Nantes la bien chantée : La fille et les trois dragons
Maillé-Brézé

A

190

Ancienne manufacture Mazettier

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Sur la commune de Chantenay, Gustave Mazettier achète en 1907 « l'usine du Bois-Hardy » fraîchement construite, pour y confectionner des vêtements de travail imperméables enduits et des prélarts. L’entreprise reste active jusqu’à 1937, année du départ à la retraite de son directeur.

La reprise de « l’usine du Bois Hardy » par Mazettier

L’entreprise Mazettier apparaît successivement sous le nom de Louis Lion en 1895, Ch. Sorin (employé de Lion), Sorin et Mazettier en 1907, Établissements Gustave Mazettier en 1911, Société nantaise de toiles, bâches et vêtements imperméables en 1923, Cauvin-Yvose en 1937.

Gustave Mazettier est né dans la Sarthe en 1872. Fils de métayer, il obtient son baccalauréat au Mans où il y poursuit des études de droit. À Nantes, il achète une étude de commissaire priseur en 1898. Il la revend neuf ans plus tard pour acheter l'usine de Charles Sorin.

Vers 1904, l'entreprise construit, ex nihilo, au nord de la route de la Roche-Maurice, des bâtiments dénommés « usine du Bois-Hardy ». Le magasin, en location au 2 rue Haudaudine (actuelle rue Gaston Veil) à Nantes, abrite les bureaux des Établissements Mazettier et sert de vitrine à ses produits fabriqués à l'usine de Chantenay : toiles, caparaçons, bâches, prélarts (grosse toile imperméabilisée servant à protéger marchandises, chargements de voitures, embarcations de navires) et vêtements imperméables huilés et cirés pour marins et chasseurs, sous le procédé Smoléine.

Magasin Mazettier de la rue Haudaudine

Magasin Mazettier de la rue Haudaudine

Date du document : 1913

Une activité florissante

Elle est, entre 1919 et 1923, associée à l'entreprise angevine Bessonneau (Société anonyme des filatures, corderies et tissages d'Angers). Pendant la Grande Guerre, elle fournit à l'armée du matériel, des bâches, vêtements cirés, sacs et tentes individuelles, dans le cadre des marchés de guerre. En 1916, l'entreprise acquiert la fonderie de la prairie d'Amont et, en 1917, une forge chemin du Buzard, à Chantenay. On peut supposer que ces industries lui ont fourni, dans le cadre des commandes de guerre, les accessoires métalliques nécessaires pour les prélarts.

Suite à la surchauffe des grandes cuves d’huile de lin servant à l'imperméabilisation des toiles, l'entreprise subit un très important incendie le 22 décembre 1917. Entre décembre 1917 et 1920, la production a néanmoins continué après le déblaiement des débris, dans un hangar déplacé depuis la Sarthe, où Mazettier a des propriétés. En 1920, elle obtient l'autorisation de remettre en état et d'aménager son usine ainsi que celle de construire un deuxième bâtiment avec dépendances au sud de la route de Roche-Maurice. La même année, Gustave Mazettier est candidat aux fonctions de juge au tribunal de Commerce. En 1925, les anciens Établissements Mazettier sont répertoriés dans l'annuaire industriel (Répertoire général de la production française) non seulement à Nantes (usine et ateliers à Nantes et à Nantes-Chantenay) mais aussi à Paris (maisons de vêtements de travail, de sport, de sauvetage), pour un capital de 1 000 000 de francs. L’usine nantaise emploie environ 200 personnes, dont une centaine de femmes aux machines à coudre. En 1933, l'entreprise a un marché pour la réparation des bâches de wagons du réseau de l'État. À la retraite de Gustave Mazettier en 1937, la société est achetée par l'entreprise Cauvin-Yvose, un de ses actionnaires, laquelle revend immédiatement l'usine à la chaudronnerie Bouriaud Frères.

Décombres de l’incendie de la Manufacture Mazettier

Décombres de l’incendie de la Manufacture Mazettier

Date du document : 1917

Les bâtiments dits de « l’usine du Bois-Hardy »

Ces bâtiments sont situés au nord de l’actuel boulevard du Maréchal Juin, sur la partie sud de l'îlot délimité par le chemin des Réunis (à l'ouest) et la rue du Bois de Barre (à l'est). Un bâtiment de production à l'ouest, une maison et des bâtiments de stockage formant un L sur la rue du Bois de Barre, à l'est, donnent sur une cour intérieure. Construits en 1903-1904, remis en état et réaménagés suite à l'incendie de 1917 par l’entrepreneur Michaud, le bâtiment de production et la maison sont encore en place de nos jours. Le bâtiment de production est large de 21 mètres environ pour une longueur de 70 mètres. À l’est, la façade est percée de deux portes, côté cour, permettant l'accès et le chargement des marchandises. En fond de bâtiment, un espace de stockage semble aménagé sur toute la hauteur du bâtiment.

