Résistance aux chantiers Dubigeon
Nantes la bien chantée : Vive Saint-Julien-de-Vouvantes

Établissements de bains sur péniches

A

89


La seconde moitié du 20e siècle marque l’arrivée de l’eau courante dans les foyers. Auparavant, les cours d’eau avaient une fonction hygiénique puisqu’ils étaient nécessaires pour se laver et laver le linge. Ainsi, à partir de la fin du 18e siècle, les bains publics se développent sur la Loire pour répondre aux besoins des habitants de Nantes et de ses alentours.

Les premiers bains publics

Aucune documentation sur l’utilisation hygiénique de la Loire n’apparaît dans les archives avant la fin du 18e siècle. C’est vers 1770 que les premières défenses et interdictions de se baigner dans la Loire apparaissent pour limiter le nombre de noyés. Il semble donc qu’à cette époque la pratique était régulière. En parallèle de l’interdiction des bains dans le fleuve, la Ville autorise la création des premiers bains publics. Cet établissement ouvert en 1771 est situé à l’emplacement du moulin Grognard à l'entrée du pont de la Belle-Croix. Il est dirigé par Claude-Gabriel Jourdain qui a été garçon au château des Tuileries pendant vingt-quatre ans. Gênant la navigation, ce premier bâtiment est détruit en 1800 et déplacé au musoir occidental de l’île Feydeau où il reste jusqu’en 1867.

D’autres bains « en dur » sont construits dans la seconde moitié du 19e siècle. En 1860, les premiers bains publics sont construits quai Baco. Ils sont alimentés par l’eau de la Loire, puisée et filtrée par la prise d’eau de Richebourg.

Le développement des bains sur péniche

Utilisant également l’eau de la Loire, des établissements de bains sur péniches commencent également à s’amarrer le long des berges et des quais durant la première moitié du 19e siècle. Dès 1811, Samuel Steinner « garçon baigneur, demeurant île Feydeau » est autorisé à établir « un bateau de bains (bains chauds) dans le canal Saint-Félix à la cale qui fait face à la rue Duguesclin ».

Portique d'entrée pour le bain Steiner

Portique d'entrée pour le bain Steiner

Date du document : 1839

La construction d’un escalier au milieu de la cale est demandée pour permettre l’entrée dans les bains. Ces bateaux, à l’intérieur cossu, proposent à une clientèle aisée des salles de bains individuelles pourvues de baignoires. Celles-ci sont alimentées par de l’eau pompée dans la Loire, filtrée et chauffée par l’établissement. Une fois usagée, l’eau est rejetée dans le fleuve.

Sur le quai, les établissements, tels que les Bains nantais, se signalent souvent par des portails ouvragés en bois et ont une architecture qui imite les constructions terrestres avec des murs percés de larges baies, des toits couverts de tuiles ou d’ardoises. Jouxtant les espaces de travail dévolus aux navires marchands, leur présence est vécue comme une gêne par les autorités du port.

Quai Turenne, les bains nantais

Quai Turenne, les bains nantais

Date du document : 1887

Si les Bains nantais se maintiennent jusqu’au début du 20e siècle, la majeure partie des bains sur péniche disparaît avec la construction de bains-douches municipaux disséminés dans toute la ville durant la seconde moitié du 20e siècle.

Direction du patrimoine et de l'archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole ; Service du Patrimoine, Inventaire général, Région Pays de la Loire
Inventaire du patrimoine des Rives de Loire
2021

Aucune proposition d'enrichissement pour l'article n'a été validée pour l'instant.