Presbytère de Doulon
Évocation de Nantes dans les romans de Jules Verne

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Ancien hôpital Laënnec

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En 1887, suite à l’épidémie de choléra, la municipalité chantenaysienne décide la construction d’un hôpital capable d’accueillir décemment la population de la commune. L’architecte Chenantais dresse les premiers plans de l’établissement dont l’installation est prévue au Petit Saint-Joseph. Cette propriété avait « l’avantage d’être à égale distance des deux paroisses de la commune et loin de toutes écoles et de tout centre populeux ».

Un dispensaire est édifié à partir de 1890. Ce dernier est progressivement complété par deux pavillons d’isolement, un oratoire pour les religieuses infirmières, un baraquement et une buanderie avec séchoir. À partir de 1897, la municipalité Sevestre programme l’agrandissement de l’hôpital avec la création de deux salles de malades et d’un pavillon pour la maternité.

1904 : Un hôpital bien équipé

En 1900, le nouveau maire, Paul Griveaud, reprend le projet et le modifie en tenant compte des observations du corps médical : la maternité est éloignée du pavillon d’isolement des maladies contagieuses, des bains-douches sont installés et le mobilier est renouvelé. Lorsqu’il est inauguré le 4 septembre 1904, l’hôpital compte 85 lits dont 10 pour la maternité. Dans le sillage de l’annexion de Chantenay, le site est rattaché à l’administration des hôpitaux de Nantes en 1908.

Un équipement spécialisé dans les pathologies pulmonaires et cardiaques

Transformé en sanatorium, l’établissement prend le nom de Laënnec en 1927.

Pavillon des femmes du sanatorium de Nantes

Pavillon des femmes du sanatorium de Nantes

Date du document : 1910

Dans les années 1950, la tuberculose ayant beaucoup régressé grâce aux antibiotiques, les cures classiques deviennent inutiles. Profitant de la compétence acquise par les médecins en pneumologie, l’activité s’oriente alors vers la chirurgie pulmonaire puis la chirurgie cardiaque. L’hôpital connaît alors un véritable renouveau sous l’impulsion du Docteur Cornet. En 1947, un service de chirurgie thoracique voit le jour. L’hôpital Laënnec devient ainsi un pôle régional de cette spécialité qui fit honneur au CHU de Nantes (l’une des premières interventions à cœur ouvert y est pratiquée le 19 mars 1959). En 1978, le pavillon moderne Jules-Poumier est édifié mais l’ensemble du site est devenu vétuste.

Vue aérienne de l’hôpital Laënnec

Vue aérienne de l’hôpital Laënnec

Date du document : début des années 1970

Le transfert de l'hôpital et le réaménagement du site en logements et services publics

Les services sont progressivement transférés à Saint-Herblain dans le nouvel hôpital Guillaume et René Laënnec. Le site de la rue Paul-Bert ferme ses portes le 16 janvier 1984 et quitte définitivement le patrimoine hospitalier nantais en 1986.

Propriétaire d’une partie du terrain et de certains bâtiments hérités de l’ancienne commune de Chantenay, la Ville de Nantes décide d’acquérir l’ensemble de cette propriété de 32 000 mètres carrés afin d’y édifier de l’habitat collectif et individuel ainsi qu’une maison de retraite. La plupart des bâtiments sont démolis tandis que le parc est préservé.

Parc de l’ancien hôpital

Parc de l’ancien hôpital

Date du document : 2010

Celui-ci constitue, en effet, un attrait particulier de part la qualité et le nombre de ses plantations. Le bâtiment D, construit en 1903 pour abriter la maternité, est conservé. Il connut diverses affectations puisque en 1906, un service de physiologie est ouvert et en 1926, le premier appareil de radiographie de l’hôpital est installé dans ses murs. Réhabilité, l’édifice reçoit les bureaux de différents organismes ou associations.

Locaux de l’Union Départementale des Associations Familiales

Locaux de l’Union Départementale des Associations Familiales

Date du document : 2010

La mémoire de l’hôpital est par ailleurs évoquée à travers les noms de rues du nouveau lotissement puisque certains d’entre eux célèbrent de grands noms de la médecine et plus particulièrement un des grands professeurs de Laënnec, le professeur Cornet, dont la plaque de rue fut inaugurée le 10 mars 1989.

Nathalie Barré
Archives de Nantes
2011


Témoignage (1/4) : Travailler à Laënnec

Mon mari et moi étions infirmiers et nous avions posé notre candidature au CHU de Nantes. Mon mari a été recruté en 1961 à l’Hôpital Laënnec où il a travaillé jusqu’à sa retraite en 1983. Moi, j’ai d’abord été prise à l’hôpital Saint-Jacques puis en 1963,...

Micheline

Témoignage (2/4) : Les évolution du métier d'infirmière

Il y avait beaucoup de salariés avec les infirmières et les agents d’entretien. Quand j’ai commencé à travailler, les infirmières faisaient tout. Moi, j’ai fait le ménage, les lits, la toilette des malades. Ensuite il y a eu une distinction entre infirmière...

Micheline

Témoignage (3/4) : Une spécialisation dans les maladies cardiaques...

Avant la guerre, l’hôpital Laënnec était un sanatorium puisque la tuberculose faisait encore des ravages. À partir des années 1950, la tuberculose a régressé et l’hôpital s’est spécialisé dans les pathologies pulmonaires car l’établissement avait acquis...

Micheline

Témoignage (4/4) : La fermeture de l'établissement

Quand les activités de Laënnec ont été transférées à l’Hôpital Nord en 1984, il n’y a pas eu de grèves mais le personnel a protesté. Beaucoup de personnes habitaient Chantenay alors elles ne voulaient pas partir au nord. Ce n’était pas vétuste mais c’est...

Micheline


En bref...

Localisation :

Paul Bert (rue) 35A, 35B, NANTES

Date de construction :

1890

Auteur de l'oeuvre :

Chenantais, Eugène (architecte)

Typologie :

architecture civile publique et génie civil

En savoir plus

Bibliographie

Archives de Nantes, De la Contrie à la Durantière, coll. Quartiers, à vos mémoires, Nantes, 2011

Patrimoine hospitalier de Loire-Atlantique, Société d'histoire des hôpitaux de l'ouest, 1995

Ressources Archives de Nantes

Le Chantenay de Griveaud, disponible ici

Pages liées

Paul Griveaud (Charolles, 1847 - Nantes, 1909)

Yvonne Pouzin-Malègue

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Nathalie Barré

Témoignage :

Micheline

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