Jean Philippot (1901 – 1995)
Danse

A

121

Ancien domaine des Renardières

Contribuer

Contribuer


Dans le premier tiers du 19e siècle, le domaine des Renardières est la propriété de Pierre Ogereau, directeur d’une usine de corroierie prospère. Ce dernier est le commanditaire de la construction du château au sein d'un vaste parc boisé, traversé par le ruisseau des Renardières et circonscrit par les actuelles rues des Renardières et de la Ferme-du-Rû et le boulevard de la Fraternité.

La propriétié des industriels Pilon

La propriété reste entre les mains de la famille Ogereau jusqu’en 1900, date à laquelle Eugène Pilon, un des trois dirigeants de l’usine de fabrication de noir animal, Pilon frères et Cie, l’acquiert. Ce dernier agrandit l’habitation principale et ajoute une conciergerie en 1903. En 1916, le domaine appartient à Charlotte de Saint-Gervais qui « tient cette propriété d’Eugène Pilon et de Marie-Paule-Augustine de Bernabé de Saint-Gervais ». Ses deux filles Claude et Arlette Séguin de la Salle en héritent en 1938. Elles y demeurent toutes deux avec leurs époux respectifs Jean-Marie d’Herault de Beaufort et le baron André-François Neyron de Saint-Julien, colonel d’infanterie en retraite. Trois ans plus tard, les deux familles lotissent une partie du parc à l’angle de la rue de la Ferme-du-Rû et de la rue des Renardières où sept maisons avec jardins sont construites.

Château des Renardières

Château des Renardières

Date du document : Avant 1908

Un projet de parc municipal

À partir de 1945, la Ville de Nantes « en quête d’une propriété située à proximité de Nantes pour l’affecter spécialement à l’organisation des kermesses » envisage l’acquisition de « cette propriété, entourée d’un mur de clôture, d’une surface approximative de 3 à 4 hectares, qui comporte deux entrées, l’une chemin du Rû, l’autre chemin des Renardières ».

Plan de l'emprise du domaine des Renardières

Plan de l'emprise du domaine des Renardières

Date du document : 1945

La même année, cette dernière est signalée comme étant « de plus en plus à l’abandon » et la description suivante en est faite : « Le parc est planté d’arbres nombreux et traversé par un ruisseau actuellement à sec. Les constructions se composent d’une maison principale à un étage et mansardes au-dessus. Il semble y avoir environ huit pièces au rez-de-chaussée et autant au premier étage. Il existe en outre une conciergerie à chaque entrée et des maisons d’habitation en bordure du boulevard de la Fraternité. Le tout forme une très belle propriété. Ce parc nous paraît convenable pour le fonctionnement des kermesses. Les organisations d’enseignement libre l’utilisent déjà fréquemment pour organiser leurs fêtes ».

Mur d'enceinte du domaine

Mur d'enceinte du domaine

Date du document : années 1930

L’idée est finalement abandonnée mais la municipalité souhaite néanmoins acquérir cette propriété et l’inscrit sur le plan municipal d’aménagement comme « Espace libre public à créer ». Le responsable des espaces verts encourage ce projet « qui dotera les quartiers de Zola d’un espace vert important et très utile pour les nombreux enfants de ces quartiers ». Ce projet, mis de côté pendant quatorze ans, ressurgit en 1959 lors du décès de colonel Neyron de Saint-Julien. La Ville engage alors une procédure d’acquisition mais elle doit renoncer en raison d’une évaluation très élevée, « les finances locales étant sollicitées par des tâches plus urgentes ».

Vue aérienne du domaine des Renardières

Vue aérienne du domaine des Renardières

Date du document : 1958

Le morcellement du domaine

La servitude sur l’ensemble de la propriété est alors levée. En 1961, cette dernière est divisée en trois lots suite à un partage successoral ainsi qu’à une donation à la Société civile Saint-Clair. Ce morcellement signe la disparition du domaine des Renardières du paysage du quartier. Dès 1962, André Vandermern, gérant de la Société civile immobilière résidence Zola dépose une demande de permis de construire en vue d’édifier un ensemble immobilier de 200 logements en bordure de la rue de la Ferme-du-Rû. Les cinq immeubles sont achevés en 1966 et l’un d'eux a été construit sur l’emplacement du château détruit un an auparavant. La plupart des arbres de l’ancien parc ont toutefois été préservés.

Chantier de construction des immeubles de la rue de la Ferme du Rû

Chantier de construction des immeubles de la rue de la Ferme du Rû

Date du document : 1965

En 1969, la Société civile Saint-Clair cède son terrain à la société sportive et culturelle « Saint-Clair ». Trois ans auparavant, un gymnase et des locaux avaient été construits à cet emplacement, permettant à l’association de transférer ses activités de la salle de la rue Danton vers le parc des Renardières.

Immeubles de la rue de la Ferme du Rû

Immeubles de la rue de la Ferme du Rû

Date du document : 2013

La construction, en 1981, d’un immeuble de 22 logements en bordure de la rue des Renardières par la Caisse nationale de retraite des ouvriers du bâtiment et des travaux publics achève l’urbanisation de l’ancien domaine des Renardières.

Nathalie Barré
Archives de Nantes
2013


Témoignage (1/2) : Les concierges des Renardières

Le domaine des Renardières était très grand et appartenait au colonel de Saint Julien. Il habitait dans la grosse maison bourgeoise au milieu du parc. Mes beaux-parents ont été concierges dans cette propriété autrefois car il y avait deux conciergeries....

Michel

Témoignage (2/2) : « Un portail de fer qui me paraisait immense...

Quand nous allions place Zola, il fallait longer la propriété close de hauts murs de monsieur de Saint Julien qui donnait sur la rue des Renardières. C’était une propriété très boisée et la plupart des arbres ont été conservés quand la propriété a été...

Lucie


En savoir plus

Bibliographie

Archives de Nantes, Autour de la place Émile Zola, coll. Quartiers, à vos mémoires, Nantes, 2013

Pages liées

Salle Saint-Clair

Ancien domaine de Grillaud

Tags

Contributeurs

Rédaction d'article :

Nathalie Barré

Témoignage :

Michel, Lucie

Aucune proposition d'enrichissement pour l'article n'a été validée pour l'instant.