Christophe-Clair Daniel de Kervégan (Nantes, 1735 - Nantes, 1817)
Interview imaginaire de Julienne David

Michel Chauty (Cholet, 1924 - Rezé, 2007)

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En devenant maire de Nantes en 1983, le sénateur Michel Chauty prend sa revanche sur les socialistes qui l’avaient évincé de la mairie de Saint-Herblain six ans plus tôt. Pendant trois mandats, de 1959 à 1977, il avait fait passer ce gros bourg rural au statut de seconde banlieue nantaise, forte de 40 000 habitants, avec notamment la construction de la Zup de Bellevue puis du Sillon de Bretagne.

 

Portrait de Michel Chauty, maire de Nantes

Portrait de Michel Chauty, maire de Nantes

Date du document : 1959-1977

Gaulliste depuis la Résistance, il n’adhère au RPR qu’en 1977. Élu, un peu par surprise, maire de Nantes dès le premier tour en mars 1983, Michel Chauty laisse dans l’histoire de cette ville deux portraits fort différents. Celle d’un maire bâtisseur à qui l’on lui doit notamment l’aménagement de l’île de Versailles, la réalisation du parking souterrain de la place du Commerce, le lancement du pont de Cheviré, de la Cité des congrès et d’Atlanpole. Mais aussi celle d’un maire intransigeant, obstiné même dans l’erreur, interrompant pendant plusieurs semaines les travaux de construction de la première ligne de tramway. En 1985, il refuse même de l’inaugurer, tout comme la médiathèque autre réalisation mise en chantier par la municipalité précédente. En supprimant les subventions à des associations culturelles créées sous le précédent mandat, il se voit affubler, par l’opposition, du quolibet de « sécateur-maire » qui va le poursuivre pendant plusieurs années.

Affiche du spectacle <i>Bas-Ventre</i>

Affiche du spectacle Bas-Ventre

Date du document : 12-1983

Sa gestion est rapidement très controversée, et pas seulement par la gauche, si bien que l’équipe municipale ne tarde pas à se déchirer. Après avoir longtemps laissé planer le doute sur une seconde candidature, Michel Chauty décide à la fin de 1987 de ne pas briguer un nouveau mandat, ce qui provoque une véritable guerre de succession dans la droite nantaise. Resté très en marge de la campagne électorale de 1989, il accueille chaleureusement son successeur à la mairie de Nantes, Jean-Marc Ayrault, douze ans après lui avoir remis les clefs de celle de Saint-Herblain. Il se retire définitivement de la vie politique à l’expiration de son mandat de sénateur en 1992.

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d’auteur réservés)

 

En savoir plus

Bibliographie

Althabe, Gérard, « Les élections municipales du 6 mars 1983 à Nantes : un diagnostic », dans Vigier, Philippe (dir.), Une histoire de la Loire, Ramsay, Paris, 1986

Besson, Alain, « Michel Chauty, ancien maire de Nantes », Place publique Nantes Saint-Nazaire, n°6, p. 104

« Chauty Michel : ancien sénateur de la Loire-Atlantique », Sénat, un site au service des citoyens [En ligne], mis à jour le 24 janvier 2020 [consulté le 24 janvier 2020], disponible ici 

Guyvarc’h, Didier, La construction de la mémoire d’une ville, Nantes, 1914-1992, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d’Ascq, 1997

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Jean Guiffan

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