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Portes d'entrée au 17e siècle


À Nantes, les portes d’entrée datant du 17e siècle sont devenues très rares. Malgré la protection apportée par le Secteur Sauvegardé dès 1972, plusieurs d’entre elles ont disparu. Leur protection est assurée depuis 2017 par celle, plus précise, du SPR (Site Patrimonial Remarquable).

Des vestiges rares

Les mesures de protection n’empêchent pas la disparition de certaines portes, par méconnaissance de leur intérêt patrimonial notamment (disparition de la porte du 14 rue de la Bâclerie et 8 rue de la Juiverie). Aujourd’hui, il n’en reste que deux, visibles de la rue et présentant une véritable garantie d’authenticité (10 rue de la Juiverie et 7 rue de l’Emery). Quelques-unes ont été conservées dans les parties privatives, en particulier celle du 12 rue de Briord, 3 et 14 rue du château, 7 rue Henri IV… D’autres restent peut-être à découvrir…

À ces belles portes, il faut ajouter les portes ordinaires en simples lames de bois assemblées sur des pentures de fer (21, rue du Château). Cette technique ayant perduré dans les siècles suivants, il est difficile d’affirmer leur époque de réalisation. Il faut également garder à l’esprit que certaines portes ne sont que des copies dans l’esprit des modèles du 17e siècle. Si la composition de la porte est trop rectiligne et d’équerre, sans déhanchement ni coupe non jointive, on peut supposer qu’elle n’est pas d’époque mais refaite à l’identique dans une époque plus récente.

Les éléments les plus marquants de l’époque restent évidemment les trois portails monumentaux de la chapelle de l’Oratoire, des hôtels Paulus du Fonteny (14 rue du Château) et de Châteaubriant (13 rue de Briord), même si ce dernier date peut-être du début du siècle suivant et annonce un nouveau style.

Les caractéristiques des portes du 17e siècle

Comment reconnaître une porte du 17e siècle ? La principale caractéristique est sa composition en panneaux de dimensions variées, organisés symétriquement par rapport à un axe. Elle est très facilement repérable dans les villes qui se sont développées à cette époque (Lyon, Grenoble… en possèdent un grand nombre).

Les méthodes de fabrication traditionnelle de ces portes et portails n’ont pas changé depuis le 17e siècle : des panneaux sont embrevés dans un bâti assemblé à tenons et mortaises chevillés. Ils sont donc facilement démontables pour être restaurés ! Sur les portails monumentaux, une moulure intermédiaire (entre les panneaux et le bâti) enrichit le motif. Cette dernière présente souvent des angles abattus ou arrondis ; on parle alors de panneaux « grand cadre ». L’ensemble est réalisé en chêne. Ces portes sont pleines et sans imposte (sauf au 7 rue de l’Emery), celle-ci étant le plus souvent percée dans la maçonnerie un peu au-dessus.

Dès le début du siècle suivant, le panneautage alterné est abandonné et le principe des moulures « grand cadre » est adopté pour toutes les portes d’entrée sur rue. Notons aussi l’apparition en partie basse de panneaux à tables saillantes, constitués d’un assemblage de petits éléments façon parquet (ces tables existent déjà au 13 rue de Briord).

Pour ce qui est des couleurs, faute d’étude sur le sujet, nous en sommes réduits aux simples hypothèses. La couleur de base devait être le gris, teinte très ancienne obtenue à partir du blanc de zinc. L’authenticité des couleurs vives, rouge dit « sang de bœuf » ou rouge basque ainsi que des verts et des bleus est peut-être contestable ; plus chère à l’origine permettaient-elles de marquer les porches des beaux hôtels ?

Notons que beaucoup d’ouvrages ne sont pas peints, en particulier à l’intérieur où leur protection est moins nécessaire.

Ces portes, malgré leur grand âge, peuvent facilement être restaurées. Après rebouchage et peinture, elles paraissent comme neuves ! Elles ne sont plus très nombreuses à Nantes et donc d’autant plus précieuses à conserver.

Jean Lemoine
2022

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En savoir plus

Bibliographie

« Pour une lecture du patrimoine Nantes Portes et fenêtres », Lettre de Nantes Renaissance, n°105, septembre 2020, article en ligne disponible ici

Webographie

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Élément d'architecture

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Rédaction d'article :

Jean Lemoine

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