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Maison Durbé & Collins Émile-Oscar Guillaume (1867-1954)

15 mai 1836 : éclipse de Soleil


Le 15 mai 1836, une éclipse solaire est observée à Nantes. Le récit du savant Jean-Marie Bachelot de la Pylaie offre un aperçu des conditions d’observation de l’époque et l’effervescence qui anime la ville autour de cet événement.

Jean-Marie Bachelot de la Pylaie, un témoin de l’époque

« Cette éclipse, annoncée par les journaux et les almanachs, était attendue par les curieux, sur les quais, sur les ponts ; beaucoup de monde paraissaient aux fenêtres, on vendait des verres enfumés dans les rues, et le long du canal de l’Erdre il y avait cercle par endroit, autour du seau d’eau dans lequel on allait observer les modifications du Soleil. Sur les promenades, les dandys étaient munis du binocle enfumé, ou de verres colorés, empruntés chez leur opticien ; tandis que l’artisan n’avait pour télescope qu’un simple papier percé d’un petit trou ou bien le morceau de verre qu’il avait enfumé la veille… »

Ces lignes sont le début d’un récit de l’observation de cette éclipse écrite par Jean-Marie Bachelot de la Pylaie. Savant reconnu, archéologue, esprit curieux, il est membre correspondant de la Société académique de Nantes et c’est probablement à ce titre qu’il se retrouve, ce 15 mai 1836, sur la terrasse même de l’observatoire de la Marine de Nantes, rue de Flandres, en compagnie de membres de la société savante de Nantes.

L’observatoire d’hydrographie, un lieu privilégié pour observer l’éclipse

Grâce à ce témoignage, publié dans la presse nantaise, nous découvrons l’ambiance populaire dans les rues et sur les quais, ainsi que les moyens utilisés pour contempler le phénomène céleste. Mais il s’agit également de l’un des très rares et précieux témoignages du récit d’une observation astronomique faite depuis l’observatoire nantais au 19e siècle. On y apprend ainsi « qu’une société distinguée s’était réunie à l’observatoire de l’École d’hydrographie de la rue de Briord, où monsieur Huette répondait, avec une complaisance infinie, à la foule de questions astronomiques ou d’optique qui lui étaient adressées ».

Frédéric Huette, opticien de la marine à Nantes, est alors un savant nantais réputé dans sa ville. Ancien directeur de l’observatoire astronomique de la Maison Graslin, il joue désormais un rôle essentiel dans le fonctionnement du nouvel observatoire nantais de la rue de Flandres. Monsieur de la Pylaie décrit le matériel installé sur la terrasse de l’observatoire, notamment l’utilisation par Huette d’un « chercheur de comète », un instrument particulièrement lumineux et adapté à la recherche des comètes.

L’atmosphère et l’ambiance durant le maximum de l’éclipse y sont également bien relatées : « […] un peu plus des trois quarts du Soleil étaient couverts, et nous n’avions que ce médiocre degré de lumière, comme une demie heure après le lever du Soleil, qui donne une teinte pâle et blanchâtre à tous les objets. Nous ressentions alors surtout, une espèce de fraicheur matinale sur la plate-forme de l’observatoire ». Monsieur de la Pylaie, pris par l’enthousiasme, va jusqu’à affirmer, lors du retour de la lumière après le maximum de l’éclipse, que le paysage qui s’offrait alors à eux depuis l’observatoire « formait avec la ville à nos pieds, un des plus beaux panoramas du monde » !

Olivier Sauzereau
Association Méridienne
2026

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