Jacques VACHÉ (1895 – 1919) et Jeanne DERRIEN (1897 - 1995)
Jeune militaire blessé pendant la guerre, Jacques Vaché rencontre pendant sa convalescence à Nantes une infirmière, Jeanne Derrien, avec qui il échange une longue correspondance, laissant transparaître une personnalité affirmée.
Jacques Vaché en uniforme
Date du document : 20e siècle
Une adolescence sous le signe de l’engagement littéraire
Né d’un père d’ascendance anglaise et capitaine d’artillerie, Jacques Vaché passe une partie de son enfance en Indochine. En 1910, il est envoyé chez sa tante Louise Guibal à Nantes au moment où son père est affecté au Sénégal. Il intègre le Grand Lycée, aujourd’hui appelé lycée Clemenceau, où il fonde le « groupe des Sârs » (dit « groupe de Nantes ») avec trois camarades : Eugène Hublet, Pierre Bissérié et Jean Bellemère (connu sous le pseudonyme de « Jean Sarment »).
Son ton provocateur, pacifiste voire antimilitariste et inspiré de celui du « Groupe de Nantes » marquera André Breton qui écrit quelques années plus tard : « Jacques Vaché est surréaliste en moi ». Ce groupe est à l’origine de plusieurs revues dans lesquelles ils affirment leurs verves littéraires.
Des rencontres marquantes faites pendant la guerre
Mobilisé en août 1914, il est blessé aux jambes en Champagne suite à l’explosion d’un sac de grenades. En convalescence, il est rapatrié dans un hôpital à Nantes, après une intervention chirurgicale à Nevers. En janvier 1916, il fait la connaissance d’André Breton et de Théodore Fraenkel, affectés comme internes en médecine dans l’établissement. Jacques fait notamment découvrir à André les œuvres d’Alfred Jarry.
Bou-douh dans les mains de Jeanne Derrien
Date du document : 05-07-1917
C’est aussi à Nantes qu’il fait la rencontre d’une jeune infirmière, Jeanne Derrien, avec laquelle il entretient une importante correspondance où il lui raconte son quotidien de militaire. Il y mêle des descriptions et des dessins. Originaire de Nantes, elle fait partie de l’Union des Femmes de France, une branche de la Croix-Rouge. Elle vit avec son père, qui est représentant en matériaux de construction, en compagnie de sa mère, ses deux frères et sa sœur.
La même année, Jacques Vaché est affecté dés le mois de mars au service auxiliaire à cause de sa myopie, puis est renvoyé au front comme interprète auprès des troupes britanniques.
Type de guerrier en ordre de marche
Date du document : 1914
Une profonde influence sur les surréalistes
En janvier 1917, au cours d’une permission, il assiste à la première représentation de la pièce de Guillaume Apollinaire, Les Mamelles de Tirésias, sous-titré « drame surréaliste ». Il y apparaît déguisé en officier anglais et armé d’un revolver, avec la volonté de faire cesser la représentation qu’il juge trop artistique. Il écrit plus tard à André Breton, le 18 août 1917 : « L’art est une sottise – Presque rien n’est une sottise – l’art doit être une chose drôle et un peu assommante – c’est tout ».
En janvier 1919, Jacques Vaché est affecté à Nantes près des troupes américaines basées à Saint-Nazaire. Lors d’une soirée à l’hôtel de France, il décède suite à une overdose d’opium. Ses lettres de guerre échangées avec plusieurs personnes comme Théodore Fraenkel et Louis Aragon sont publiées par André Breton en 1920.
Chloé Voirin
Bibliothèque municipale
2019
En savoir plus
Bibliographie
Carassou Michel, Jacques Vaché et le groupe de Nantes, J.-M. Place, Paris, 1986 (Bibliothèque Mélusine)
Gury Christian, Carassou Michel (préf.), Le poète étranglé : préludes au pré-surréalisme au groupe de Nantes et à la mort de Jacques Vaché, Non-Lieu, Paris, 2013
Lacarelle Bertrand, Jacques Vaché, Grasset, Paris, 2005
Liters Jean-Louis, Jacques Vaché. L’exquis cadavre qu’on s’arrache, Cette année-là à Nantes, éditions Midi-Pyrénéennes, 2021
Vaché Jacques, Quarante-trois lettres de guerre à Jeanne Derrien, J.M. Place, Paris, 1991
Vaché Jacques, Soixante dix-neuf lettres de guerre, J.M. Place, Paris, 1989
Webographie
Jacques Vaché à la Bibliothèque municipale
Site sur Jacques Vaché réalisé par Thomas Guillemin et Laurent Leibzig
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Rédaction d'article :
Chloé Voirin
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