
Ancien jeu de paume de Belesbat
Le jeu de paume, ancêtre de l’actuel tennis, se jouait dans plusieurs lieux nantais. À Richebourg, à l’emplacement du bâtiment du lycée Georges Clemenceau où aboutit l’actuelle rue Saint-François, on y jouait au lancer de la balle que l’on appelait « éteuf » au lieu de Belesbat.
Origine du nom Belesbat
Souvent associé à des jeux de paume dans diverses villes (Auxerre, Sens, Paris, Orléans, Bourges), le nom tirerait son origine de « bel ébat » du verbe ébattre qui évoque le plaisir dans la gesticulation en pleine liberté. Cela correspond bien à la manière de jouer à ce sport physique qui consiste à s’envoyer une balle avec la main nue ou gantée (la paume) d’une part et d’autre d’une corde.
Le jeu de paume à Nantes
C’est au 16e siècle que la pratique du jeu connaît un grand développement et que des lieux réservés sont clairement identifiés. C’est un jeu qui peut se pratiquer dans les anciens fossés d’un château, dans la rue, devant une église et même dans un cimetière. La raquette a remplacé le gant et apparaissent des communautés de maîtres paumiers et maîtres raquetiers.
Parfois à proximité immédiate de terrains de jeux de boules, on trouve des jeux de paume dans les autres faubourgs de Nantes. On y lance l’éteuf au « Jeu de Paume de la Perdrix » rue du Bignon-Lestard près l’Hôtellerie du Chapeau-Rouge, à « la Maison d’Enfer » dans la rue éponyme puis dans la paroisse Saint-Léonard et dans de nombreux lieux encore.
Le faubourg de Richebourg se dote d’un autre jeu de paume car à quelques centaines de mètres de Belesbat, se situait un autre lieu de loisirs près du couvent des Minimes, dans l’actuelle rue Malherbe.

Scène de jeu de paume
Date du document : 1618
Historique de la propriété de Belesbat
La plus ancienne mention de Belesbat semble dater d’un aveu du 21 août 1494 qui évoque « un logis et jardin appelé Bel Esbat sys à Richebourg » près des terres autrefois en vigne nommées « le Cloux Saint-Pierre ». Plus tard, en 1548, un document d’archives mentionne une rente « assise par Jean Lorson menuisier sur ses maisons, jardins et jeu de paulme appelez Belesbat, situez à Richebourg ».
Bornée à l’ouest par l’étroite rue Saint-François (ou ruelle des Ursules) et au nord par une allée dite « des Roses » qui la sépare du couvent des Ursulines, la propriété possédée par une religieuse nommée Minier est vendue au lieutenant de vaisseau René Salaun le 31 août 1797. Le lieu, à l’angle de deux voies, est décrit comme étant composé d’un pavillon en haut du jardin et d’une petite maison donnant sur la ruelle des Ursules. Propriété de Jacques Ruillé de Beauchamps en 1843, elle est plus tard intégrée à la grande raffinerie Massion-Rozier de la rue Richebourg qui partira en fumée dans l’incendie du 5 août 1876.

Plan géométral de Richebourg, Saint-Clément, Saint-André, Saint-Donatien et Barbin
Date du document : 1711
« L’allée des Roses », qui fut un prolongement de la rue Saint-François, est déclassée en 1886 puis supprimée pour l’agrandissement du Lycée de Nantes (actuel lycée Georges Clemenceau) dont les nouveaux bâtiments sont inaugurés en 1892.
Quelle belle coïncidence que la maison de campagne de Georges Clemenceau à Saint-Vincent-sur-Jard en Vendée s’appelle « Bélebat » ! Et l’emplacement d’une installation pour le tennis de table dans le bas de la cour du lycée semble, encore par hasard, rappeler le souvenir lointain de l’ancien jeu de paume.
Kevin Morice
Archives de Nantes
2024
En savoir plus
Bibliographie
Gendron Stéphane, « Bel-Ébat des villes, Bel-Ébat des champs », Nouvelle revue d’onomastique [En ligne], n°58, 2016, p.49-66 [Consulté le 16 juillet 2024], article en ligne disponible ici
Savagner Auguste (dir.), Histoire civile, politique et religieuse de la ville et du comté de Nantes, tome premier, Nantes, 1836
Guibert Joël, Joueurs de boules en pays nantais. Double charge avec talon, L’Harmattan, 1994, 233 p.
Mellinet Camille, La commune et la milice de Nantes, Volume 1, Nantes, 1840
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Kevin Morice
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