Ancien pont des Halles
Le pont des Halles permettait de relier la rue des Halles, dont le pont était un prolongement, à la rue de Feltre, même si il n’y débouchait pas réellement. Ce fut selon certains historiens l’un des plus anciens ponts nantais sur l’Erdre.
Le pont des Halles fut très tôt le lieu d’implantation d’activités artisanales et commerciales, donnant à cet édifice des allures de rue. À l’origine, il était occupé par des orfèvres et des tripiers. Ces activités furent responsables de plusieurs incendies qui détruisirent le pont en 1557 et 1736. On sait que le pont reconstruit après l’incendie du 18e siècle disposait de piles en pierre et d’un tablier en bois soutenu par des poutres et des madriers. C’est à cette même époque que les activités d’orfèvrerie et de triperie laissent la place à des boucheries, à des moulins et à une boulangerie installés sur le pont dans de nouveaux édifices construits à cet effet.
La fréquentation importante du pont et les activités qui s’y déroulaient ; provoquèrent une usure rapide de l’édifice. Des réparations régulières sont nécessaires sur les parties en bois. En 1755, le tablier de bois était usé. L’architecte de Vigny proposa alors de construire un pont à deux arches en pierre plus durable et dont l’entretien serait moins coûteux. Finalement, ce projet n’aboutit pas et, en août 1818, on remarqua des faiblesses et des fissures sur la voûte du pont des Halles : une circulation trop dense ou une crue risquait de le faire s’écrouler. Mais puisque dans le cadre de la construction du canal de Nantes à Brest il était projeté de le supprimer, l’administration fit le choix de le faire réparer pour parer au plus urgent. En 1823, les maisons furent rasées lors de la canalisation de l’Erdre. Le pont fut finalement fermé à la circulation deux années plus tard et remplacé par une passerelle en bois pour piétons jusqu’à la construction d’un nouveau franchissement. Le pont disparut définitivement en 1829.
Le pont des Halles était très lié à l’activité des bouchers, notamment par la présence de boucherie sur le pont même. Lorsque l’architecte Goubert autorisa son pavage en 1723, il mentionna l’édifice sous le nom de pont de bois de la Boucherie. Par ailleurs, le pont permettait d’accéder à la chapelle Saint-Yves qui était celle de la frairie des bouchers.
Antoine Pouponneau
Archives de Nantes
2014
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