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L’électricité exerce sur la ville une influence déterminante : éclairant les rues et les espaces publics, elle permet un développement de la vie urbaine nocturne ; fournissant une énergie abondante, elle autorise la construction en hauteur et l’extension de la zone urbaine grâce aux transports collectifs ; elle modifiera demain la présence des voitures comme elle a renouvelé la publicité. Mais son histoire est aussi celle des lieux de production et de leur diversification récente.

Les lumières de la ville

En un siècle, l’électricité a généralisé la lumière, le téléphone, la radio, les appareils électroménagers puis les ordinateurs à quasiment tous les foyers, elle a même entrepris de vouloir les chauffer dans une perspective de « tout électrique ». Elle distribue la puissance indispensable aux tramways nantais électrifiés à partir de 1911. Elle s’associe aux matchs en nocturne que joue le FC Nantes au stade Marcel Saupin.
Elle permet la desserte des immeubles de grande hauteur telle la tour Bretagne, symbole nantais des années 1970. Elle alimente les feux réglant la circulation et de nombreux éléments du mobilier urbain qui généralise la présence de la publicité urbaine dans les années 1980. Elle devient même tellement présente en ville qu’un Plan Lumière est mis en œuvre dans les années 2000 par la municipalité pour abaisser le niveau d’éclairement des rues du centre ville. L’aménagement de l’Île de Nantes décline l’usage de la lumière : différents niveaux de luminosité sur le boulevard du Général de Gaulle, mise en valeur des deux nouveaux ponts sur la Loire, signature de l’identité nantaise avec Les Anneaux de Daniel Buren.

 

Des débuts vacillants

Cette abondance fait oublier que son histoire est récente. À Nantes comme ailleurs l’électricité « naît » dans la rue : elle devient une source d’énergie alternative au gaz pour l’éclairage public lorsque la dynamo est couplée à une turbine à vapeur (1884). Alimentant en courant continu l’éclairage des rues, des cafés (dont le Continental qui est le troisième « abonné ») et des boutiques des quartiers Graslin et Calvaire, une première centrale au charbon est construite fin 1891, rue Sully, une seconde en 1902, rue Lamoricière. Symbole public de cette évolution : le théâtre Graslin adopte l’électricité en 1891. Pourtant le développement reste lent : en 1901, Nantes compte 700 abonnés seulement.

Pose des lignes électriques

Pose des lignes électriques

Date du document : années 1920

L'ère des centrales électriques

Dès lors l’emploi de l’électricité se généralise, ce qui nécessite la création d’usines importantes qui, à l’image de celle de Chantenay (en service de 1913 à 1964 et d’une puissance de plus de 15MW), se rapprochent des fleuves pour être alimentées en charbon. La plus emblématique des centrales nantaises reste cependant celle de Cheviré, mise en service en 1953, mais détrônée à partir de 1970 par celle de Cordemais.
Le courant continu ne pouvant être transporté sur de longues distances, il est remplacé par le courant alternatif : il est désormais possible de le transporter loin et à des tensions très élevées, puis de le distribuer en abaissant par étapes sa tension jusqu’aux 220 volts.

La première centrale de Nantes, quai Sully

La première centrale de Nantes, quai Sully

Date du document : sans date

L’interconnexion des réseaux assure désormais l’essentiel de l’alimentation, mais ces édifices ont symbolisé la primauté de l’électricité. Ils en restent le symbole même si, aujourd’hui, de petites centrales solaires savent se nicher sur le toit terrasse du centre commercial de Beaulieu et si des projets futuristes invitent les éoliennes à s’implanter en centre-ville.

 

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2013
(droits d'auteur réservés)

En savoir plus

Bibliographie

Archives municipales de Nantes, Macé, François, Le centenaire de l’électricité à Nantes : les rapports entre l’administration municipale et la Société nantaise d’éclairage et de force par l’électricité (1891-1914), Ville de Nantes, Nantes, 1991

Energies en Bretagne et Pays de Loire : l'actualité d'un héritage, Région des Pays de la Loire, Nantes, 2012

Garnier, Hélène, « Les usines de production d'électricité 19e-20e siècles », L'archéologie industrielle en France, n°41 (Nantes, un modèle ?), décembre 2002, p. 40-45

Groupe de recherches historiques de la centrale de Cheviré, Une centrale et ses hommes : histoire de Cheviré (1953-1986), Ed. ACL, Saint-Sébastien-sur-Loire, 1987

Sauban, René, Des ateliers de lumière : histoire de la distribution du gaz et de l'électricité en Loire-Atlantique, Université de Nantes, Université Inter-Ages, Nantes, 1992

Webographie

Brève histoire de l'électricité en Loire-Atlantique par l'association E+PI

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Patrimoine industriel

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Rédaction d'article :

Bernard Remaud

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