Serpentant durant 160 kilomètres depuis le plateau de Gâtine dans les Deux-Sèvres, la Sèvre nantaise est le dernier affluent d’importance de la Loire avant l’embouchure. 

Passage obligé depuis le pays de Retz

Rivière aménagée depuis le Bas Moyen Âge, ses rives conservent les traces des multiples installations hydrauliques qui y ont été édifiées. Rendue navigable jusqu’à Monnières par le barrage puis l’écluse de la Chaussée à Vertou, la Sèvre a connu un trafic important de produits alimentaires, d’engrais et d’étoffes avant l’arrivée du chemin de fer.

Son débouché actuel, dont la chronique historique attribue le percement à l’évêque Félix, se situe entre les quartiers de Pirmil à Nantes et de Pont-Rousseau à Rezé. Un franchissement entre les deux rives existe sous la forme d’un pont depuis le Moyen Âge. Point de passage obligé pour rejoindre Nantes par la route en venant du pays de Retz, ce pont est emporté à plusieurs reprises par les eaux et les passages se font alors par bateau. Durant la Révolution française, il est transformé en pont-levis pour empêcher les attaques des insurgés vendéens. En 1838, il est totalement refait en pierre. 

Un axe propice à l'industrie

Dès le 18e siècle, les bords de Sèvre sont un lieu privilégié d’implantations industrielles : à la Morinière, sur la rive rezéenne, se succèdent un dépôt de poudre, une manufacture royale d’engrais, une savonnerie à l’huile de palme et au suif, une tannerie, puis une entreprise de production de produits cyanurés. La rive nantaise accueille quant à elle des tenues maraîchères en raison du sol sablonneux favorable aux cultures. 

Pour relier Vertou à Pont-Rousseau, la Sèvre a longtemps été le moyen de communication le plus rapide. Des services réguliers de bateau à vapeur fonctionnent à partir des années 1870. La société Bureau est passée dans la mémoire collective, avec ses Hirondelles. Transportant jusqu’à 400 passagers, ces embarcations à fond plat assurent également un service le dimanche, permettant ainsi aux Nantais de venir se divertir dans les guinguettes. Ils pouvaient également admirer les folies, ces demeures bourgeoises édifiées par de riches armateurs et négociants nantais à partir du milieu du 17e siècle. L’une d’elles, la Persagotière, accueille depuis 1856 un institut pour sourds-muets.

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Une rivière plus secrète

La rivière a également transmis son nom au village de Sèvres, longtemps peuplé par une population laborieuse travaillant dans les industries locales ou à bord des bateaux-lavoirs amarrés sur les rives, et pêchant le brochet ou l’anguille.

Devenue « secrète » avec la quasi-disparition du trafic fluvial, la Sèvre et son affluent la Maine, se découvrent par des nombreux sentiers pédestres qui traversent des zones humides protégées. Depuis l’édification en 1995 d’un barrage mobile au confluent avec la Loire, le niveau d’eau est régulé ce qui a permis la stabilisation des berges et le développement de nombreuses espèces animales et végétales. 

Extrait du Dictionnaire de Nantes
2018
(droits d'auteur réservés)

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En savoir plus

Bibliographie

Archives municipales de Nantes, Nantes Sud entre mémoire et histoire, n°4, 2012

Bellet, Yvette,  Le village de Sèvre : une histoire et un patrimoine à découvrir, Nantes Renaissance, Nantes, 2016

Chauvet, Alain, « Nantes et ses rivières : du site au territoire », Cahiers nantais, n°24, 1984, p. 109-152

Danto, Anatole, « La Sèvre nantaise », 303 : arts, recherches, créations, n°130, 2014, p. 214-215

Patillon, Christophe, Nerrière, Xavier, Pont-Rousseau en Rezé, Centre d’histoire du travail, Nantes, 2002

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Rédaction d'article :

Ronan Viaud