Centre d'histoire du travail

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Un lieu de conservation et d’archivage, mais aussi des publications, des débats, un cycle de cinéma… Le Centre d’histoire du travail joue un rôle irremplaçable dans l’histoire sociale de Nantes et du département.

Il naît en 1981 sous le sigle de CDMOT, Centre de documentation du mouvement ouvrier et du travail. En sont à l’origine l’universitaire Yannick Guin et François Le Madec, élu municipal et syndicaliste respecté depuis les événements de 1968 à Sud-Aviation. Tous deux constatent que le mouvement ouvrier du département est privé en grande partie de son histoire, les sources étant fondées sur des documents officiels ou sur des commentaires de presse. Ils sont convaincus que le mouvement ouvrier doit se forger un outil de telle sorte que la classe ouvrière puisse écrire elle-même son histoire et faire part de sa culture auprès des travailleurs et de la population en général.

Des rencontres ont lieu avec plusieurs maires ainsi qu’avec la CGT, la CFDT, FO, la Fen, et bientôt la FNSEA pour que le mouvement paysan rejoigne les organisations ouvrières. Plusieurs municipalités de gauche décident de soutenir financièrement le projet (Couëron, Saint- Herblain, La Montagne, Trignac, Paimbœuf, Rezé, Saint-Nazaire et Nantes, bientôt Varades et Donges). Un conseil d’administration est mis en place, composé de représentants des organisations syndicales et de diverses personnalités et, le 7 mai 1981 – la date de l’élection présidentielle –, le CDMOT commence à fonctionner dans les locaux municipaux de la Bourse du travail, à proximité des centrales syndicales, avant un transfert en 1994 sur l’Île de Nantes, dans l’ancien bâtiment de direction des Ateliers et chantiers de Nantes, tout juste rénové, sur le site des anciens chantiers navals.

La conservation et l’archivage restent les préoccupations premières du Centre. Y sont déposés des fonds de la CFDT, de la CGT, de FO, de la Fen, de l’Unef et d’entreprises comme Pontgibaud ou Saunier-Duval, les archives de syndicalistes paysans comme Bernard Lambert ou Bernard Thareau, de responsables politiques
comme Jean Poperen, de militants et d’organisations de gauche et d’extrême gauche ainsi que de multiples associations civiques. Le tout représente plus d’un kilomètre et demi de rayonnages. La bibliothèque, forte de 16 000 ouvrages, est devenue une référence. Le CHT joue aussi un rôle indéniable dans la vie intellectuelle et culturelle et voit affluer historiens et sociologues éminents du mouvement ouvrier ou de l’éducation populaire.

Depuis 1988, le CHT s’est fait également éditeur, mettant en valeur la mémoire militante (témoignages, travaux à caractère scientifique) et populaire (histoire locale). Il monte régulièrement des expositions sur des sujets comme Mai 68, les grèves de 1955, la naissance du mouvement ouvrier, l’immigration ouvrière en Basse-Loire ou les coopératives de consommation.

Enfin le CHT a mis sur pied un cycle de cinéma en proposant des documentaires ou des fictions touchant à la question sociale.


Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

En savoir plus

Bibliographie

Chartier, Erwan, « Préserver la mémoire ouvrière nantaise », ArMen, n°134, mai-juin 2003, p. 68

Guidet, Thierry, « Le Centre d'histoire du travail : 30 ans de mémoire ouvrière et paysanne », Place publique Nantes Saint-Nazaire, n°29, septembre-octobre 2011, p. 66-69

Nerrière, Xavier, Images du travail : les collections du Centre d'histoire du travail de Nantes, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2014

Nerrière, Xavier, « Images du travail, images du peuple »,  Place publique Nantes Saint-Nazaire, n°48, novembre-décembre 2014, p. 84-94

Patillon, Christophe, « La mémoire du travail et des luttes en rayon »,  Place publique Nantes Saint-Nazaire, n°65, hiver 2017-2018, p. 53-54

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Xavier Nerrière

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