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Littérature Petit lycée de Chantenay, puis Trempolino

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École du Chêne d’Aron


Dans ce quartier de centre-ville, proche du quai de la Fosse, l’école communale de la rue du Chêne d’Aron, ouverte en 1883, vient compléter le réseau des écoles de la IIIe République développé dès les années 1870. Cependant, cette école, comme celles de la Prairie d’Amont, de la rue Sully ou du quai Ernest Renaud, ne résiste pas aux bombardements de 1943 et est littéralement rayée de la carte. Il faut donc attendre les années 1950 pour que sa reconstruction soit engagée. Il en résulte un groupe scolaire de style moderne.

Une première école détruite en 1943

Envisagée d’abord rue Maurice Sibille, l’école communale de garçons est finalement construite sur des terrains acquis rue du Chêne d’Aron en 1879. La construction adjugée en mai 1880 est réceptionnée en décembre 1883. L’architecte en chef, Antoine Demoget, a dû tenir compte de la disposition du relief et élever le bâtiment sur plusieurs étages.

École communale de garçons du Chêne d’Aron

École communale de garçons du Chêne d’Aron

Date du document : 1879

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fonctionnement de l’établissement est bouleversé. En septembre 1942, un courrier de la kommandantur stipule que « le logement de la concierge de l’école est réquisitionné pour les besoins de l’armée allemande ». Surtout, l’école est totalement sinistrée par les bombardements aériens du 16 septembre 1943.

École du Chêne d’Aron détruite par les bombardements

École du Chêne d’Aron détruite par les bombardements

Date du document : Août 1944

Les préfabriqués comme solution provisoire

Dès 1946, le recours à des éléments préfabriqués est projeté afin d’accueillir les élèves. Sont installés quatre baraquements contenant deux salles de classe chacun, ainsi qu’un préau. En attendant la reconstruction de nouveaux locaux, l’inauguration des classes préfabriquées de l’école de la rue du Chêne d’Aron a lieu le samedi 4 octobre 1947.

Bâtiments provisoires de l’école du Chêne d’Aron et percement de la rue Delattre de Tassigny

Bâtiments provisoires de l’école du Chêne d’Aron et percement de la rue Delattre de Tassigny

Date du document : 1er mars 1952

Un projet de reconstruction normé et dicté par l’État

L’étude et la réalisation de l’opération sont confiées au service municipal d’architecture. En septembre 1952, un premier avant-projet reçoit un avis favorable du Comité départemental des constructions scolaires. Il faut cependant attendre l’accord du ministère de l’Éducation nationale pour procéder à l’établissement du projet définitif. Ce dernier le considère trop onéreux et trop éloigné des normes imposées.

Un second avant-projet est donc conçu en décembre 1953. Il prévoit une école élémentaire de garçons de dix classes avec couloir-vestiaire, une salle de travail manuel, un préau et une cantine pour 150 élèves, correspondant à la norme. Le bureau de la direction avec une salle d’attente, côtoie le logement du concierge, dont la cuisine est celle de la cantine ; cuisine à la dimension réduite car il s’agit du réchauffage des aliments apportés par la cuisine centrale. La cour est de dimension réduite, mais l’îlot contraint, en plein centre-ville, ne permet par de respecter la norme en vigueur.

Entrée et bâtiment d’enseignement de la rue du Chêne d’Aron de l’école élémentaire du Chêne d’Aron

Entrée et bâtiment d’enseignement de la rue du Chêne d’Aron de l’école élémentaire du Chêne d’Aron

Date du document : 12- 2020

L’école maternelle comprend quatre salles d’exercice avec une salle de jeux, une salle de repos de seize lits ainsi qu’une salle de propreté. Un autre bâtiment accueille un bureau de direction avec attente et une cantine avec cuisine pour 65 élèves au rez-de-chaussée, ainsi que deux étages pouvant contenir deux à trois logements.

École maternelle du Chêne d’Aron vue de la cour

École maternelle du Chêne d’Aron vue de la cour

Date du document : 01-2021

« L’ensemble des bâtiments scolaires sont conçus sur la trame imposée de 1m75, la salle d’exercice, salle de propreté, de repos et couloir-vestiaire étant sur le modèle des schémas-types. La superstructure de l’école est donc essentiellement économique et établie selon les types normalisés ». (Compte-rendu de l’avant-projet de 1953).

