Sophie Trébuchet (Nantes, 1772 – Paris, 1821)

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Mère du célèbre Victor Hugo, la nantaise Sophie Trébuchet est témoin des prémices de l’œuvre de son fils et est à la source de ses premiers poèmes.

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Une enfance nantaise

Issue de la bourgeoisie nantaise, Sophie Trébuchet naît en 1772 à Nantes, dans la rue des Carmélites. Son père, Jean-François Trébuchet, vient du Petit-Auverné et est capitaine de navire.  Sa mère, Louise Le Normand, est la fille du sénéchal judiciaire de Château-Thébaud et est originaire de Saint-Fiacre-sur-Maine. Sophie perd très tôt ses parents et est élevée par sa tante paternelle, Françoise-Louise Trébuchet, qui habite Châteaubriant en 1794.

 

La rencontre avec Joseph Léopold Hugo

Quelques années plus tard, elle y rencontre Joseph Léopold Hugo, un soldat républicain, envoyé dans l’Ouest en 1793 pour aider à la répression de l’insurrection vendéenne, et qui remplit les deux années suivantes les fonctions de greffier d’une commission militaire.

Elle l’épouse en 1797 à Paris, et ils ont trois enfants de 1798 à 1802 : Abel, Eugène, et Victor. Au cours de ces années, elle le suit tout d’abord à Paris, puis dans sa famille à Lunéville, et successivement à Bastia puis à Besançon.

 

La séparation

La mésentente s'installe vite entre les deux époux. Sophie Trébuchet décide de rester à Paris où elle vit avec un ancien camarade de son mari, Victor Fanneau de Lahorie, et côtoie la famille Foucher. Lorsque Victor Fanneau de Lahorie est arrêté après avoir été impliqué à tort dans la conspiration du général Malet, Sophie traverse l’Espagne, en pleine guerre, et arrive à Madrid où vit son mari. Ce dernier, devenu comte, fait passer sa maîtresse pour son épouse et demande le divorce, ce qu’elle refuse pour conserver sa pension. Finalement, Sophie regagne Paris avec ses enfants, où Victor Fanneau de Lahorie est exécuté en 1812.

 

Les deux procès

Après un premier procès en 1815, ses enfants sont placés en pension. Celui qui a lieu en 1818 lui permet de les récupérer au moment de la prononciation de la séparation des deux époux en corps et en biens par le tribunal civil de la Seine. Abel a alors 20 ans et est devenu lieutenant en demi-solde. Eugène a 18 ans et Victor deux ans de moins, ils sont tous les deux à la faculté de Droit alors que leur père voulait qu’ils entrent à l’École Polytechnique.

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Une source d’inspiration pour son fils

Sophie Trébuchet passe les dernières années de sa vie à Paris avec ses enfants et les encourage dans leurs études et leur amour de la poésie. Impressionnée par les talents de Victor, elle le soutient dès le début de sa carrière artistique. Elle lui inspire quelques-uns de ses premiers poèmes, comme « À Maman » et « À notre mère ». Victor Hugo ne cessera pas de célébrer son amour pour sa mère, notamment dans le poème « Ce siècle avait deux ans », extrait de l’œuvre Les Feuilles d’automne (1831) :

« […] Oh ! l’amour d’une mère ! Amour que nul n’oublie !
Pain merveilleux qu’un Dieu partage et multiplie !
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier ! ».

 

Bibliothèque municipale
2019

En savoir plus

Bibliographie

Guimbaud, Louis,  La mère de Victor Hugo (1772-1821), Plon, Paris, 1930


Caillé, Dominique, La Nantaise Sophie-Françoise Trébuchet, mère de Victor Hugo, Paris, G. Ficker : Louis Landreau, Nantes, 1908

Webographie

Sophie Trébuchet sur le site du Journal La Mée de Châteaubriant

Sophie Trébuchet à la Bibliothèque municipale de Nantes

Sophie Trébuchet sur BNF Data

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Contributeurs

Rédaction d'article :

Chloé Voirin