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Ligne des ponts : un espace aménagé (2/4)

Comme pour de nombreux autres produits alimentaires à dimension devenue touristique, l’histoire du berlingot nantais est encombrée de légendes. La plus répandue renvoie l’origine à une cantinière ramenant la recette de la campagne d’Italie menée par Bonaparte en 1796, mais l’intéressée est née en réalité en 1817… La légende interprète cependant une réalité : il semble bien, en effet, que le berlingot soit d’origine italienne, le berlingozzo désignant une sorte de macaron, via peut-être la Provence, puisque le berlinguaux ou berlingot provençal, attesté dès 1511, désigne une pâtisserie. Le berlingot est en tout cas fabriqué à Carpentras plus tôt qu’à Nantes, puisque les machines nécessaires à sa fabrication industrielle y sont mises au point à partir de 1851.

Catalogue promotionnel,  <i>À la Renommée, des véritables berlingots nantais</i> 

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Date du document : sans date

La fille de la supposée cantinière, Anne-Julienne Coué, cuisinière née dans le pays de Rennes, épouse en 1866 Jean Dupont, un « garçon de magasin » : elle serait la « fameuse marchande de la place Royale » qu’évoque en 1888 Léon Brunschvicg se souvenant de ses cornets de « piquants » (berlingots à la menthe). La petite-fille du couple, épouse Bénardin, tient avant la Première Guerre mondiale au 4 place Royale, le magasin À la renommée des berlingots nantais, probable héritier de la boutique de confiserie et berlingots installée au tout début du quai de la Fosse, près de la Bourse. À la fin du 19e siècle en tout cas, les berlingots sont bien fabriqués rue de la Fosse, dans la plus ancienne confiserie nantaise encore en activité, sous le nom de Gautier : créée en 1823 au 8 rue de la Fosse par Rogier, la boutique est transférée en face, au 9, en 1838, et n’en bougera plus. Jules Suard, qui la tient au plus tard en 1889, s’y associe avec Georges Gautier en 1892 ou 1893, et ils obtiennent pour leurs berlingots une médaille d’argent lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900.

Boîte à berlingots

Boîte à berlingots

Date du document : sans date

Parallèlement, une fabrication industrielle se développe, dès les années 1860 peut-être, et plusieurs confiseries industrielles coexistent, dans le quartier de Malakoff en particulier, à l’apogée de l’entre-deux-guerres, effet de la grande activité nantaise dans l’importation et le raffinage du sucre antillais. Les dernières, Bonté et Pinson, fusionnent en 2006 avant de s’installer à Saint-Herblain, mais cette fabrication industrielle est transférée en Vendée en 2011.

Laboratoire de Gérald Débotté, ajout du colorant et de l'arôme

Laboratoire de Gérald Débotté, ajout du colorant et de l'arôme

Date du document : 12-04-2013

Laboratoire de Gérald Débotté, façonnage des berlingots

Laboratoire de Gérald Débotté, façonnage des berlingots

Date du document : 12-04-2013

Seule subsiste donc aujourd’hui à Nantes une fabrication artisanale, poursuivie par Gérald Débotté, qui a repris en 1989 la boutique Gautier. Le bonbon dur, souvent porteur de rayures bicolores, est surtout reconnaissable à sa forme de tétraèdre bombé qui a inspiré les emballages de… shampooing (Dop) puis de lait et, bien plus récemment, les architectes Rocheteau-Saillard pour la résidence universitaire Alice-Milliat.

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

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Rédaction d'article :

Alain Croix

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