Illustration d'un catalogue Mazettier présentant les bâtiments de l’usine et du magasin de la Manufacture

Illustration d'un catalogue Mazettier présentant les bâtiments de l’usine et du magasin de la Manufacture

Date du document : 1907-1911

Les bâtiments des années 1920

Au sud de l’actuel boulevard du Maréchal Juin, l'entrepreneur Michaud fait construire de nouveaux locaux vers 1920. Dans les années 1960, ces bâtiments ont été soit détruits, soit intégrés aux structures de l'usine Carnaud. Au sud du site, le bâtiment de production, d'une longueur de 90 mètres de long pour une largeur de 12 mètres, est composé de deux halles de 21 travées, ouvrant, à l'ouest, par quatre portes importantes, sur une voie intérieure de 6 mètres de large facilitant l'approvisionnement en marchandises et le chargement de la production. Les ateliers sont alimentés d'une lumière abondante par de larges baies.

Si les bâtiments au nord de la route de Roche-Maurice abritent les ateliers de fabrication des enduits, d'enduction et de séchage des toiles, peut-être également les ateliers de teinturerie et de ponçage, il semble que les ateliers de confection des vêtements, de coupe et de marquage de sacs, de confection des bâches, et que les magasins de réserve des vêtements soient regroupés dans les bâtiments sud.

Bâtiments nord et sud de la Manufacture Mazettier de part et d'autre de la route de Roche-Maurice vus depuis une friche industrielle

Bâtiments nord et sud de la Manufacture Mazettier de part et d'autre de la route de Roche-Maurice vus depuis une friche industrielle

Date du document : 23-05-1939

Pour les productions de l'usine Mazettier, le transport routier ne semble pas avoir été exclusif. Des bâtiments accolés en partie sud à la voie ferrée auraient peut-être permis la réception des matières premières par wagon.

Hélène Charron
Région Pays de la Loire, Inventaire général ; Direction du patrimoine et de l'archéologie, Ville de Nantes / Nantes Métropole
2012

Album « La manufacture et ses ateliers »

Implantation des bâtiments de la Manufacture Mazettier sur une vue aérienne de 1956

2013

Les bâtiments nord comprennent les ateliers de fabrication des enduits, d'enduction et de séchage des...

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Dessin de la façade du bâtiment de bureaux de la Manufacture Mazettier donnant sur la route de Roche-Maurice au sud

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Suite à l’incendie de 1917, l’entreprise obtient en 1920 l’autorisation de réaménager les bâtiments nord...

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Atelier de fabrication des enduits de la Manufacture Mazettier

1920

Compris dans les bâtiments nord, les ateliers de fabrication des enduits, par systèmes de cuves, constituent...

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Atelier d’enduction et de séchage de la Manufacture Mazettier

sans date

Toujours dans les bâtiments nord, les ateliers d’enduction et de séchage, au rez-de-chaussée, complètent...

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Atelier de couture de la Manufacture Mazettier

sans date

Situés dans les bâtiments sud, les ateliers de couture, à l’étage, représentent une part importante dans...

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Illustration d'un catalogue Mazettier représentant les tentes des cafés de la Cigale, de Nantes et du Continental produits par la Manufacture

Vers 1920

Au total, sortent de l’usine : stores bannes, toiles, caparaçons, bâches, prélarts et vêtements imperméables...

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Façades de la Manufacture Mazettier donnant sur le boulevard du Maréchal Juin côté est

2013

Aujourd’hui, quelques bâtiments nord de la Manufacture rappellent encore le souvenir des Établissements...

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En bref...

Localisation :

Maréchal Juin (boulevard du) 19, 32, NANTES

Auteur de l'oeuvre :

Michaud (entrepreneur)

Typologie :

architecture industrielle

En savoir plus

Bibliographie

Barbot Henri, Nantes en flânant (souvenirs, scènes et croquis), Imprimerie de Lajartre, 1930

Webographie

Notice de l’inventaire par la Région Pays de la Loire

Pages liées

Quartier Roche-Maurice

Dossier : Patrimoine industriel (3ème volet)

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Rédaction d'article :

Hélène Charron

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