Une école moderne invisible du quai de la Fosse

Le bâtiment de l’école qui comprend les logements de fonction donnant sur le quai de la Fosse, des prescriptions particulières sont imposées par le service des Monuments historiques, du fait de la proximité d’édifices protégés et de la qualité patrimoniale du quai. Ainsi, « la Commission Départementale des Sites demande qu’il ne soit point édifié de constructions en béton et ciment sur le Quai de la Fosse, afin d’éviter de contrarier l’uniformité des façades qui doivent être en pierre. […] Il a été entendu avec M. Choisel, Architecte des Monuments Historiques chargé de l’îlot 104, que la partie de l’école maternelle aspectant le Quai de la Fosse serait d’un même volume que l’immeuble voisin, construit en pierre, et que cette construction aurait sur la rue Piron prolongée un retour d’angle de même volume et même nature, d’un minimum de 15 m. Afin d’éviter la coupure de la ruelle de Dessous le Chêne, il a été entendu que celle-ci déboucherait sous porche afin d’assurer la continuité des façades. Un premier élément de réalisation a consisté dans l’acquisition de la mitoyenneté Ridel. Par ailleurs, il est très possible que cet immeuble soit sur le Quai de la Fosse même, équipé de balcons authentiques provenant d’anciens immeubles détruits ». (courrier du service de l’architecture, le 3 juin 1954)

Plan et façade prolongée du groupe scolaire rue Piron vu depuis le quai de la Fosse

Plan et façade prolongée du groupe scolaire rue Piron vu depuis le quai de la Fosse

Date du document : 04-1955


Le permis de construire pour la construction d’une école de garçons et d’une école maternelle rue Piron prolongée est délivré en septembre 1955. Par souci d’économie, les constructions d’écoles primaires sont à réaliser par commandes groupées. Les travaux de l’école du Chêne d’Aron sont donc réalisés en même temps que ceux de l’école de la rue Maréchal de Lattre de Tassigny. Ils débutent par la construction des logements et de l’école maternelle, ouverte à la rentrée d’octobre 1956, avant de continuer par l’école de garçons. L’école devant continuer à fonctionner pendant les travaux, les baraquements sont démontés au rythme de la construction. Le 31 janvier 1958, il est procédé à la réception provisoire du groupe scolaire de garçons de l’école de la rue Piron.

Les évolutions ultérieures

Plusieurs changements s’opèrent au milieu des années 1960. Une nouvelle conciergerie est construite pour satisfaire aux besoins de l’école d’application, qui assure la formation professionnelle des élèves-maîtres de l’École normale. Le permis de construire est accordé en 1966 et la nouvelle conciergerie est mise en service en 1967.

À partir de la rentrée de 1966, la fréquentation scolaire devient mixte. De nouveaux sanitaires réservés à l’usage des filles sont donc exigés par l’association des parents d’élèves. La cour de l’école maternelle est également asphaltée la même année.

Dix ans plus tard, le fonctionnement de la cantine connaît des difficultés dues à l’exiguïté du réfectoire et à l’accroissement des effectifs prévus pour la rentrée 1977. Ce problème est alors commun à de nombreuses écoles du centre de l’agglomération nantaise. Plus récemment, un ascenseur extérieur a été ajouté sur la façade arrière de l’école élémentaire et des travaux d’isolation ont été réalisés afin de répondre aux normes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

Salomé Pavy, Irène Gillardot
Direction du patrimoine et de l'archéologie, Ville de Nantes/Nantes Métropole
2022

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En bref...

Localisation : Chêne d'Aron (rue du) 4 ; Héronnière (rue de l') 3, NANTES

Date de construction : 1956

Auteur de l'oeuvre : Friesé, Charles (architecte)

Typologie : architecture scolaire

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Rue du Chêne d'Aron

Dossier : Architecture et histoire des écoles publiques nantaises

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Architecture scolaire, universitaire et de recherche Centre Ville Laïcité École

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Rédaction d'article :

Salomé Pavy, Irène Gillardot

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