Désiré Colombe (Bléville 1859 - Nantes 1902)

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         Trésorier puis vice-président de la Chambre syndicale des forgerons de Nantes, Désiré Colombe milite comme socialiste et syndicaliste. Il est un des artisans de la création de la Confédération générale du travail (CGT) en 1895.

Socialiste, il est élu, en 1888, conseiller municipal dans le 4e canton de Nantes aux côtés de Charles Dugast-Matifeux, militant de 1848. Durant son mandat, qui s’achève en 1892, il porte ses efforts en faveur des ouvriers au chômage et en direction des travailleurs du port.Aux législatives de 1893, il se désiste au second tour favorisant ainsi l’élection, dans la 2e circonscription, de Gustave Roch, candidat républicain.

Syndicaliste, Colombe est le premier secrétaire de la Bourse du travail. En août 1893, il prononce le discours inaugural dans l’établissement municipal, rue de Flandres, qui accueille désormais les syndicats. Proche de Charles Brunellière, avec qui il organise les vignerons en syndicats, Colombe s’éloigne cependant du Parti ouvrier, dirigé par le marxiste Jules Guesde, qui considère la grève générale « comme une duperie et une utopie ».

En 1894, à Nantes, il organise le 6e congrès national des syndicats (17-22 septembre) qui doit réunir deux organisations rivales, la Fédération des bourses à celle des syndicats, et définir le rôle respectif de chacune. Mais, dans le but de limiter l’influence des partisans de Guesde sur la Fédération des syndicats, la Fédération des bourses fait voter le principe de l’organisation de la grève générale à une forte majorité.

À l’issue du congrès, Désiré Colombe est élu secrétaire adjoint d’un Conseil national ouvrier chargé d’organiser, avec les syndicats de Limoges, en septembre 1895, le 7e congrès national corporatif qui débouchera sur la création de la CGT.

En juillet 1895, Colombe, bien qu'ayant favorisé l'adhésion de nombreux syndicats et mis en place un bureau de placement, refuse de renouveler son mandat de secrétaire général de la Bourse. Son atelier de forgeron l'occupe désormais jusqu'à sa mort, à 43 ans, en 1902.
Il faut attendre 1918, et plusieurs refus dilatoires, pour que la rue de l'ancienne Bourse du travail prenne son nom. Un siècle plus tard, le plus grand pôle associatif nantais qui prend place à cet endroit se nomme Désiré Colombe.

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

En savoir plus

Bibliographie

Bourrigaud, René, Lettres nantaises : correspondance Brunellière-Hamon (1891-1899), Nantes, CDMOT, 1990

Geslin, Claude, Le syndicalisme ouvrier en Bretagne jusqu’à la Première Guerre mondiale, Espaces-Écrits, Saint-Hippolyte-du-Fort, 1990, nouvelle éd. Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2014

Kahn, Claude, Landais, Jean, « Désiré Colombe », dans Des lieux de Mémoire : les quinze cimetières de Nantes, Ouest-éd., Nantes, 1990, p. 152-154

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Rédaction d'article :

Robert Gautier