Charette
Avenue du Parc de Procé

Cimetière de la Chauvinière

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En 1935, alors que  la Ville décide de créer un cimetière dans le nouveau quartier du Pont du Cens, le terrain de la Chauvinière est cité parmi trois emplacements envisagés, sans que l’on sache s’il est aménagé dès ce moment.

En 1945, le cimetière de la Chauvinière se singularise des autres cimetières nantais par la forme qu’il revêt et la fonction qu’il remplit. A cette date, il est dit que le cimetière sera réservé exclusivement aux victimes de la guerre. En effet, en juin et juillet 1945, à la demande de certaines familles, les dépouilles de résistants fusillés y sont rapatriées. Pendant la guerre, les autorités allemandes avaient fait en sorte que les corps des fusillés soient inhumés anonymement dans différents cimetières hors de Nantes, et ce, afin d’éviter tout rassemblement commémoratif et le développement d’un culte des martyrs.

En plus des sépultures des fusillés, le cimetière de la Chauvinière accueille les victimes des bombardements et les tués des Forces Françaises de l’Intérieur. Plus tard, avec la guerre d’Indochine, puis celle d’Algérie, le cimetière reçoit les sépultures des victimes de ces deux conflits.

L’alignement régulier des croix et des stèles blanches n’est pas sans rappeler celui des cimetières des Alliés des plages du Débarquement. Les carrés s’organisent de part et d’autre d’une allée centrale menant au monument des Déportés, érigé au cœur du cimetière en 1963.

Ce monument « à la mémoire des déportés, internés et résistants morts sans sépulture », œuvre du sculpteur Rafig Tullou, fut conçu d’après le projet de Jean Friésé, architecte de la Ville. Il se compose d’un bloc naturel de granit aux formes irrégulières, dans lequel a été creusée une cavité. Dans cette niche a été déposé le certificat d’authenticité des terres rapportées de 7 camps de concentration nazis (Auschwitz, Buchenwald, Dachau, Mathausen, Neuengamme, Oranienburg, Ravensbrück). Au pied du monument sous la stèle commémorative, on aperçoit l’une des urnes renfermant la terre provenant de Buchenwald.

Il existe également une stèle commémorative en hommage aux victimes du Service du Travail Obligatoire (STO) datant de 1946.

Direction du patrimoine et de l'archéologie
2012

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Rédaction d'article :

Irène Gillardot

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