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Le cimetière de Miséricorde a pour particularité d’avoir à ses côtés un cimetière privé, appelé aussi cimetière privatif. Ce carré, fermé au public, est créé au milieu du 19e siècle et appartient à la famille Durand-Gasselin, connue pour ses membres de renom tels qu’Hippolyte-Louis Durand-Gasselin (1806-1888), co-architecte du passage Pommeraye, le maire Paul Bellamy (1866-1930) ou l’architecte Victoire Friésé (1908-1998).

Un carré privatif créé entre deux agrandissements

C’est en 1850, lors du troisième agrandissement du cimetière, que la veuve Berthault, de la lignée des Durand-Gasselin, accepte de céder ses terres à la Ville en échange d’un espace privé voué à accueillir les sépultures familiales. La famille, qui connaît une certaine notoriété locale, possède déjà plusieurs sépultures perpétuelles regroupées dans le cimetière. Une fois l’accord conclu, c’est un cimetière privé et clos de murs qui lui est attribué.

En quelques mois, Hippolyte-Louis Durand-Gasselin fait construire dans l’enclos familial une chapelle vouée à accueillir quatre membres de la famille déjà inhumés. Parmi eux, deux frères décédés en 1830, leur mère née Berthault décédée en 1837 et un trisaïeul (arrière-arrière-grand-père) mort en 1841. Trois ans après la construction de la chapelle, une fillette rejoint la concession familiale. C’est la première fois que le nom Durand-Gasselin apparaît dans le carré. En 1855, une tante Berthault disparaît, et avec elle le nom des Berthault à l’origine du carré. Quelques décennies plus tard en 1919, la chapelle, arrivée à saturation, reçoit sa dernière inhumation. C’est en ce sens qu’Hippolyte-Marie (1839-1929), fils d’Hippolyte-Louis, lui fait ajouter deux ailes. En 1940, le manque de place oblige la famille à construire des tombeaux extérieurs de part et d’autre de l’allée centrale menant à la chapelle. Henri Durand-Gasselin, alors gestionnaire principal, cède sa place en 1955 à l’architecte Victoire Friésé née Durand-Gasselin. Quelques travaux sont ensuite menés sous son impulsion, comme l’agrandissement de la porte d’entrée pour faciliter les convois ou encore des travaux d’étanchéité au niveau de la chapelle. À ce jour, l’ensemble du terrain appartient encore à la famille, même si les murs appartiennent à la Ville. Des inhumations y ont toujours lieu.

Carte de localisation du cimetière privatif Durand-Gasselin, cimetière de la Miséricorde

Carte de localisation du cimetière privatif Durand-Gasselin, cimetière de la Miséricorde

Date du document : 19e siècle

Un cimetière de famille intimiste

Le cimetière des Durand-Gasselin, situé dans la partie primitive du cimetière, se trouve à l’entrée de la rue du Bourget, inclus dans l’ancien cimetière protestant et à proximité de l’ancien carré israélite. D’une longueur de  soixante-trois mètres sur huit mètres de large à l’entrée et de seize 16 mètres en fond de parcelle, le terrain, clos de murs, est à l’écart du reste du cimetière Miséricorde. À la suite de ses nombreuses évolutions, le cimetière privatif comprend à ce jour une chapelle centrale de quinze caveaux (trois en largeur et cinq en hauteur), deux chapelles latérales de huit caveaux chacune et dix tombes (quatre grands caveaux à gauche de l’allée et six caveaux à droite dont trois grands et trois petits). En plus de ces concessions, des plaques in memoriam commémorent depuis 1945 la perte des membres de la famille inhumés à l’extérieur de Nantes. Aujourd’hui, le couple de Caroline et Hippolyte-Marie Durand-Gasselin a laissé de nombreux descendants, domiciliés dans la France entière.

Cimetière privatif Durand-Gasselin, cimetière de la Miséricorde

Cimetière privatif Durand-Gasselin, cimetière de la Miséricorde

Date du document : 09-06-2021

Un lien de parenté avec le tombeau Dobrée

Comme en témoigne l’histoire de son tombeau situé à proximité du cimetière privé, la famille Dobrée est liée à celle des Durand-Gasselin. C’est en prévision de son décès que le dernier membre des Dobrée, Thomas II, veuf et sans héritier, décide en effet de nommer Hippolyte-Marie Durand-Gasselin comme son légataire universel. Le legs s’effectue à la seule condition que les biens de la grande famille nantaise soient distribués à des œuvres charitables ou d’utilité publique. À la mort de Thomas II Dobrée, c’est donc à la famille Durand-Gasselin que revient  la charge de son tombeau. Pendant quelques années, l’inscription « Familles Dobrée-Durand-Gasselin » orne ainsi le fronton de la chapelle Dobrée, scellant le lien entre les deux familles.

Chapelle de la famille Dobrée, cimetière de la Miséricorde

Chapelle de la famille Dobrée, cimetière de la Miséricorde

Date du document : 28-06-2021

En 1974, la chapelle est rénovée par le Conseil Général devenu entre-temps l’un des destinataires de l’héritage Dobrée. Aujourd’hui, les traces du temps ont quasiment effacé le nom des Durand-Gasselin de la chapelle.

Secteur des Cimetières, Ville de Nantes
2021

En savoir plus

Bibliographie

Friésé, Victoire, « Un cimetière de famille : le cimetière de la famille Durand-Gasselin », Cahiers de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, n°29, 1992, p. 71-82

Kahn, Claude, « L’art statuaire au cimetière Miséricorde », Annales de Nantes et du pays nantais, n°254, 4e trimestre 1994, p. 36-40

Lange, Pierre-Yves, « Miséricorde, le "Père-Lachaise nantais" », Nantes au quotidien, 27/11/2009

Lassère, Madeleine, « Les cimetières de Nantes au 19e siècle : un impossible transfert », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, n°101-4, 1994, p. 59-71

Péron, André, « Cimetière de Miséricorde », Dictionnaire de Nantes, 2013

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Cimetieres

Victoire Durand-Gasselin-Friésé

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Protestants

Cimetière de Miséricorde

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Rédaction d'article :

Agathe Cérède

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