Goueno. L’année suivante, nouvelle auto, cette fois-ci avec la succursale Renault de Nantes. Le programme sportif de Marcel Grué est ambitieux, avec le challenge Diac, et la plupart des rallyes du Grand Ouest. Les résultats sont au rendez-vous, avec même une qualification à la finale des rallyes. 1988 sera du même tonneau.

En 1988, Renault souhaite promouvoir son dernier produit : la R21 Turbo. Une berline puissante, concurrente de la Sierra Cosworth quatre portes, ou de la Mercedes 190E 2.3 16s. Marcel Grué se met donc au volant de la R21 Turbo, toujours avec le soutien de Renault Nantes, mais aussi ponctuellement le support technique de Renault Sport. Cette première année est marquée par plusieurs bons résultats, à la fois en rallye, circuits, et courses de côte, toujours avec cet éclectisme cher à Marcel Grué et à sa génération. En 1989, le soutien financier de la Ville de Nantes est l'occasion de monter un programme principalement axé sur le Trophée fédéral des Circuits (l'actuelle Coupe de France), qui permet à la municipalité de communiquer son dynamisme sur tous les circuits français. Malgré la rude concurrence des Ford Sierra Cosworth techniquement bien supérieures, Marcel Grué termine ces années 1980 sur une première place en groupe N au championnat.

Gérard Jolivet

En 1957, le pilote de moto Gérard Jolivet voit le jour au Mesnil-en-Vallée (Maine-et-Loire). Le jeune pilote débute la compétition de moto à ses 20 ans, d’abord avec une Suzuki vendue par un ami, puis avec une Yamaha TA125. En 1985, ce Nantais d’adoption devient pilote pour l’écurie nantaise Motorep. Il poursuit la compétition en championnat d’endurance jusqu’aux 24 Heures du Mans motos de 2006, année qui marquent l’arrêt pour lui des compétitions internationales. Néanmoins, Gérard Jolivet ne met pas fin à sa carrière et participe toujours à certaines courses, comme le Bol d’Or Classic. Il devient ensuite manager d’équipe pendant plusieurs saisons, d’abord sous la bannière de l’écurie Motorep, puis pour d’autres équipes. En 2011, sa rencontre avec le speaker officiel des 24 Heures du Mans Bruno Vandestick lui permet de devenir animateur de course à ses côtés : « Pour lui, j’étais légitime pour ce poste. Je connaissais la course, les acteurs, et eux aussi me connaissaient. » En 2015, c'est un ex-pilote et journaliste à Moto-Revue, Gilbert Roy, qui lui demande de travailler en tant que consultant pour la chaîne Eurosport.

En 2018, la carrière de pilote de Gérard Jolivet est mise à l’honneur sur le « Hall of fame » pour ses 25 participations aux 24 Heures du Mans. Entre 1982 et 2006, il est le pilote de moto ayant fait le plus grand nombre de départ de cette course mythique. Malgré ce palmarès en tant que pilote, speaker et consultant, Gérard Jolivet n’est jamais devenu un professionnel de la moto à plein temps. En 1988, il devient conducteur de bus et de tramway pour la Semitan. Il parvient à négocier un poste à temps partiel qui lui permet de garder libres ses week-ends et de profiter de ses jours de congé pour pratique son sport favori.

En 1997, le circuit du Fay-de-Bretagne s’ouvre à la course de motos. Il obtient avec la Ligue Motocycliste des Pays de la Loire des journées dédiées à l’entraînement des futurs pilotes sur ce circuit. Il forme ainsi de jeunes pilotes jusqu’en 2015.

Patrick Durand, Gérard Jolivet
2023



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En savoir plus

Bibliographie

Durand Patrick, « Figure nantaise Moto : Gérard Jolivet », AMP MAG Nantes, novembre 2023

Pages liées

Grand Prix de Nantes 1946

4 juin 1961 : les 3 Heures de Karting de Nantes

Tags

Manifestation sportive Personnalité nantaise Sport

Contributeurs

Rédaction d'article :

Patrick Durand, Gérard Jolivet

Témoignage :

Gérard Jolivet

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