Julienne David (1777 – 1843)
A. & L. Guillouard

A

250

Église Saint-Michel

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Situé aux abords du quartier de Bellevue alors en plein essor, à l'emplacement d'un premier édifice provisoire, le centre religieux Saint-Michel est construit par l’architecte Georges Evano en 1965. Dans un style moderne et dépouillé, en écho aux principes architecturaux énoncés dans la revue Art sacré, l’architecture de cette église reflète le courant réformiste catholique de l'époque.

Une église issue du mouvement moderniste

Le programme édicté est clair : « Vous vous inspirerez de Saint-Julien-le-Pauvre : un bâtiment modeste dans un square, sur un grand boulevard ; un bâtiment modeste, mais beau. Un temple ? - Sûrement non ! Une église ? - Peut-être... « Ecclesia » signifie un lieu de réunion. Il n'y sera célébré que la "messe de Saint-Justin" en fait de liturgie ; mais il pourra y être célébré d'autres rencontres, des rencontres profanes même à l'occasion. En tous les cas, il faudra y faire les catéchismes pour peut-être 800 enfants. De toute manière, il faudra pouvoir y faire asseoir 800 personnes. Il y aura une habitation modeste, style "gardien du square". Le tout ne devra pas dépasser 800 mètres carrés au sol, parce que la construction se paie au mètre carré. Cela fera 500 000 francs, tout, compris. » L'édifice se doit donc d'être sobre, intégré à la vie de la cité, polyvalent. Il s'agit pour Nantes de la première expérience d'église polyvalente, ouverte à des activités laïques en semaine et hors des offices. À la même époque, Pierre Pinsard dessine l'église Saint-Luc du Breil, selon les mêmes principes.

Eglise Saint-Julien-Le-Pauvre.

Eglise Saint-Julien-Le-Pauvre.

Date du document :

À cette époque, le diocèse de Nantes se distingue par ses expérimentations innovantes qui dépassent le seul cadre architectural, pour toucher plus généralement la question financière. Il faut construire vite et à moindres frais. Aussi dès 1955, la gestion des projets de construction d'églises est revue au profit d'une association initiée par quatre prêtres nantais et le vicaire général de Nantes, l'Association des Centres Religieux, qui permet de mettre en commun les ressources financières et d'assurer le suivi des chantiers de construction. Il s'agit aussi, aux yeux du diocèse, de mettre en pratique le précepte de Jean XXIII de « socialisation », redonnant à l’Église sa vocation première de solidarité et de pauvreté. À ce titre, les bâtiments à construire sont pensés dans un style sobre et dépouillé et dans un souci d'économie. Cette expérience novatrice fait l'objet d'un numéro spécial des Cahiers Paroisse et mission en 1964, où Nantes a valeur d'exemple.

Une architecture dépouillée

En retrait du boulevard, le centre religieux Saint-Michel est un assemblage de petits volumes de plain-pied disposés autour d'un patio qui permet de rassembler sanctuaire, salle de catéchisme et presbytère.

Plan-masse de l'église Saint-Michel

Plan-masse de l'église Saint-Michel

Date du document :

Les différents volumes sont destinés à être polyvalents et comprennent des cloisons mobiles : on trouve, à l’entrée, une partie foyer-accueil composée de deux salles, une galerie desservant la grande salle servant de lieu de culte principal avec en annexe, deux salles de catéchisme, la sacristie, le presbytère composé de trois modules distincts groupés autour d’un dégagement de distribution. La galerie de liaison entièrement vitrée, supportée par de fines colonnes, ouvre sur l'extérieur, apportant la lumière.

Eglise Saint-Michel

Eglise Saint-Michel

Date du document : 16-09-2021

L'emploi du béton brut travaillé en surface contraste avec le béton peint en blanc. Les plantations et le ciel sont vus à travers des échappées vitrées symbolisant des vitraux.

Eglise Saint-Michel

Eglise Saint-Michel

Date du document : 16-09-2021

Par cet assemblage minimaliste de petits volumes de plain-pied, modulables, disposés autour d'un patio, le centre religieux religieux se place à l'échelle d'une grande et simple maison. Entouré de verdure, en retrait du boulevard, il s’inscrit dans un cadre intimiste.

Irène Gillardot
Direction du patrimoine et de l'archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2021

En savoir plus

Bibliographie

Kerouanton Jean-Louis, « Les églises nantaises après la Seconde Guerre mondiale », Nantes religieuse, actes du colloque organisé les 19-20 octobre 2006, n°HS, Société archéologique et historique de Nantes et de Loire Atlantique, 2006

La Semaine religieuse, Archives diocésaines, n°13 et n°17, 1965

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Rédaction d'article :

Irène Gillardot

En bref...

Localisation :

Le Bigot (impasse) 29, NANTES

Date de construction :

1965

Auteur de l'oeuvre :

Evano, Georges (architecte); Pellerin, Jean-Luc (architecte)

Typologie :

architecture religieuse

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